LE SECRET DU LAC

Frog Dreaming – Australie – 1986
Support : Bluray & DVD
Genre : Aventure
Réalisateur : Brian Trenchard-Smith
Acteurs : Henry Thomas, Tony Barry, John Ewart, Rachel Friend, Mark Knight, Chris Gregory, Dempsey Knight, Tamsin West…
Musique : Brian May
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 93 minutes
Éditeur : LCJ Editions & Productions
Date de sortie : 26 août 2026
LE PITCH
Cody, un jeune orphelin américain, vient vivre en Australie chez son tuteur après la mort de ses parents. Très ingénieux et rêveur, il entend parler d’un lac secret perdu au cur du bush autour duquel plane un ancien mythe australien : les légendes de « Frog Dreamings » évoquant la présence d’un monstre aquatique, un « Bunyip », que les habitants redoutent. Intrigué, Cody, avec l’aide de deux amis, décide de braver les avertissements et de partir enquêter.
Un bon souvenir retrouvé
Croisé en vidéo ou très brièvement lors d’une diffusion télévisée sur la toute jeune Canal +, Le Secret du lac est un autre de ces grands films d’aventure confectionné pour les gosses des années 80. Quelques conneries, des mystères, du danger, un poil de fantastique et le héros de E.T. en tête d’affiche… Mais c’est un film australien et c’est ce qui en fait tout l’intérêt.
Avec son affiche qui en jette furieusement et qui fait rêver par son identité très film d’aventure (un vilain squelette, une lampe qui se donne des airs de sabre laser, la pose héroïque des gamins…), Le Secret du lac ou The Quest aux USA, s’inscrit bien évidemment dans la droite lignée du fameux Les Goonies de Richard Donner, produit par un monsieur Spielberg en pleine hype, offrant à une bande de gamins bien dégourdis une chasse aux trésors particulièrement mémorable. Sorti en 1985, ce dernier a définitivement laissé des traces, et on reconnait dans le petit trio formé par Cody et ses deux copines, les sœurs Wendy et Jane, quelque chose de cet esprit frondeur, indépendant et débrouillard… jusqu’aux balades en vélo à travers la campagne. Cody est même un héros particulier puisque comme un certain Data, il rivalise d’esprit scientifique et de petites inventions plus ou moins spectaculaires. Mais malgré la présence dans le rôle principal du sympathique Henry Thomas révélé par E.T. quatre ans plus tôt, Le Secret du lac n’est certainement pas une simple copie de ces deux classiques. Imaginé et écrit par le talentueux scénariste Everett de Roche (Harlequin, Long Weekend, Patrick…) il s’imprègne parfaitement de son contexte de production et de son décor australien en faisant baigner cette chronique de l’enfance dans une atmosphère nettement plus mystérieuse et magique. Par le montage et la mythologie utilisée, la nature est omniprésente, accompagnant les promenades des jeunes héros, les observants de loin, avec un regard souvent bienveillant, et venant finalement contraster avec l’image de cet étrange monstre qui pourrait sommeiller au fond de ce lac qui n’existe sur aucune carte. La magie est partout, inscrite dans le paysage et les croyances des gens, témoignant de l’importance des racines aborigènes du pays.
L’âge mystique
La particularité et le charme du Secret du lac est qu’il est moins une grande aventure collective, qu’une quête presque solitaire pour Cody, enfant doté d’un pragmatisme très ancrée, qui en prenant contact avec les peuples autochtones comme le héros d’une odyssée, va à la fois mettre le doigt sur la véritable nature du monstre mais aussi toute la force surnaturelle du monde comme Richard Chamberlain dans La Dernière vague de Peter Weir. Toutes proportions gardées bien entendu, car le film ne manque pas de petits défauts dans sa structure, entre une scène de danse country qui s’éternise étrangement, une démonstration finale un peu pataude et une petite baisse de régime en son centre. Mais on peut tout de même souligner la mise en scène très soignée de Brian Trenchard-Smith, venu remplacé au pied levé le premier réalisateur, écarté au bout de quelques jours de tournage. Connu par les amateurs de séries B pour des films casse-cou comme L’Homme de Hong-Kong, Les Cascadeurs de la mort ou Les Traqué de l’an 2000, il était alors aussi déjà l’auteur d’un très sympathique et familial Le Gang des BMX avec la toute jeune Nicole Kidman traçant sur son vélo-cross et s’apprêtait à signer son meilleur film avec le délirant et post-apo Le Drive In de l’enfer. Impossible non plus de ne pas souligner la présence du coté de la bande originale de l’incontournable Brian May, véritable incarnation de la musique de film australienne avec les deux premiers Mad Max, Les Bourlingueurs ou Déviation mortelle, qui appuie peut-être un peu trop parfois sur les accents nostalgiques, mais qui sait parfaitement accompagner les incursions délicates venu du monde du rêve.
C’est souvent très beau et assez profond, alternant entre les quelques facéties des jeunes héros (dont une jolie romance), les sursauts presque à la lisière du film d’épouvante familial et une portée plus philosophique. De quoi finalement laisser quelques traces dans les mémoires des spectateurs de l’époque et donner aujourd’hui envie de partager cette jolie expérience avec les nouvelles générations.
Image
Le film a été restauré par les australiens d’Umbrella en 2018 et cette copie de très haute qualité est reprise ici. Le travail avait alors été effectué à partir d’un scan 4K des négatifs 35mm et poussé par un nettoyage des plus minutieux et un respect très appréciable de la source. Le résultat est même franchement impressionnant avec ses cadres propres, pointus et creusés, le relief délicat des volumes et profondeurs et une restitution particulièrement fidèle des argentiques et du grain initial. Les couleurs ne sont pas en restes avec une palette chaude et vive impeccablement contrastée offrant un rendu naturel tout à fait séduisant.
Son
Pas de nouvelles pistes 5.1, les versions originales restent attachées à la stéréo d’origine, mais remasterisée cela va de soi. La version doublée française est franchement très agréable, autant dans son jeu que dans sa restitution franche et claire (quelques petits échos métalliques mais rien de grave), mais la prestation en anglais est tout de même bien supérieure avec textures plus naturelle et même une dynamique étonnement présente lors des séquences les plus « magiques ».
Interactivité
Invisible depuis l’ère VHS en France, Le Secret du lac s’offre grâce à LCJ une superbe édition Steelbook reprenant plus belle affiche, comprenant à l’intérieur les deux disques DVD et Bluray, 4 cartes postales à effigie des quatre affiches principales ainsi qu’un livret exclusif. Rédigé par Gilles Penso, auteur de documentaires sur le cinéma et d’ouvrages comme Steven avant Spielberg, il revient sur l’esprit Amblin des années 80, l’âge d’or du cinéma australien, les carrières de Brian Trenchard-Smith, Henry Thomas et Brian May et la poésie générale de cette grande aventure pour gosses. Des réflexions que l’on retrouve en vidéo dans la présentation glissée sur les deux disques qui permet à chacun de choisir son support informatif préféré. On notera malheureusement (on est bien obligé) l’absence ici des interviews rétrospectives produites par Umbrella pour son édition.
Liste des bonus
Un livret collector richement illustré sur la production du film (26 pages), 4 cartes postales avec les différentes affiches du film, Interview inédite de Gilles Penso, retour sur l’histoire et les coulisses du film (18′).







