CHOOSE ME

Etats-Unis – 1984
Support : Bluray
Genre : Drame
Réalisateur : Alan Rudolph
Acteurs : Geneviève Bujold, Keith Carradine, Lesley Ann Warren, Patrick Bauchau, Rae Dawn Chong, John Larroquette, Gailard Sartain, Edward Ruscha…
Musique : Teddy Pendergrass
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Durée : 106 minutes
Editeur : BQHL Editions
Date de sortie : 27 juillet 2026
LE PITCH
Los Angeles est plongé dans une nuit perpétuelle. Fraîchement évadé d’un hôpital psychiatrique où le conduit son inclinaison à la mythomanie et son goût compulsif pour le mensonge, un nommé Mickey entre dans un bar, attiré par son nom, Eve. Celui justement de la femme qu’il poursuit de sa passion incandescente. S’il s’attache instantanément à sa nouvelle propriétaire, celle-ci le repousse aimablement, plus prompte à des liaisons sans lendemain et à la confession de ses états d’âme à Nancy Love, psychologue et animatrice d’une émission radio. Nancy Love, elle aussi à la poursuite d’un insaisissable grand amour…
Love in L.A.
Objet typique des années 80, jamais très loin en version modeste et éteinte du Coup de cœur de Francis Ford Coppola, Choose Me accompagne les errances amoureuses de quelques trentenaires paumés dans les nuits de Los Angeles. Une époque et un certain feeling…
On ne parle plus beaucoup d’Alan Rudolph (Wanda’s Café, Les Modernes…) aujourd’hui mais il fut justement durant cette fameuse décennie un cinéaste américain qui comptait, abordant le cinéma en se lovant admirablement dans son époque (couleurs, néons, musiques…) mais optant moins pour l’urgence de ses contemporains que pour des évasions flottantes suivants ses personnages avec tendresse dans des drames souvent volontairement légers. Ce petit moment de gloire va naitre avec Choose Me justement, projet qui ne devait être au départ qu’un simple clip pour la chanson du même nom composée et chantée par le crooner soul Teddy Pendergrass en 1982. Mais entre-temps l’artiste subit un terrible accident et se retrouve tétraplégique. Le clip est forcément annulé, mais le cinéaste se prend de passion pour l’ambiance et le court récit mis en place et décide de le développer sous la forme d’un long métrage, augmentant au passage le salaire du chanteur pour l’aider à payer ses frais médicaux. Les critiques souvent croisées parlant ainsi de la sensation d’assister à un long clip sont tout à fait fondés, la voix de Pendergrass traversant régulièrement le film et la chanson s’étirant pour venir accompagner les différentes rencontres, les épanchements amoureux et tel un cœur antique les sentiments des personnages.
Une voix dans la nuit
La photographie toute en velours aux teintes chaudes et noirs impériaux est, il faut le dire, franchement très belle et souligne le détachement du film vis-à-vis d’une chronique trop réaliste. Los Angeles semble être ici une bulle hors du temps, essentiellement nocturne, où une poignée d’âmes esseulées ne cesse de se croiser, de discuter de leurs faiblesses romantiques ou sexuelles, de s’embrasser et parfois de coucher ensemble avec une sensation de déconstruction narrative qui n’est pas sans rappeler le cinéma de Robert Altman, véritable modèle pour Alan Rudolph. On retrouve d’ailleurs ici cette même volonté de sublimer les actrices, de célébrer constamment leur jeu, entre force et fragilité, et de s’efforcer d’en capter toute la complexité. Geneviève Bujold (Obsession, Faux-semblants…) est touchante en animatrice radio spécialiste des affaires sentimentales et qui justement manque d’expérience récente en la matière, timide et réservée, tandis que Lesley Ann Warren (Victor/Victoria, Cop…) capte admirablement la lumière en barman volage. Il ne faudrait pas non plus oublier la superbe Rae Dawn Chong (La Guerre du feu, La Couleur pourpre…) qui fait naturellement son petit effet en femme infidèle, perdue et battue. Au milieu les deux ersatz masculins, se voulant intensément séducteurs, se révèlent plus pathétiques, Keith Carradine jouant les potentiels anciens espions mythomane et Patrick Bauchau jouant les mafieux belges plutôt violent, et en viendront forcément plus d’une fois aux mains.
Pas d’histoire ou si peu, mais surtout quelques considérations sur la condition féminine, la difficulté à se livrer à ses désirs, à donner sa confiance à l’autre, qui ne peut que s’achever sur un mariage rapide que l’on imagine déjà éphémère. Teddy Pendergrass peut reprendre son You’re My Choice et plonger dans la nuit en quête d’une nouvelle proie.
Image
BQHL a manifestement pu récupérer la restauration 4K récente signée Criterion et c’est une très bonne nouvelle. L’image est particulièrement propre, sans aucune dégradation visible, et la définition est franchement impressionnante par sa précision et son sens du détail. On apprécie forcément la maitrise tout du long d’un grain très marqué, mais toujours organique et naturel. L’autre belle surprise est forcément le traitement des couleurs, vives, chaudes, intensément contrastées et parfaitement 80’s, toujours encadrées de noirs profonds et immuables. Très beau.
Son
Le mono d’origine est retranscrit en DTS HD Master Audio 2.0 avec un sérieux appréciable. Les dialogues sont clairs, nets, centraux et sans perdition ou souffle et cohabitent admirablement avec la voix suave de Teddy Pendergrass.
Interactivité
Pas de bonus vidéo sur le disque mais l’éditeur propose l’édition avec un livret exclusif.
Liste des bonus
Un livret (28 pages).







