COUP DE FOUDRE A NOTTING HILL

Notting Hill – États-Unis, Royaume-Uni – 1999
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Comédie romantique
Réalisateur : Roger Michell
Acteurs : Julia Roberts, Hugh Grant, Richard McCabe, Rhys Ifans, James Dreyfus, Dylan Moran, Henry Goodman, Hugh Bonneville, Emma Chambers…
Musique : Trevor Jones
Image : 2.39 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, DTS 5.1 Français.
Sous-titres : Français, Anglais, Espagnol.
Durée : 124 minutes
Éditeur : Universal Pictures Home Entertainment
Date de sortie : 19 août 2026
LE PITCH
Quand un matin, Anna Scott, l’actrice la plus célèbre d’Hollywood, pousse la porte de la librairie de William Thacket, située dans le charmant quartier de Notting Hill, à l’ouest de Londres, le libraire ignore que commence une grande aventure. Par une série de hasards comme seul le destin peut en mettre en scène, William et Anna vivent une rencontre étonnante, attachante. Lorsque la star le rappelle quelque temps plus tard, William n’ose y croire…
La belle et le british
Comme les grands classiques, Coup de foudre à Notting Hills négocie admirablement les années, promettant encore et toujours ces grandes bouffées d’émotions romantiques admirablement structurées autour d’un scénario à l’humour british aussi tendre que vif. Et puis l’alchimie à l’écran de ce couple, pourtant improbable, formé par Julia Robert et Hugh Grant a sans doute quelque-chose de magique.
Si le modèle hollywoodien a longtemps été la référence absolue en termes de comédie romantique, que ce soit dans ses codes, ses rythmiques ou ses représentations, l’arrivée en 1994 de Quatre mariage et enterrement à totalement changé la donne. Un pur film anglais, autant dans son casting que dans son humour pince sans rire, son sens de l’absurde et son traitement des sentiments amoureux, qui en plus déjouait le modèle du couple occupant tout l’espace et représentant, le plus souvent une seule origine sociale (assez fortunée il faut bien le dire). Réalisé par Mike Newell, il est surtout né de l’esprit du scénariste Richard Curtis (créateur de Mr Bean et Blackadder avec Rowan Attkinson) qui y fait effectivement preuve d’une approche novatrice, moderne et sophistiquée. Le film fait tache d’huile mais il faut attendre 1999 (soit 5 ans) pour que l’auteur rempile avec Notting Hill qui, plus que jamais, va se confronter directement au glamour d’Hollywood. Par son sujet tout d’abord, rencontre amoureuse digne d’un conte de fée entre un brave libraire (que des livres de voyage) et la plus grande star de cinéma de son époque, mais aussi de certains effets de mise en scène que ce soit un long travelling (très réussi) pour figurer le passage des mois et des saisons dans la fameuse rue, ou une élévation en grue, moment suspendu dans un parc isolé de la capitale anglaise. De la même façon, le grand final où le gentil garçon rattrape in extrémis la belle américaine devant un parterre de journaliste est too much juste comme il faut.
