DARIO ARGENTO : PANICO

Italie, Royaume-Uni – 2023
Support : Bluray
Genre : Documentaire
Réalisateur : Simone Scafidi
Acteurs : Dario Argento, Asia Argento, Guillermo del Toro, Nicolas Winding Refn, Gaspar Noé, Michele Soavi, Lamberto Bava…
Musique : Alessandro Baldessari
Image : 1.85 16/9
Son : Italien / Anglais DTS Master Audio 1.0
Sous-titres : Français
Durée : 97 minutes
Éditeur : Extralucid Films
Date de sortie : 20 mai 2026
LE PITCH
Le maestro se retire dans un hôtel de renom pour écrire son nouveau film. Simone Scafidi en profite pour l’interroger, lui, ses proches, des collaborateurs et aficionados, sur son incroyable filmographie, ses évolutions et son impact vivace sur le Septième Art.
Opération Peur
Produit partiellement et diffusé sur la plateforme Shudder et favorablement remarqué lors de sa diffusion dans divers festivals, dont le 80eme Festival de Venise dans la catégorie Venise Classic, le documentaire Dario Argento : Panico vient apporter sa pierre à l’édifice d’une redécouverte globale de l’œuvre du cinéaste. Editeur de huit de ses films dans de très beaux coffrets Bluray, Extralucid Films était bien entendu tout indiqué pour nous le proposer en France.
Les documentaires sur Dario Argento ne manquent pas, alternant les regards hagiographiques et les explorations plus intimistes comme le Soupirs dans un couloir lointain de Jean-Baptiste Thoret, sans compter les tonnes de making of accumulés aux cours des années. Pourtant il semble évident que le vernis n’a toujours pas été véritablement écaillé. On sait finalement surtout de lui ce qu’il veut bien en laisser transparaitre (en général pas grand-chose) et ce que ses nombreux adorateurs, dont des collaborateurs comme Luigi Cozzi (entre autres), ne cessent de répéter à chaque interview : il est certainement l’un des plus grands cinéastes italiens et l’un des plus grands esthètes du cinéma d’horreur. Déjà auteur d’un remarqué Fulci for Fake qui scrutait les dernières tristes années d’un autre grand du cinéma fantastique transalpin, Simone Scafidi n’avait pas l’intention avec Dario Argento Panico de se contenter de la litanie de superlatifs et d’évocation admiratives. Malgré quelques pointes d’analyse d’une justesse rare, Guillermo del Toro et Nicolas Winding Refn sont surtout là pour l’affiche, valider la démarche et attirer les curieux, laissant effectivement au réalisateur le soin de traverser, parfois, le mur infranchissable de la légende pour essayer d’aborder l’homme.
Father of Tears
Un homme qui est cependant partie prenante dans le documentaire, acceptant bien entendu une nouvelle interview, mais surtout se mettant en scène dans l’une de ses nouvelles retraites dans un hôtel pour achever un scénario mystérieux. Octogénaire il paraît forcément fatigué, quelque peu bougon, mais reste surtout consciemment manipulateur, ne livrant que quelques réflexions habituelles sur son cinéma, ses débuts, ses plus grands succès ou ses relations, notoirement longtemps houleuses, avec ses filles. Le film ne peut alors avancer qu’en creux, tirant quelques fils auprès de Lamberto Bava, d’Asia Argento ou piochant des éléments dans quelques archives plus ou moins connues. Finalement le vrai moment de vérité affleure avec l’actrice Cristina Marsillach, à priori bien malmenée par Argento durant le tournage d’Opera, et qui semble constamment partagée entre l’admiration professionnelle et une blessure sans doute jamais guérie. Lorsqu’elle s’avoue incapable de dire qui est vraiment Dario Argento, quelques larmes pointes. La part d’ombre du monsieur est là, pas loin, derrière le sourire de façade, entre fragilité de vieil adolescent, d’artiste souvent incompris et manifestement jaloux des succès de sa fille et une vision totalitaire du cinéma qui lui aura couté par deux fois sa vie de couple et plus largement une partie de sa vie de famille.
On peut alors regretter que Scafidi, admiratif comme il se doit de la première partie de carrière du génie (de L’oiseau au plumage de cristal à Opéra donc), passe trop sous silence la décennie qui suivi, oubliant ses deux épisodes très réussis pour la série Masters of Horror et surtout n’allant pas question son sujet sur des objets comme Le Fantôme de l’opéra, Le Sang de innocents, Mother of Tears ou Dracula 3D qui justement portent la marque d’un regard rétrospectif sur sa propre carrière. Pourtant Asia donnait elle-même la piste en évoquant un père et un artiste plus apaisé qu’autrefois… Cela donnera peut-être l’opportunité à un autre passionné de produire son propre documentaire sur ce sujet intarissable qu’est Dario Argento.
Image
On ne cherche pas ici forcément un impressionnante démonstration technique mais un confort de visionnage idéal. La source numérique est parfaitement installée sur le Bluray avec une définition solide, des contours bien marqués, des couleurs incarnées et une compression pointue et invisible. Quelques extraits d’archives affichent forcément des éléments moins solides, avec grains cinéma ou vidéos très prononcés, légers flous et défauts des années, mais rien d’étonnant au vu du dispositif.
Son
La restitution est volontairement, et très logiquement, frontale, portant les voix et les échanges avec clarté et stabilité. Juste ce qu’il faut.
Interactivité
Extralucid propose Dario Argento Panico dans un digipack cartonné avec fourreau sobre et fin. Le film est complété par une interview inédite du réalisateur Simone Scafidi enregistré en visio. Quelques questions mais surtout de longues réponses qui vont expliciter l’angle choisi pour construire le documentaire, les liens et oppositions avec celui sur Lucio Fulci, la participation de Dario Argento et son caractère parfois à distance, les premiers retours de ce dernier et du public mais aussi et bien entendu quelques propos sur sa fascination pour l’œuvre du maestro. Pas de langue de bois pour un complément assez pertinent.
Liste des bonus
Entretien inédit avec Simone Scafidi (30′).






