XENOBLADE CHRONICLES DEFINITIVE EDITION

Xenoblade – Japon – 2010 / 2026
Support : Nintendo Switch2, Nintendo Switch
Genre : RPG, Action, Fantasy
Développeur : Monolith Soft
Musique : Yasunori Mitsuda, Shimomura Yoko, Manami Kiyota
Durée de jeu : Elevée
Langue : Anglais et Japonais (voix), Français (textes)
Editeur : Nintendo
Date de sortie : 9 juin 2026
LE PITCH
Sur les corps de deux Titans, Bionis et Mechonis, figés éternellement après un combat mortel, des espèces survivent au milieu d’une nature sauvage et encore partiellement inexplorée. Vous incarnez Shulk, un jeune bricoleur Homz de la Colonie 9, très intrigué par le Monado, une arme mystérieuse dont la technologie est la seule capable de pourfendre les Mékons, des êtres robotiques agressifs issus de Mechonis. Quand ces Mékons lancent un énième assaut sur les cités de Bionis, Shulk se révèle être le seul à pouvoir manier cette relique pour défendre les siens. Que veulent ces Mékons ? Quels secrets recèle la sombre puissance du Monado ?
L’épopée à pas de géants
Pour préparer l’arrivée du nouveau chapitre de la saga Xenoblade Chronicles, Genesis, annonc pour l’année 2027, Nintendo entame un grand travail de réhabilitation des autres épisodes avec des versions peaufinées et remaniées pour la Switch 2. Après Xenoblades Chronicles X en février dernier et en attendant des refontes des épisodes 2 et 3, c’est bien entendu le premier chapitre, déjà proposé en Définitive Edition sur la Switch originelle, qui ouvre le bal.
À l’époque de sa première sortie sur Wii, en 2010, Xenoblade Chronicles accusait un retard technologique important par rapport aux critères de son temps. Face aux mastodontes de la PS3 ou de la Xbox 360, le jeu n’affichait pas de sacrosainte HD, il présentait des modélisations anguleuses et proposait des textures faiblardes. Dans son ensemble, le titre ne déméritait pas par rapport aux performances de son support. Cependant, comme tout jeu Wii, il paraissait digne des RPG issus de la génération précédente. Dix ans plus tard, il semblait bien que l’histoire se répétait. En effet en 2020, dans le cadre d’un remaster très attendu par les fans du genre, Xenoblade Chronicles la jouait à contrecourant en refaisant le coup de la tortue. L’écart avec les standards du moment semblait même plus important qu’il ne le fut en 2010 car le jeu ne proposait que du 720p en 30 fps, avec une résolution variable, quand d’autres titres de machines concurrentes affichaient déjà de la 4k. Le titre rattrape donc enfin son retard et avec cette nouvelle version peut fièrement annoncer à affiche à 60fps docké ou en mode portable avec de la 4K de dernière bourre sur la télé et de la FullHD sur le plus petit écran. Les modélisations semblent nettement moins lourdes (même si cela reste daté), mais c’est surtout la profondeur de l’affichage qui surprend avec des décors vastes, habités et détaillés jusqu’au moindre bout d’herbe. Assez impressionnant même si forcément le moteur lui garde ces articulations douloureuses d’il y a presque vingt ans. Xenoblade Chronicles, c’est une tortue, à n’en pas douter…. Mais une tortue partie tellement à point que personne ne l’avait vu arriver à sa première sortie. Grandiose, sublime, magnifique. Les superlatifs n’ont pas manqué. Et aujourd’hui, avec ce portage sur Switch 2 on attend encore la même baffe.
On ne remaster pas ce qui marche
La mécanique de combat date un peu, maintenant. On ne peut donc pas parler d’une originalité folle quand on parle des joutes. Cependant, il reste exclusif à la série. Et comme elle n’a proposé que quatre titres en quinze ans, on ne pourra se plaindre d’une overdose. D’autant plus que ce système est simple, efficace et dynamique. Il s’agit d’un ingénieux mélange d’action RPG où le joueur garde la main sur le positionnement de son personnage, et de RPG au tour par tour, où les commandes demandent un certain temps de chargement avant de redevenir disponible. Le positionnement du joueur exercera une influence sur l’efficacité des attaques choisies, ce qui incite le joueur à rester attentif à la situation et actif faces aux ennemis.
