SPEED RACER

Etats-Unis, Allemagne, Australie, Royaume-Uni, Japon, France – 2008
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Action, Thriller
Réalisateurs : Lilly Wachowski, Lana Wachowski
Acteurs : Emile Hirsch, Christina Ricci, John Goodman, Susan Sarandon, Matthew Fox, Roger Allam, Scott Porter, Kick Gurry…
Musique : Michael Giacchino
Image : 2.39 16/9
Son : Dolby Atmos et DTS HD Master Audio 5.1 Anglais, Dolby Digital 5.1 Français, Espagnol…
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Espagnol…
Durée : 135 minutes
Editeur : Warner Bros. Entertainment France
Date de sortie : 8 juillet 2026
LE PITCH
Speed Racer est un as du volant, un fonceur instinctif et intrépide qui enchaîne les victoires. Loyal à la firme de son père, Pops Racer, concepteur de sa puissante Mach 5, Speed a rejeté une alléchante proposition des Royalton Industries. Après s’être attiré par ce refus la haine du fanatique Royalton, Speed découvre que certaines des plus grandes courses américaines sont truquées par une poigné d’hommes d’affaires, manipulant les meilleurs pilotes pour booster leurs profits. Et puisque Speed refuse de courir sous ses couleurs, Royalton veillera à ce que la Mach 5 ne remporte plus une seule course…
Mach Go ! Go ! Go !
Échappées d’une trilogie Matrix qui avait transformé le monde, les Wachowski prirent tout le monde à rebours avec leur trip régressif Speed Racer, hommage hystérique à un animé culte des 60’s. Aux cuirs et aux lunettes noires, elles répondaient par un déluge de couleurs pop et un univers de gosses, mais jusqu’au bout de la piste, ce délire azimuté reste une œuvre purement Wachowski.
Après avoir retourné la tête de toute l’industrie cinématographique mondiale et livré leur trilogie révolutionnaire post-moderne culte, les Wachowski avaient un boulevard qui s’ouvraient devant elle. Au-delà du contraste esthétique flagrant, le fait qu’elles se soient tourné vers un animé ultra pop (et parfois ultra crétin) et non vers un sujet plus sérieux et plus classieux, avait forcément de quoi surprendre. Mais les aventures de Speed et sa famille fana de grosses mécaniques et de courses de bagnoles délirantes, entre espionnages et cartoon façon Les Fous du volant, fut l’un des rendez-vous préférés de l’enfance des deux sœurs. Une porte d’entrée en forme de madeleine de Proust qui leur permet, en plus de multiplier les hommages à l’œuvre de Tatsuo Yoshida quitte à préserver les personnages insupportables et gagesques de Sprittle et son chimpanzé, leur assure surtout de renouer avec une fable familiale où elles projettent directement une vision profondément personnelle. La maman chaleureuse et touchant jouée avec poésie par Susan Sarandon reprend directement des mots de la leur et bien entendu la relation fusionnelle entre les deux grands frères, Racer et le disparu Rex, s’engouffrant dans une même passion dévorante, obsessionnelle, fait directement écho à leur propre attachement et leur fascination pour le cinéma.
Very Fast, Very Furious
Cette ligne parallèle constamment tirée entre la course automobile, entre performance et art du geste, et le cinéma sous-tend l’ensemble du film, multipliant les va-et-vient référentiels et surtout les expérimentations visuelles et de grammaticales. Exposé fièrement dans leur vidéo démo confectionnée pour convaincre la Warner et Joel Silver de leur donner les reines de ce projet coincé dans le développement hell depuis plus de dix ans, les Wachowski présente l’objet comme un « film d’animation en prise de vue réelle », une œuvre profondément « post-moderne mais familiale ». C’est aussi et avant tout un spectacle constamment aux lisières de l’expérimental qui distord la temporalité de la narration dans une premières courses ou se mêlent présent, passé et futur imaginaire dans un même mouvement, et où l’ultime grande course à grand coups d’effets zoetropiques, de distorsions figuratives et d’effets de vitesses psychédéliques étirent la piste et l’espace vers une abstraction poétique sidérante où le cinéma lui-même semble faire quelques dérapages au fond du cerveau du spectateur. Les Wachowski y mettent toute leur âme, tout leur amour pour le 7eme art et renouent, bien évidemment, avec un énième combat d’une forme de pureté artisanale (la famille Racer) contre la grosse machine industrielle, la matrice à fric dévorant les passions et la beauté du sport. La quête de la révolution n’est jamais bien loin.