“She may be the face I can’t forget”
Mais Notting Hill ne se contente pas de surfer sur ce rêve de midinette qui, avec beaucoup moins de talent, aurait pu donner une énième comédie sirupeuse, mais en profite pour se confronter directement aux dégâts de la notoriété, le rapport trouble des gens communs avec les stars (les nombreux dialogues ou réactions gênantes), les hordes de paparazzi gâchant les quelques moments de bonheur, ou les carrières qui broient finalement les derniers traces de libertés artistiques. Richard Curtis est un malin, avec le savoir-faire qu’il déploiera à nouveau largement dans les suivants Love Actually, Good Morning England ou Il était temps (un chef d’œuvre rappelons-le), il fait baigner ce discours toujours d’actualité dans un divertissement toujours enlevé, reposant sur des dialogues touchants ou ironiques qui visent systématiquement juste, sur le charme redoutable d’un Hugh Grant toujours parfait en brave gars maladroit, sur le sourire à tomber de Julia Roberts, ainsi que sur une troupe de second rôles presque aussi mémorables qu’eux. C’est l’une des signatures de Curtis, capable de donner corps par quelques attitudes, quelques phrases, quelques instants, à des figures normalement de second plan : ici le collègue un peu précieux de la librairie, le colocataire totalement à la masse joué par Rhys Ifans ou la bande de potes (on y reconnait la piquant Gina Mckee et un tout jeune Hugh Bonneville…) venant apporter une touche de chaleur et de réalisme supplémentaire au métrage tout en reflétant l’esprit cosmopolite qui était celui de Notting Hill à l’époque. Le scénariste ne ferme d’ailleurs jamais les yeux sur un certain contexte sociale (les échecs professionnels, la solitude, Bella coincée dans sa chaise roulante…) traitant tout son récit avec un point de vue pétrie de bonté, d’espoir et de tendresse pour l’ensemble de ses personnages.
Il faut reconnaitre qu’à coté de tout cela, la réalisation de Roger Michell (Dérapages incontrôlés, Venus…) n’est quand même pas des plus inspirés et que certains choix musicaux (on ne parle pas ici du She d’Aznavour bien entendu, magnifique), dignes d’un téléfilm du dimanche, manquent clairement de piquant, mais une fois encore l’écriture est tellement brillante, le casting tellement parfait qu’il est difficile de ne pas se laisser à nouveau emporter par cette très belle, et presque simple, histoire d’amour.
Image
Le Bluray de Notting Hill, toujours présent dans l’édition, était marqué il faut le dire par une certaine fadeur et un manque de relief évident. Si les informations sur la source utilisée ne sont pas particulièrement claires, la copie 4K du film en rattrape quasiment tous les écueils. Le piqué en premier lieu redonne véritablement de la profondeur aux plans et de la matière aux détails (visages, décors, costumes…), avec un naturel très agréable et un grain assez délicat. Les couleurs surtout retrouvent toute leur intensité en partie grâce au traitement Dolby Vision. Les contrastes sont marqués, les rouges et bleus rejaillissent et les noirs enveloppent le tout avec profondeur. On notera encore quelques restes de petites scories pellicules et quelques plans un poil bruités, mais on revient de loin.
Son
Chanceux, les adeptes de la vo peuvent profiter d’un tout nouveau mixages Dolby Atmos particulièrement agréable, développant la dynamique des dialogues sans en diminuer la clarté, redonnant un peu de volume aux ambiances sonores et explorant généreusement les interventions musicales avec de belles sensations enveloppantes. Cela reste une comédie romantique, mais l’aspect cinématographique de la piste fait franchement son petit effet.
Comme trop souvent, le doublage français très plaisant reste accroché à son Dolby Digital 5.1 un peu étriqué.
Interactivité
Malgré ses 25 ans passés, Notting Hill n’a pas eu les honneurs pour cette sortie 4K à un nouveau documentaire rétrospectif réunissant acteurs et équipes techniques dans un grand élan de nostalgie et de camaraderie… et c’est bien dommage !
La galette UHD a au moins le mérite de reprendre tous les suppléments du Bluray initial comprenant le petit making of détendus et relativement promos, le focus sur le tournage de la scène à travers Portobello Road, les pitreries de Hugh Grant, la galerie de photos et les clips des deux chansons du film. Le commentaire audio se montre très informatif mais trop froid pour vraiment passionner, et finalement le plus sympa ici reste les quelques scènes coupées, ajoutant entre autres quelques facéties supplémentaires de Spike ou un repas familial ubuesque de William avec des parents très très anglais.
Liste des bonus
Commentaire audio de Roger Michell, Duncan Kenworth et Richard Curtis, Scènes coupées (12’), En direct du tournage (15’), La marche des saisons sur Portobello Road (3’), Les conseils cinématographiques de Hugh Grant (4’), Clips (7’), Montage photo (5’).







