HOUSE I & II

États-Unis – 1985, 1987
Support : Bluray
Genre : Comédie horrifique
Réalisateur : Steve Miner, Ethan Wiley
Acteurs : William Katt, George Wendt, Kay Lenz, Richard Moll, Mary Stavin, Michael Ensign, Arye Gross, Jonathan Stark, Royal Dano, Bill Maher, John Ratzenberger, Lar Park-Lincoln, Amy Yasbeck, Gregory Walcott…
Musique : Harry Manfredini
Durée : 93 et 88 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0 et Français DTS HD Master Audio 2.0 Dual Mono
Sous-titres : Français
Editeur : ESC Editions
Date de sortie : 8 juillet 2026
LE PITCH
House : Auteur de romans d’horreur et vétéran de la Guerre du Vietnam, Roger Cobb s’installe dans une vieille demeure léguée par sa tante. Mais il est très vite poursuivi par une armée de fantômes dirigée par Ben, un ancien du Vietnam abandonné par Roger.
House 2 : Le nouveau propriétaire d’une sinistre maison découvre qu’elle est occupée par des cadavres ranimés et des démons à la recherche d’un crâne aztèque doté de pouvoirs magiques.
La fête à la maison
Dans le genre de la comédie horrifique, on cite bien souvent à juste raison Braindead, les séries Evil Dead et Re-Animator ou encore plus récemment la saga parodique « Cornetto » d’Edgar Wright démarrée avec Shaun of the Dead. Bizarrement, on évoque beaucoup moins la franchise House, apparue en plein cœur des années 80, et qui s’avère un vénérable représentant du genre, pensé et réalisé dans cette optique assumée.
C’est l’inévitable Sean S. Cunningham, réalisateur de Vendredi 13 premier du nom, qui produit le projet, sur un scénario de Ethan Wiley, d’après une histoire originale de Fred Dekker. Et qui de mieux placé dans l’écurie Cunningham que Steve Miner pour mettre en image la chose, lui qui a déjà tourné les chapitres 2 et 3 des aventures de Jason Voorhees à Crystal Lake… D’ailleurs, Cunningham réquisitionne également le compositeur de Vendredi 13 Harry Manfredini. House associe avec autorité et une belle maîtrise l’imagerie horrifique des années 80 et un ton léger de comédie slapstick. Au cœur du récit : une vieille demeure familiale, gothique à souhait, dont Roger Cobb, ancien vétéran du Vietnam, hérite de sa vieille tante suicidée. C’est également le lieu où son fils Jimmy a disparu quelques années plus tôt, brisant son couple. Ce retour dans la maison réveille évidemment esprits et traumatismes qui prennent la forme de créatures toutes plus horrifiques et cauchemardesques les unes que les autres. Bien qu’il ait marqué toute une génération vidéo-club par sa jaquette monstrueuse et emblématique (une main décharnée qui sonne à la porte), House n’a pourtant pas infusé l’histoire du cinéma horrifique comme on aurait pu l’attendre. Pourtant, il s’agit bel et bien d’un film notable par son cocktail assumé de genres et de tons, mais aussi et surtout par ses innombrables effets spéciaux remarquables, impressionnants. Et surtout très généreux. La générosité est d’ailleurs le principal atout de ce House. Steve Miner y va franco et ne s’excuse jamais de réaliser un film de créatures. S’il ne fait jamais réellement peur (il n’aura probablement plus le même impact sur le public actuel), le film distille une ambiance horrifique indéniable, malgré son décalage permanent. La galerie de personnages, dominée par un excellent William Katt sorti du Carrie de Brian De Palma, est composée de figures issues tout droit d’une comédie de banlieue pavillonnaire (le voisin envahissant, la voisine désirable) qui vont tous se retrouver confrontés aux horreurs de la demeure. Malgré quelques problèmes de rythme et certaines situations un peu tirées par les cheveux, House demeure une remarquable série B, qui a l’audace de présenter son héros comme un personnage psychotique, littéralement hanté par son passé guerrier. Et cela, cinq ans avant le traumatisant L’Échelle de Jacob d’Adrian Lyne, dont House pourrait constituer la face opposée, rigolarde et démonstrative. Les traumas du Vietnam du héros sont en effet la source de ses maux et la représentation de ses angoisses. Tout comme son rôle de père très imparfait. Un peu dépassé sur certains aspects (les scènes de guerre tournées en studio font chip et prêtent à sourire), mais toujours vigoureux dans son spectacle, House se redécouvre aujourd’hui avec un petit plaisir nostalgique, une bulle des années 80 qui renvoie évidemment aux films de vidéo-clubs. Le film est pourtant tombé un peu dans l’anonymat, malgré son Prix de la critique au Festival du film fantastique d’Avoriaz et la Licorne d’or au Festival du film fantastique et de science-fiction de Paris. Il mérite d’être redécouvert, offrant une belle porte d’entrée pour ceux désirant aborder un cinéma d’horreur peu traumatisant.
