GOOD LUCK, HAVE FUN, DON’T DIE

Etats-Unis, Allemagne – 2025
Support : Bluray
Genre : Science-Fiction
Réalisateur : Gore Verbinski
Acteurs : Sam Rockwell, Juno Temple, Haley Lu Richardson, Michael Peña, Zazie Beetz, Tom Taylor, Asim Chaudhry, Georgia Goodman…
Musique : Geoff Zanelli
Image : 2.39 16/9
Son : Anglais et français DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 130 minutes
Éditeur : Metropolitan Film & Video
Date de sortie : 11 septembre 2026
LE PITCH
Un soir, dans un resto minable de Los Angeles, un homme étrange et débraillé débarque avec un détonateur à la main et affirme venir du futur. Ce serait la 117ème fois qu’il remonte le temps pour empêcher l’apocalypse déclenchée par une IA. Son ultime stratégie : recruter les clients du restaurant pour former une équipe capable de sauver le Monde. Si ce groupe aussi improbable que mal préparé y parvient, alors l’Humanité a peut-être encore une chance…
Jusqu’au bout d’un monde
Presque dix ans après A Cure for Life et autant de purgatoire, peinant à trouver producteurs et distributeurs pour son nouveau film, Gore Verbinski (la trilogie Pirates des caraïbes, Rango, Lone Ranger…) réussit à donner corps à son dernier combat, celui contre l’avilissement par les IA. Et comme toujours, le dernier assaut est aussi spectaculaire que chaotique.
Rapidement intégré dans une logique de studios, souvent résumée à sa collaboration avec Disney pour porter à l’écran l’une de ses plus célèbres attractions, ou à son intéressant remake du culte The Ring, Gore Verbinski a cependant dans le même temps clairement démontré les qualités d’un auteur travaillant une esthétique de blockbuster baroque et une mise en exergue constante de héros hors normes (voir bien azimutés) face à une destruction annoncée. Le monde libertaire des pirates, celui naturel de l’Amérique des indiens, la petite communauté de la ville Poussière… tous sont mis en danger par une société du contrôle, mis en place par des ersatz du grand capital et de l’exploitation. Le maintien de son cinéma au sein de l’industrie classique des studios avait ainsi tout de l’anomalie, du cheval de Troie qui, malheureusement, ne pouvait pas durer. Après les échecs successifs de Lone Rangers et A Cure for life, le réalisateur a été obligé de revoir ses ambitions nettement à la baisse et, malgré sa forte propension science-fictionnelle, Good Luck, Have Fun, Don’t Die, revient presque par la petite porte, doté d’un budget de série B et une publicité particulièrement limitée. Sans doute aussi parce que le cinéaste ne se renie jamais et pousse cette notion du dernier combat à son paroxysme en suivant l’ultime acte de résistance d’un envoyé du futur aux airs de clodos, contre l’avènement d’une IA qui finira par anéantir (plus ou moins) l’espèce humaine.
“Follow me if you want to live… again”
Comme un lointain cousin à la fameuse saga Terminator, où ici le héros (Sam Rockwell, possédé) tient plus de l’olibrius à la Jack Sparrow, tendance Bruce Willis dans L’Armée des 12 singes, mais ne prenant même plus vraiment le temps de convaincre ses acolytes désignés pour les embarquer dans sa croisade. C’est que le bougre n’en est pas à sa première tentative et que les échecs ont quelques peu réduits sa patience et ses espoirs. Délirante, l’ouverture du métrage dans un diner pris en otage par les élucubrations et menaces du bonhomme place immédiatement la jauge assez haute avec une frénésie que malheureusement Verbinski n’arrivera pas à maintenant jusqu’au bout de son épopée (plus de deux heures tout de même), s’égarant dans de multiples digressions, répétitions et même quelques visions bien hallucinées, mais où il est compliqué d’intégrer vraiment la logique. Surtout, au-delà de cette forme agitée qui ne peut plus se cacher derrière la démesure de blockbuster (comme dans ses Pirates des caraïbes), le film rejoue des réflexions d’anticipations déjà explorées et triturées dans tous les sens, que ce soit la zombification par écrans interposés, la jeunesse américaine transformée en chair à canon sur l’autel du droit au port d’arme ou la réalité virtuelle utilisée comme d’un échappatoire pour oublier les dégradations sociales, via des flashbacks (inégaux) qui résonnent comme autant de mini-épisodes d’une saison de Black Mirror. Le film se perd, le spectateur aussi, rattrapé toujours in extrémis par l’abattage d’un phénoménale Sam Rockwell qui lui aussi semble perdre pied dans un final manga apocalyptique où l’émotion, et la cohésion, peinent décidément à pointer leur nez.
Il y a énormément de bonnes choses dans Good Luck, Have Fun, Don’t Die, à commencer par son humour et son univers totalement décalé et décadent, et les conclusions alarmistes tonnent autant comme un message quelque peu paternaliste que comme une mise en garde légitime, mais l’ensemble du projet semble écrasés par la masse d’idée et de directions. Typiquement le genre de film qu’on aurait adoré adorer…
Image
Pas de sortie UHD en France, l’échec commercial du film l’obligeant à se contenter d’un Bluray comme support. Pas si simple puisque produit en 4K mais avec différents effets d’optiques et une photographie relativement sombre pendant une bonne partie du métrage, les textures numériques ont parfois un peu de mal à s’affirmer dans le tableau. Le léger flou voulu sur les bords ne se marie pas à la perfection avec les capacités de la HD et certains passages montrent un piqué quelques peu décontenancé. Pas parfait, mais tout de même, le master reste d’excellente qualité avec un relief bien marqué, des contrastes maitrisés, des détails bien présents et forcément des passages en pleine lumière (souvent les flashbacks) nettement plus solides et incarnés.
Son
Bizarrement le Dolby Atmos de la version originale n’est pas présent ici, remplacé par un DTS HD Master Audio 5. légèrement moins ample et généreux. Il reste cependant tout à fait efficace dans ses intentions, accompagnant avec ferveur les accès de folie de Sam Rockwell, poussant la dynamique des diverses poursuites et s’insinuant délicatement dans l’espace lors du grand final nawakesque. On observe une prestation presque aussi solide pour la version française.
Interactivité
Décidément le monde de l’édition est sans pitié. Distributeur du film aux USA, Universal n’a pas jugé bon de produire autre-chose qu’une petite featurette de 5 minutes pour la promo du film. Classique : tout le monde est content, le concept, le tournage et le réalisateur son géniaux… Dommage il y avait beaucoup plus à faire et à dire.
Liste des bonus
Making of (5’), Bandes annonces.






