MICHAEL

Etats-Unis – 2026
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Biopic, Drame
Réalisateur : Antoine Fuqua
Acteurs : Jaafar Jackson, Juliano Valdi, Colman Domingo, Nia Long, Miles Teller, Kendrick Sampson, Laura Harrier, Kat Graham…
Musique : Lior Rosner
Image : 1.85 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, Dolby Digital 5.1 Français, Espagnol…
Sous-titres : Français, Anglais, Espagnol…
Durée : 127 minutes
Editeur : Universal Picture France
Date de sortie : 2 septembre 2026
LE PITCH
« Michael » dépeint la vie et l’héritage de l’un des artistes les plus influents que le monde n’ait jamais connus. Le film raconte l’histoire de Michael Jackson au-delà de sa musique, retraçant son parcours de l’émergence de son talent extraordinaire au sein des Jackson Five à l’apogée de sa carrière de plus grande star du monde.
Someone in the dark
Crée et conçu à grands frais par ceux qui avaient produits Bohemian Rhapsody, le biopic très attendu sur la vie de Michael Jackson a entièrement été pensé pour devenir le blockbuster du genre. Des investissements payant financièrement mais qui, comme l’exemple précédent, prennent totalement la flotte artistiquement. Trop sage, trop poli, trop verrouillé, Michael est un film qui étouffe, même sous respirateur artificiel.
Grand orchestrateur de la célébration de la vie de Freddie Mercury, Graham King qui a finalement réussi à lancer une nouvelle vague de biopic musicaux tous aussi oubliables, choisit donc de reproduire ni plus ni moins que tous les choix opérés sur Bohemian Rhapsody avec Michael. Il se concentre ainsi uniquement sur sa figure centrale starifiée, voir statufiée, à chaque instant au détriment de tous les autres personnages autour de lui que ce soit sa famille où, outre la disparition de Janet, les autres Jacksons Five se contente de jouer les figurants et les cœurs, mais aussi les grandes amitiés avec Diana Ross et Paul McCartney (même pas évoqués) et on réduit des figures artistiques incontournables (Quincy Jones en particulier) à de sympathiques collaborateurs qui appuient sur le bon bouton au bon moment et regardent le prodigue avec admiration. Les scènes de foules en extases se multiplient tandis que les tableaux courent après la mémoire des spectateurs rejouant dans de luxueuses reconstitutions les grandes scènes de sa carrière, de sa performance mythique au Motown 25 à la dernière tournée des Jacksons en passant par le tournage du clip historique de Thriller (pauvre John Landis que l’on reconnait à peine de loin grâce à sa barbe). Historique certes, mais les vraies images sont toujours trouvables, en plus impressionnantes et vibrantes, même s’il faut bien reconnaitre qu’au-delà de sa ressemblance naturelle avec son oncle, Jaafar Jackson se révèle très convaincant dans ses performances scéniques.
Leave me alone !
On peut croire sincèrement à ces grands moments de musiques qui rappellent le génie du personnage, sans doute beaucoup moins à toutes ces séquences souvent gênantes venant montrer avec des dialogues bien proprets et des phrases toutes faites la générosité de Michael avec les enfants (la visite de l’hôpital…), sa quête d’émancipation et son envie constante d’apporter la paix autour de lui (la scène avec les gangs est… gênante de naïveté). Construit comme une succession de vignettes et de passages obligés, évacuant d’une scène la question de la chirurgie esthétique et la version officielle du blanchiment de sa peau, Michael le film avait pourtant un magnifique sujet à portée de mains. Point un peu plus développé que les autres dans le métrage, le rapport du chanteur avec son père, reste constamment encré ici dans la facilité voir la caricature. Pourtant ces tensions aussi bien artistiques que commerciales et familiales auraient pu être le cœur d’un véritable drame qui observerait l’impact de ces maltraitances avérées et de ces méthodes dictatoriales sur l’équilibre mental de M.J. mais aussi sur ses rapports avec des frangins tout aussi instrumentalisés, perturbés (il suffit de voir la fracture qui existe toujours au sein de la fratrie) et certainement malmenés par l’ascension vertigineuse du petit prodige.
Pas grand-chose de tout cela ici, ou si peu, le film produit sous le regard de certains représentant très présent de la famille Jackson (Jermaine, producteur est aussi le père de Jafaar… hasard ?), se contentera de quelques échanges de regards noirs et de quelques coups de ceintures, avant de repartir en chanson ou de s’égarer pour d’étrangement longues séquences focalisées sur le gentil chimpanzé de la star. Au passage, ceux qui ont reconnu derrière la caméra la présence d’Antoine Fuqua, ex-réalisateur musclé de l’excellent Training Day ou des derniers Equalizer, ont gagné une jolie image Panini.
Image
Sans grande surprise la qualité d’image de Michael est impressionnante sur support UHD. Mêlant des sources numériques 4K et des passages en 35mm et 16mm, la copie séduit par la précision constante de sa restitution, profonde, creusée et toujours doté d’un léger grain, tour à tour pellicule ou numérique, mais qui donne effectivement une certaine réalité au métrage. Les couleurs au départ relativement réduites et portées sur les dégradés de marrons laissent vite s’installer des explosions de teintes propres à rejouer les performances très 70’s ou la brillance des 80’s avec une générosité propre au traitement Dolby Vision. Un tableau lumineux et éclatant.
Son
Trop étriqué dans son Dolby Digital 5.1 un peu tristoune, le doublage français reste de toute façon un peu trop anecdotique à coté des performances (vocales tout d’abord) d’une version originale qui met en avant un Dolby Atmos aux canaux largement ouverts. Si bien entendu les scènes dramatiques restent relativement modestes, jouant surtout des dialogues et de quelques ambiances pour poser le cadre, les nombreuses séquences musicales remplissent l’espace avec une dynamique percutante et une rare profondeur. De quoi retrouver quelques sensations perdues des grands concerts mythiques de bambi.
Interactivité
Si la partie bonus de l’édition s’achève sur une longue série de courtes featurettes franchement promos et, de manière un peu plus intéressante, sur un segment montrant les effets de maquillage crées pour transformer Jaafar Jackson aux différentes périodes de M.J. et accroitre la ressemble entre Colman Domingo et Joseph, cette dernière démarre surtout par un long document : Don’t Stop ‘Til You Get Enough. Un vrai making of, complet et approfondi, qui revient effectivement beaucoup sur la longue préparation du jeune acteur débutant, les craintes quant à sa crédibilité, puis la découverte du Michael enfant, le travail de reconstitution très poussé des clips et scènes mythiques et la volonté bien entendu d’être fidèle à l’héritage de l’artiste en montrant son visage humain. Que ce soient les producteurs, le réalisateur, les acteurs, chorégraphes ou autres personnalités interviewées, le propos est bien entendu verrouillé et aucun sujet ambigu ne sera évoqué, mais le programme se suit avec intérêt.
Liste des bonus
Ne pas s’arrêter avant d’être satisfait : La création de Michael (60’), Le lieu cher à son cœur : visite de Hayvenhurst (5’), Dans le miroir : Devenir Michael et Joe en vitesse rapide (4’), Premier aperçu (2’), Devenir Michael (2’), Avant le grand écran (2’), Sur le plateau de Michael (2’).







