SLUGS

Slugs, muerte viscosa – Espagne – 1988
Support : Bluray & DVD
Genre : Horreur
Réalisateur : Juan Piquer Simòn
Acteurs : Michael Garfield, Kim Terry, Philip MacHale, Alicia Moro, Santiago Álvarez, Concha Cuetos, John Battaglia, Emilio Linder…
Musique : Tim Souster
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 2.0 mono, Français DTS HD Master Audio 1.0
Sous-titres : Français
Durée : 92 minutes
Editeur : Rimini Editions
Date de sortie : 11 septembre 2026
LE PITCH
Une petite ville des Etats-Unis est le théâtre de décès étranges. Les services sanitaires envoient sur place Mike Brady, un de leurs agents, afin d’épauler le shérif local. Ce qui ne devait être qu’une enquête de routine tourne au cauchemar, les victimes ayant été partiellement dévorées. Au vu des analyses, Brady émet une hypothèse jugée farfelue : les victimes auraient été tuées par des limaces mangeuses de chair humaine. Les morts s’accumulent, et la théorie de Brady se confirme…
Les gastéropodes de la mort
Si l’être humain à tendance à détruire la nature, au cinéma celle-ci le lui rend bien en lui balançant à la tronche des hordes de bestioles affamées et revanchardes. Parmi les plus improbables, il y a bien entendu ces fameuses « Slugs », soit de bonnes vieilles limaces, devenues carnivore sous les bons auspices d’un petit prince du bis espagnol.
Au départ cependant Slugs est bien une œuvre d’origine américaine, imaginée par le romancier Shaun Huston, spécialiste du gore bien poussif (en France il fut justement édité dans la collection Gore avant de revenir il y a quelques moins chez Fautes de frappes), dans lequel cette invasion de limaces s’accompagnait de descriptions finement détaillées et joyeusement anatomiques des ravages provoqués sur les corps infestés puis dévorés. Un petit classique du genre qui a fortement fait impression au réalisateur ibérique Juan Piquer Simòn tout autant connu pour ses adaptations de Jules Vernes (Le continent fantastique, Le mystère de l’île des monstres…), la création du premier super-héros local (Supersonic Man) mais aussi de fortes ambitions internationales et ce même si le budget n’y est pas. Ainsi dans la lignée de son giallesque et foutraque Le Sadique à la tronçonneuse, il mélange son casting très espagnol avec quelques tronches US (la Kim Terry de Dynastie, le Michael Levine des Guerriers de la nuit…), tourne quelques extérieurs à Lyons dans l’état de New York avant de vite revenir achever le tout dans ses studios persos à la maison. Un vrai professionnel de l’entourloupe, de la débrouille et du film d’exploitation à l’ancienne qui cache toujours la misère par quelques astuces de montage, de bonnes vieilles maquettes assez convaincantes et une bande originale qui en fait des caisses, en particulier dans l’épique et le dramatique même s’il ne se passe pas grand-chose à l’écran.
Prédateurs rampants
Ne préservant que quelques bribes du bouquin ce Slugs là souligne d’ailleurs plus ouvertement sa proximité avec les centaines d’autres films d’invasions animales, et en particulier l’incontournable Les Dents de la mer, rejouant pour la énième fois la carte de l’ouverture choc, le combat d’un homme seul contre les autorités de la ville et cette salle jeunesse qui ne pense qu’à forniquer alors que la société s’effondre sous nos yeux. Le scénario est franchement creux et parsemé de dialogues aussi ridicules que joués sans conviction, la réalisation n’est pas la plus énergique qui soit, et pourtant Slugs peut s’avérer assez divertissant. Sans doute en partie pour sa naïveté sincère, sa bêtise touchante, mais aussi bien entendu pour ses purs débordements bis où se multiplient les visions de parterres de limaces ondulants calmement avant de faire glisser sadiquement les braves gens sur leur bave pour mieux les dévorer, n’hésitant pas à parasiter les corps de leur victime pour ressortir par tous les orifices du visage ou même à mordre sauvagement les doigts des apprentis jardiniers. Quelques notes d’érotismes et autres demoiselles dénudées plus loin, Slugs restent bien en mémoire pour ces corps sanguinolents recouverts de bestioles agglutinées comme des sangsues et ses têtes pulvérisées de l’intérieur, ainsi que pour une grande explosion finale totalement démesurés et manquant de détruire toute la ville pour mieux la sauver. On en fait pas d’omelette sans casser beaucoup d’œufs !
C’était à la fin des années 80 un petit incontournable du rayon horreur (étage du bas) de nos regrettés vidéoclubs, cela reste aujourd’hui encore le témoin d’un cinéma d’exploitation qui pouvait tout se permettre, même d’être fauché et pas toujours des plus talentueux.
Image
On retrouve ici la copie restaurée il y a une petite dizaine d’années par les équipes d’Arrow à partir d’un scan 2K des négatifs 35mm. Une certaine assurance d’un travail sérieux qui se confirme tout du long avec une définition admirable, des matières présentes et toujours respectées, un relief marqué et un piqué très solide. Quelques petits accrochages viennent rappeler que Slugs est un petit budget avec des transitions parfois encore bien abimée et quelques scènes noires où le grain s’échappe plus volontiers vers le neigeux, mais cela reste tout de même très négligeable surtout que les couleurs sont bien tranchées tout du long.
Son
Le film fut largement postsynchronisé pour sa version internationale anglaise et l’ensemble du mixage est tout de même un peu pauvre avec des ambiances très neutres et des voix assez froides. Le DTS HD Master Audio disposé sur l’édition rend tout cela avec une clarté consciencieuse mais ne peut pas rhabiller le film. La version doublée française est un peu plus concernée dans son jeu et finalement les petits souffles d’époque donnent un peu plus de présence à la piste.
Interactivité
Slugs rejoint la collection des classiques du cinéma d’épouvante de Rimini Editions avec son habillage bien reconnaissable et son digipack avec fourreau cartonné toujours aussi élégant. A l’intérieur le livret « making of » habituel de Mr Toullec et sur les disques Bluray et DVD quelques bonus pas inintéressants comme le portrait très complet du réalisateur par Alexandre Jousse, s’attardant sur chacune de ses réalisations avec plein de détails techniques, et qui avait déjà été proposé chez les collègues d’ESC pour leur édition de Le Sadique à la tronçonneuse. On y trouve aussi une interview par le podcast Jumpscare (en audio donc) du romancier Shaun Hutson qui évoque avec humour certains de ses romans les plus célèbres et s’attarde quelques instants sur Slugs, sa suite et le film. Enfin, en guise de présentation vidéo on pourra se tourner vers la chroniqueuse Lilyy Nelson qui s’efforce de refaire le portrait de Juan Piquer Simòn, des films d’invasions animales et du film proprement dit.
Liste des bonus
Le livret « De la laitue à la chair humaine » rédigé par Marc Toullec (24 pages), « L’Attaque des limaces tueuses » par Lilyy Nelson, chroniqueuse cinéma de genre, Le Blog du Cinéma / Jumpscare Podcast (17′), « J.P. Simon, orfèvre du bis ibérique » réalisé par Alexandre Jousse, effets spéciaux Jean Manuel Costa, avec l’aimable autorisation de ESC Films (25′), Interview audio de Shaun Hutson réalisée par Romain Plourde, Jumpscare Podcast, le 19 octobre 2024 (9’).







