OBSESSION FATALE

Unlawful Entry – États-Unis – 1992
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Thriller
Réalisateur : Jonathan Kaplan
Acteurs : Ray Liotta, Kurt Russel, Madeline Stowe, Roger E. Mosley, Ken Lerner, Carmen Argenziano, Andy Romano, Deborah Offner…
Musique : James Horner
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS Master Audio 5.1, Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 111 minutes
Éditeur : L’Atelier d’images
Date de sortie : 1 septembre 2026
LE PITCH
À Los Angeles, la vie de Michael et Karen bascule lorsqu’un cambrioleur s’introduit chez eux. Traumatisés, ils trouvent un soutien providentiel et amical auprès de l’agent Pete Davis. Mais derrière cet uniforme rassurant se cache une personnalité trouble…
Un flic qui vous veut du bien
Autre bel exemple du thriller invasif tant à la mode à Hollywood à partir de la deuxième moitié des années 80 avec des titres comme Liaison Fatale, La Main sur le berceau ou J.F. Partagerait appartement, Obsession fatale oppose Kurt Russel à Ray Liotta dans un jeu de pouvoir malsain, pour les beaux yeux de Madeline Stowe.
Comme toujours dans ce type de film, le mal s’insinue à visage couvert, mais surement, profitant ici que le couple formé par Kurt Russell et Madeline Stowe soit traumatisé par un cambriolage survenu dans leur domicile alors qu’ils dormaient. Un brave flic, affichant le visage charmeur et les yeux bleus presque métallique de Ray Liotta, leur propose tout une gamme de sécurités pour leur domicile mais aussi une surveillance très rapprochée. Trop bien entendu, le policier s’avérant relativement invasif et de plus ou plus ouvertement attiré par madame. C’est ici un jeu qui repose clairement sur l’opposition entre deux figures masculines façonnant l’inconscient américain de l’époque avec d’un coté un Golden Boy bien installé et affirmé, offrant luxe et confort à son épouse forcément un peu délaissée, et de l’autre le héros anonyme, homme en uniforme, mettant en avant un courage et une force de caractère à toutes épreuves. Au départ bons camarades, la rupture entre les deux hommes se fait lorsque Michael, fantasmant sur sa vengeance brutale envers le cambrioleur, assiste impuissant au passage à tabac de celui-ci par Davis, découvrant le vrai visage de la violence. Mais la relation est nettement plus trouble avec Karen, fortement attirée par cette image d’assurance et de virilité.
Fallait pas l’inviter
Le ver est dans la pomme comme on dit et Liotta joue parfaitement de sa folie froide pour distiller un mélange de prédation et de séduction particulièrement efficace, faisant preuve d’un sadisme des plus pragmatiques pour écarter son concurrent en lui retirant toute légitimité (plus de voiture, plus d’accès au compte en banque, plus de hauteur morale…) comme s’il le castrait symboliquement. L’homme de loi censé représenter la sécurité se révèle un sociopathe tournant croquemitaine urbain, tandis que l’homme matérialiste et relativement antipathique devient une victime désarmée face à la fatalité. Le reste est, on peut le dire, nettement plus classique et prévisible, mais le talent et le charisme des trois acteurs tiennent largement l’édifice jusqu’au bout. C’est aussi une belle leçon de savoir-faire de la part du réalisateur Jonathan Kaplan, artisan besogneux mais toujours solide. Ayant débuté au sein de l’écurie Corman (Le Pénitencier), passé par la case blackploitation (Truck Turner & Cie), sa production la plus célèbre restera toujours le drame procédural Les Accusés avec Jodie Foster. Mais que ce soit dans cette première partie de carrière, ses longues dernières années à la télévision (une quarantaine d’épisode pour Urgences par exemple) et bien entendu dans Obsession Fatale, on note un regard toujours assez réaliste, proche de ses personnages et sans recherche d’esbroufe. Bien épaulé par les musiques tour à tour langoureuses et angoissantes de James Horner, il impose une atmosphère de thriller noir et presque sensuel parfois, mais sans jamais en réduire la crédibilité.
Un bon petit thriller du samedi soir comme on disait autrefois, Obsession fatale ne réinvente certainement pas le Home Invasion, mais il lui offre une illustration bien calibrée et efficacement troussée qui sait parfaitement mettre en avant les talents de son casting.
Image
La seule copie HD, et par extension 4K, d’Obsession fatale a été produite par Shout !. Une source qui cependant n’est depuis longtemps pas retourné à la source et repose sur un master vidéo plus datée. C’était particulièrement flagrant sur leur première sortie Bluray, un peu moins heureusement sur cette remasterisation 4K qui par quelques effets de filtres, upscales numériques et peaufinages discrets réussit assez habilement à faire passer la pilule. Il faut dire que le traitement HDR donne un petit coup de fouet aux couleurs et que la définition généralement est plutôt creusée, si on ne reste pas trop fixé sur les textures. Reste que forcément le grain de pellicule ressemble le plus souvent à des amas de bruits et qu’une patine artificielle glisse sur le tout. Assez confortable pour le visionnage, mais on pouvait espérer mieux.
Son
Le film profite tout à fait de cette nouvelle piste DTS HD Master Audio 5.1, venant distiller des ambiances plus enveloppantes, et donc plus inquiétantes qu’autrefois. Pas d’excès, mais la belle mise en avant des musiques de Horner, les effets urbains, les légères accélérations dans les séquences tendues, et ce sans jamais perdre la clarté des dialogues, offre un résultat tout à fait efficace. Plus sobre et en avant, le doublage français d’époque, se repose sur un DTS HD Master Audio 2.0 plutôt agréable.
Interactivité
Proposé en combo Bluray / UHD, Obsession fatale est sur chaque disque accompagné des mêmes suppléments. Plutôt courts il faut bien le dire, avec une featurette d’époque de quelques minutes à peine, délivrant les habituelles brèves images de tournage et les interventions convaincues de l’équipe du film. Le second segment est une présentation du film par Fred Téper, qui brasse avec énergie les grandes lignes de la carrière de Jonatha Kaplan, replace le film dans la carrière respective des trois têtes d’affiche et revient sur les attributs d’un thriller typique de son époque avec un ton particulièrement enthousiaste… peut-être un peu trop tout de même. Au moins il sait vendre le film.
Liste des bonus
Présentation par Fred Téper (les chroniques de Cliffhangher) (9’), Making of (4’), Bande annonce.