Les Wachowski ne se renient certainement pas avec Speed Racer, grand spectacle hallucinogène et incroyablement inventif, comme un pendant des années 2000 aux lointains débordements d’un certains Danger Diabolik ! de Mario Bava. Là aussi la réappropriation d’un objet improbable de la pop culture donne naissance à un divertissement fun, sidérant et surtout constamment habitée d’idées de mise en scène aussi folles que géniales, où l’excès et le ridicule ne tuent certainement pas : ils rendent plus fort. Trop risqué, trop différent, trop épuisant pour certain, Speed Racer ne sera que le premier échec commercial d’une liste qui pour les Wachowski n’a depuis cessée injustement de se rallonger.
Image
En son temps, le Bluray de Speed Racer faisait déjà sensation, mais cette transposition HD le dépasse aisément, et d’une bonne tête, et ce même si le film fut effectivement tourné en 2008 dans un format numérique 2K. Il a donc fallu considérablement remasteriser la source, la booster au format 4K et s’efforcer de creuser les volumes, les lignes et les modélisations pour s’inscrire parfaitement sur disque UHD. La performance est franchement impressionnante, ne laissant aucune zone de flou ou petits moments de faiblesses transparaitre, pour des cadres impitoyablement nets et limpides. Même la surabondance de teintes ultra contrastées, flashy, vives et électriques assurent un meilleur rendu grâce au Dolby Vision qui ne dénature jamais l’expérience initiale mais en explore plus loin encore la richesse. Impressionnant.
Son
Si la version doublée française est toujours coincée avec son Dolby Digital 5.1 de l’ère DVD, efficace mais sans plus, la version originale se pâme désormais avec une toute nouvelle prestation Dolby Atmos absolument décoiffante. Les scènes de courses sont plus virevoltantes que jamais, le vent s’engouffre entre les enceintes, les caisses se percutent dans tous les sens et les vrombissements débordent dans un espace sonore constamment envahi d’effets dynamiques et spectaculaires.
Interactivité
Cette édition UHD de Speed Racer est allé re-piocher certains segments produits à l’origine pour la première sortie DVD (et parfois à priori uniquement pour des éditions exclusives) avec deux faux documentaires, l’un retraçant la grande histoire des courses et des véhicules dans l’univers du film, l’autre se faisant passer pour un documentaire sur l’incroyable famille Racer, un petit making of promotionnel classique et une vision des coulisses par le fatiguant Sprittle. Plus intéressant, « Car Fu » tourne son regard vers des questions purement techniques abordant la conceptualisation et les modélisations des véhicules en images de synthèses, les tournages sur fond vert, le compositing ou l’utilisation des meilleurs caméras numériques de l’époque.
Du coté nouveauté, il n’y a donc que cette nouvelle discussion avec les sœurs Wachowski, après qu’elles aient redécouvert le film des années après la sortie. Elles reviennent sur leurs souvenirs de l’expérience, leur rapport émotionnel au cinéma, leurs collaboration, l’aspect très personnel du film et leurs dialogues avec l’objet cinéma. Pas très long, le segment est cependant chargé en informations, émotions et sincérité.
Liste des bonus
« Vitesse, avenir, famille : Speed Racer revisité » : inclut une interview exclusive des soeurs Wachowski, « Sprittle dans la cour des grands » : coulisses du tournage (14′), « Speed Racer : Surchargé » : Découverte des voitures et des circuits du film (16′), « Car Fu » : regard hors caméra sur le procédé de fabrication révolutionnaire du film (27′), « La Création de l’univers du film » : Featurette (10’), The Amazing Racer Family (21’).