Au royaume du crane de cristal…
Malgré tout, c’est bien une franchise qui va naître de House premier du nom. Sean S. Cunningham rempile en mettant en chantier une suite au film de Steve Miner. Mais cette fois, on change tout. Et on recommence. Autre maison, autres personnages. Et nouveau réalisateur. Mais le concept reste le même. Pragmatique, le producteur choisit de faire monter en grade le scénariste Ethan Wiley en lui confiant la mise en scène de cette séquelle, en plus de la rédaction du scénario. House 2 : La Deuxième histoire s’installe donc dans un manoir familial, mais à l’architecture très différente de celle du premier opus. C’est là qu’emménagent un jeune couple, Jesse et Kate. Il est cette fois question d’un crâne de cristal aux pouvoirs surnaturels qu’un ancêtre de Jesse avait dérobé. Le réveil du vieux cadavre va relancer la convoitises des créatures désirant s’en emparer. Là encore, sur un canevas de récit fantastico-horrifique, on s’amuse de scènes ouvertement légères, le volet comédie occupant une place peut-être plus importante que dans l’opus initial. Les situations rocambolesques et l’humour né de quiproquos liés au décalage entre l’ancêtre réanimé et le monde moderne fonctionnent à plein régime. A cet égard, la grande scène de la fête est un morceau de bravoure conséquent. On n’est pas non plus dans du Blake Edwards, et il faut cependant composer avec des personnages assez inconsistants et globalement d’une bêtise insondable. Mais c’est un peu la règle du jeu. Dévoilant des bribes d’un monde imaginaire et parallèle total, Ethan Wiley ne manque pas d’ambition avec ce second chapitre. Le film a un petit côté pulp, délaissant l’aspect plus horrifique pour développer un récit d’aventure fantastique, toujours généreux en créatures cauchemardesques. Un ajustement qui lui enlève malheureusement un peu du charme noir du House original. Mais on ne pourra pas non plus lui enlever une sympathie évidente, même s’il baigne du début à la fin dans une vibe 80’s qui pourra rebuter les allergiques à ce cinéma très marqué. Reste un bout de péloche azimuté qui ouvrira sur deux autres suites plus brinquebalantes que jamais…
Image
Beau travail de restauration sur de nouveaux masters 2K, qui offrent une qualité visuelle très solide. Des images détaillées et précises, avec un niveau de détails appréciable, une photographie contrastée, un très beau piqué et un grain qui en font une évocation fidèle de l’expérience cinématographique des 80’s. Les couleurs ne sont pas en reste, pour un rendu de toute beauté pour les deux films.
Son
Côté son, on dispose de deux pistes en DTS HD Master Audio à la fois en 5.1 et 2.0 pour la version originale. Et là encore, c’est plutôt solide pour un rendu très propre, clair et dynamique. Les amateurs de version française devront se contenter d’une seule piste en 2.0, mais avec la satisfaction d’avoir le doublage d’origine, ce qui est toujours un plus pour les nostalgiques.
Interactivité
Le coffret ESC est limité à 2 000 exemplaires, il inclut un livret de 52 pages rédigé par Marc Toullec et deux grandes affiches collector. Dommage que, contrairement à l’édition sortie chez Arrow en 2022, ce coffret ne renferme pas les deux autres opus de la saga, certes moins bons qualitativement, mais qui auraient permis de posséder la franchise dans son intégralité. Ne boudons pas notre plaisir cependant, car on y trouve quelques bonus d’époque très intéressants qui nous replongent dans le tournage et la conception des deux films. Chacun dispose en effet de son documentaire rétrospectif d’environ une heure, réunissant Sean S. Cunningham, Steve Miner, Ethan Wiley, ainsi que les comédiens. C’est du bon bonus à l’ancienne très solide. Comme si ça ne suffisait pas, un making-of pour chaque film est aussi présent, ainsi qu’un commentaire audio réunissant Ethan Wiley, Sean S. Cunningham, Steve Miner et même l’acteur principal William Katt pour l’opus original, tandis que le second est assuré par Ethan Wiley et Sean S. Cunningham. Voilà un menu consistant pour une édition française fort sympathique de ce fleuron du cinéma de genre des années 80.
Liste des bonus
HOUSE 1 : Commentaire audio avec le scénariste Ethan Wiley, l’acteur principal William Katt, le producteur Sean Cunningham et le réalisateur Steve Miner ; « Ding Dong, vous êtes mort ! » : documentaire rétrospectif avec William Katt, George Wendt, Ethan Wiley et Sean S. Cunningham (66’) ; Making of d’époque (24’) ; Bandes-annonces.
HOUSE 2 : Commentaire audio avec le réalisateur Ethan Wiley, et le producteur Sean Cunningham ; « Encore plus étrange » : documentaire rétrospectif avec Ethan Wiley, Sean S. Cunningham, Arye Gross et Jonathan Stark (57’) ; Making of d’époque (14’) ; Bande-annonce.
Deux affiches collector et un livre de 52 pages par Marc Toullec.