Sur le papier, cette fusion de l’action et du tour par tour semble simple à mettre en place. Mais FFXV et FFVII montrent combien il est difficile de bien calibrer ce genre de mécanique. Sur Xenoblade, la variété des commandes et leurs rythmes de rechargement asynchrones empêchent le joueur d’avoir l’impression de se contenter d’appuyer en boucle sur X pour effectuer une action. Face à une telle réussite, le remaster n’a pas eu besoin de retravailler ce point. Tout au plus, quelques informations nouvelles viennent aiguiller le joueur mais dans l’ensemble, aucun changement majeur n’est à signaler. Ce qui est très bien, pour les puristes comme les novices.
Je tape avec mon deuxième meilleur pote
Le positionnement du joueur a une influence sur l’efficacité des actions choisies. Les attaques lancées par les coéquipiers ont également leur influence sur votre force de frappe. En effet, au-delà de compétences individuelles, l’ensemble de votre équipe présente un panel d’attaques dont certaines sont complémentaires. Il est donc intéressant d’anticiper les actions de ses partenaires pour maximiser son efficacité tactique.
Comme dans tout bon RPG japonais, une jauge de furie se remplit au cours des combats. Une fois remplie, le joueur peut lancer un enchaînement d’attaques en contrôlant tous les personnages de l’équipe l’un après l’autre. Lors de ces phases, le joueur est incité à exploiter la complémentarité des attaques pour optimiser son enchaînement et même bénéficier d’un nouveau tour. Cultiver les liens d’amitié entre les différents combattants est une mécanique à part entière. Durant les combats, il faudra veiller à remonter le moral de ses troupes en les encourageant, les soutenir en rattrapant leurs éventuelles erreurs ou les aider faces aux mauvais sorts et autres empoisonnements. L’utilité du niveau de ces liens d’amitié ne se limite pas aux phases de combats. Lors des phases de forge, par exemple, la qualité des matériaux travaillés bénéficiera également du niveau d’amitié des personnages impliqués dans l’opération. Durant les moments d’exploration, le niveau d’amitié donne également accès à des mini cinématiques qui étofferont l’arrière-plan des personnages du jeu. Si la confiance est là, des personnages pourront se confier à un moment donné dans un lieu donné.
Oui mais c’est Xeno qui raconte
Système de combat dynamique, mécaniques d’interaction des membres de l’équipe développées, personnages avec un arrière-plan fourni… Xenoblade Chronicles ne manque pas d’atouts pour vendre son gameplay. Mais tout cela n’est au service que d’une seule et unique chose : l’histoire du jeu. Issue d’une tradition narrative commune aux jeux estampillé “Xeno”, l’histoire de Xenoblade Chronicles se veut travaillée et dense. Déjà originale en soi, elle est de plus servie au travers d’un sens du rythme parfaitement maîtrisée. Toutes les deux heures, un événement marquant vient ponctuer la progression du joueur, qui a constamment l’impression d’avoir passé une étape importante. De plus, cette progression se fait avec des enjeux qui montent en gravité, jusqu’à prendre des proportions épiques et démesurées. Tous les détails du jeu servent cette histoire. Par exemple, la démesure que nous évoquions se sent dans les environnements explorés, qui proposent des distances d’affichage importantes aussi bien dans l’horizontalité que dans la verticalité. Ces environnements participent autant à la narration que le font les cinématiques et les dialogues. Ils ont d’autant plus d’impact qu’ils s’accompagnent de musiques réellement efficaces pour poser une ambiance et emporter le joueur, de jour comme de nuit.
Alors oui, le jeu affiche un âge tout à fait vénérable et les nouvelles capacités 4K ne le feront jamais ressembler à un Final Fantasy VII Remake, mais il ne faut pas laisser le visuel prendre le pas sur le fun. Car Xenoblade Chronicles DE est généreux et il y a une infinité d’arômes à saisir. Le jeu est maniable le pad en main, clair dans les objectifs donnés, pédagogues dans sa manière d’amener ses instructions, varié dans les environnements proposés. Il emporte le joueur dans son histoire comme l’avait fait FFVII au temps de la PS1, comme l’avait fait Chrono Trigger au temps de la Super Nintendo.
Xenoblade Chronicles DE est un excellent remaster non pas uniquement parce qu’il modélise mieux ses personnages, reprend quelques nouveautés de choix déjà croisés sur la première Switch (les environnements annulés sur la version Wii, l’épilogue inédit…) et y ajoute des dialogues heart-to-heart entièrement doublés (en japonais et anglais) ainsi qu’un véhicule à grande vitesse qui permet quelques challenges inédits et surtout une exploration facilitée. C’est un excellent remaster parce qu’il ne met pas le graphisme en avant au détriment du gameplay. La résolution, c’est bien, mais le jeu vidéo, c’est mieux. Et Xenoblade Chronicles sur Wii, c’était déjà mortel !







