RÉVEILLON SANGLANT

Bloody New Year – Royaume-Uni – 1987
Support : Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Norman J. Warren
Acteurs : Suzy Aitchison, Nikki Brooks, Colin Heywood, Mark Pwoley, Catherine Roman, Julian Ronnie…
Musique : Nick Magnus
Image : 1.78 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Durée : 93 minutes
Editeur : BQHL Editions
Date de sortie : 27 juillet 2026
LE PITCH
En portant secours à une touriste américaine malmenée par des forains, des adolescents s’attirent de sérieux ennuis. À l’issue d’une poursuite, ils s’enfuient en bateau et sèment leurs agresseurs, mais leur embarcation échoue sur la côte d’une île voisine. Là, livrés à eux-mêmes, les naufragés découvrent un grand hôtel absolument vide, figé dans le temps depuis une vingtaine d’années, et dont les décorations supposent que clients et personnel se sont volatilisés au moment où les festivités de Noël et de la Saint-Sylvestre battaient leur plein.
L’esprit de la fête
Titre idéal pour un nouveau slasher thématique, Réveillon sanglant, que l’on connu aussi un temps sous le titre improbable de Les Mutants de la Saint Silvestre, cache une autre de ces péloches fauchées signées Norman J. Warren (Inseminoïd) picorant à droite à gauche mais toujours avec une vraie envie de proposer un petit film singulier.
A une époque où le cinéma d’épouvante anglais est en berne, Norman J. Warren va apparaitre comme le nouvel espoir du genre avec des propositions comme Esclave de Satan, La Terreur des morts-vivants et bien entendu le fameux ripp-of d’Alien (mais parait qu’il avait été écris avant le Ridley Scott) Inseminoid. Sans doute le plus grand succès de sa carrière mais qui malheureusement ne lui aura jamais ouvert les portes escomptées, sa carrière continuant de s’enfermer dans des budgets de plus en plus réduits. A l’image du film d’espionnage Gunpowder, achevé dans la douleur, et le présent Réveillon Sanglant tous deux produits par Maxine Julius (L’Esprit de la mort) qui imaginait là encore se trouver une toute petite entreprise vite tournée, vite diffusée et rapidement rentable. Norman J. Warren aime trop le cinéma, et de genre en particulier, et imagine une œuvre bien curieuse qui se déroulerait en grande partie durant les années 50, autour d’une terrible expérience militaire qui plongerait un groupe de jeunes trop occuper aux festivités dans une sorte de boucle temporelle de plus en plus morbide. Ces premières lignes, le spectateur ne pourra les apercevoir que par quelques flashbacks, une brève introduction, quelques flashs, comme par inadvertance, puisque la production avait jugé qu’un tel film en costume était bien trop couteux.
Les cotillons de la mort
Nous voilà donc à suivre un groupe de jeunes amis qui, après une altercation avec quelques méchants forain (c’est presque une tradition) se retrouvent en barque, découvrent une île isolée uniquement occupée par un vaste hôtel quasiment vide. Tout est étrange dans Réveillon sanglant que ce soit de manière bien volontaire avec une atmosphère flottante, diverses apparitions curieuses, un mélange onirique de SF et d’horreur, ou nettement plus accidentel à cause d’acteurs totalement aux fraises, des dialogues risibles, des comportements constamment illogiques et un emballage général qui fait terriblement fauché. Le réalisateur ne manque cependant pas d’ambition et d’inventivité dans son malheur faisant s’agiter quelques arbres ou des ustensiles de cuisine pour figurer une présence maléfique, animant un filet de pèche comme un piège inextricable (et l’actrice se contorsionne dans tous les sens pour bien le faire comprendre) ou transformant une pauvre demoiselle en zombie hystérique sans aucune raison. Que le mauvais maquillage ne nous y trompe pas, il s’agit bien là d’un sacré emprunt au Evil Dead de Sam Raimi, et Réveillon Sanglant n’hésite pas non plus à copier Les Griffes de la nuit de Wes Craven pour une scène de baignoire menaçante et divers prédateurs de l’au-delà qui déforment en silhouettes murs et écrans de cinéma. Un film bricolé avec quelques bouts de ficelles, quelques éléments en latex et beaucoup d’huile de coude, qui sent autant le vrai amour d’un cinéma fantastique avec quelques jolies scènes (l’apparition d’une pilote dans la maison en ruine, l’ouverture…) que le désarroi du chef d’orchestre devant l’amateurisme des musiciens.
Un tout petit film, maladroit, bizarroïde et mal fichu que beaucoup avaient pu découvrir dans le vieux vidéoclub du coin à l’occasion de soirée marathon entre copains… D’où sans doute cette petite tendresse qu’il réussit encore à faire naitre durant le visionnage.
Image
Il semblerait que les négatifs originaux aient disparu et que les sources de qualités ne courent pas les rues pour Réveillon sanglant obligeant les équipes de restauration de Vinegar Syndrome à travailler avec une copie très abimée (griffures, taches, instabilités diverses…). Inquiétant, et pourtant le résultat est étonnement bon avec certes une espèce de filtre blanchâtre qui surplombe tout le métrage mais aussi un piqué étonnement précis, des contours toujours finement délimités et un grain organique naturel. Pas si mal du tout…
Son
Les prestations sonores restent bien dans leur jus avec des petits mono sobres et directs. La version originale offre une prestation plus naturelle et un poil plus dynamique même si l’ambiance générale reste tout de même assez vide. Le doublage français, typique de l’ère VHS, n’est pas un grand moment d’acting mais reste du coup parfaitement dans le ton.
Interactivité
C’est au journaliste de Culturopoing Jean-François Dickeli que revient la lourde tâche de présenter Réveillon sanglant et ce dernier le fait avec un angle plutôt inattendu, sérieux, précis, s’efforçant de redorer le blason de Norman J. Warren en l’approchant de la figure de l’auteur. Il revient aussi sur les difficultés financières du projet et les nombreux aménagements fait entre les ambitions premières et la dure réalité. Pas si long que ça, mais très intéressant et assez complet.
Liste des bonus
Entretien avec Jean-François Dickeli, journaliste (16′).







