DJANGO, PRÉPARE TON CERCUEIL !

Preparati la bara ! – Italie – 1968
Support : Bluray & DVD
Genre : Western
Réalisateur : Ferdinando Baldi
Acteurs : Terence Hill, Horst Frank, George Eastman, José Torres, Pinuccio Ardia, Guido Lollobrigida, Barbara Simon, Gianni Brezza…
Musique : Gianfranco Reverberi
Image : 1.66 16/9
Son : Italien et Français DTS Master Audio 1.0
Sous-titres : Français
Durée : 88 minutes
Editeur : Sidonis Calysta
Date de sortie : 23 octobre 2026
LE PITCH
Django, convoyeur au service des banques, est l’ami du Sénateur David Barry. Ce dernier, ambitieux, rançonnent les convois à la tête d’une bande de bandits et de tueurs. Pour chaque méfait, un innocent est condamné. Les butins alimentent le financement de sa campagne pour devenir gouverneur, et Barry s’approprie au passage les terrains de ses victimes. A son tour, Django est victime du sénateur Barry : sa femme est assassinée. La vengeance de Django sera terrible.
« you must face another day »
Jusqu’au début des années 70, les productions annonçant fièrement « Django » sur l’affiche d’un western ne manquaient pas en Italie et dans toutes l’Europe. Une petite entourloupe des productions et des distributeurs mais qui donna naissance à quelques presque vraies suites, plus qu’honorables, comme le bien nommé Django prépare ton cercueil !
Dans le sillon du phénoménal Django, sorti en 1966, elles furent nombreuses les productions plus ou moins opportunistes à vouloir se loger dans la queue du succès du film de Corbucci. Si on met de coté le marché allemand qui renomma plus ou moins tous les westerns avec un Django dedans, on trouve effectivement quelques dizaines de tentatives italiennes plus ou moins affirmées dans l’idée d’offrir une nouvelle version du personnage iconique. Sortie en vidéo par chez nous sous le titre Trinita ! Prépare ton cercueil, lorsque la comédie-western battait son plein, Preparati la bara ! est cependant bien un ersatz quasi-officiel de Django. La preuve, on y retrouve bel et bien jusque dans la version italienne un protagoniste de ce nom (et c’est déjà plus que beaucoup), mais aussi la présence au générique de Franco Rossetti, l’un des scénaristes du film original, qui se permet de faire de nombreuses références, voir d’en reprendre quelques gimmicks ou scènes (dans le massacre à la machine gun). On pourrait même voir dans cette sombre histoire d’amitié bafouée, d’épouse assassinée et de sombre vengeance une véritable préquelle aux aventures de Django. Le métrage va bien entendu constamment laisser planer le doute, brouillant le regard du spectateur par un anti-héros cette-fois incarné par un jeune Terrence Hill, en voie de starification après le succès du précédent Dieu pardonne… moi pas ! mais caché derrière le manteau nordiste, la barbe de trois jours et le regard bleu acier singeant directement la dégaine iconique de Franco Nero.
L’éternel retour
D’autant plus troublant que la légende dit même que ce fut Franco Nero qui devait prendre le rôle avant d’être appelé par les sirènes hollywoodiennes pour interpréter Lancelot du Lac dans le Camelot de la Warner Bros. Des ressemblances et une proximité évidente qui correspondent aussi beaucoup cela dit à la vision qu’à le réalisateur Ferdinando Baldi (Texas Adios, Le Dernier des salauds, Blindman…) du genre western, cultivant dans ses films un paysage américain crépusculaire, peuplant sa conquête de l’ouest de figures rarement morales de truands, traitres, lâches et autres sadiques à la gâchette. Dans Django Prépare ton cercueil !, même les condamnés à mort que le héros, désormais bourreau de son état, cache à l’abri finissent par se transformer en bandits de grands chemins et menacent de s’étriper entre eux. L’horizon est bien terne, la belle photographie d’Enzo Barboni (déjà sur Django, comme par hasard…) cultive les teintes terreuses, les compositions morriconniennes de Gianfranco Reverberi (dont l’un des thèmes a été samplé pour le Crazy de Gnarls Barkley) s’échappent rapidement vers la mélancolie et Baldi laisse le récit s’imprégner d’une atmosphère funèbre et désespérée. Comme l’annonce plutôt bien les titres italiens ou français, ce Django là s’apparenterait presque même à une figure de mort-vivant, survivant on ne sait comment à son exécution, trompant sans cesse la mort pour apparaitre in fine creusant lui-même sa propre tombe avant le gunfight final.
Une approche convaincante et qui donne une véritable filiation thématique avec le Django originel dont il ne retrouve certes pas toujours la force et l’énergie, la simplicité tranchante et cruelle, mais dont il fait revivre quelques fantômes.
Image
Restaurée en 2K à partir d’une source inter positive 35mm, la copie du film affichait chez Arrow Video une surabondance de reflets jaunâtres. Un défaut relativement bien gommé ici et qui permet de faire pencher la palette chromatique vers des beiges, des marrons et des noirs nettement plus marqués. C’est que le film n’est pas bien gai et cela se voit plus que jamais. Les éléments de base étaient donc de toute façon loin d’être parfaits et ça se ressent dans les fluctuations de lumière et de grain, mais cela est plutôt bien compensé par un piqué assez marqué qui creuse agréablement les plans et leur offre un relief et des argentiques que l’on n’avait pas vu depuis longtemps sur cette production.
Son
Les deux pistes sont bien claires et plutôt équilibrées avec des voix bien posées et des arrières plans peu ou pas écrasés. Moutures italienne et française ont bien entendu été postsynchronisées et cela s’entend, mais les petits monos DTS HD Master Audio ont été joliment rafraichis.
Interactivité
Sidonis reprend ici sa petite présentation enthousiaste enregistrée par Jean-François Giré à l’époque du DVD. Il y revient sur la multitude de « Django » sortis dans la foulée du classique de Corbucci et souligne ce qui pour lui fait de cet opus une authentique réussite et l’une des meilleures « suites ». A cela s’ajoute désormais la présentation en anglais récoltée sur l’édition anglaise. Laissant la parole à Kevin Grant, ce segment évoque plus ou moins les mêmes informations avec même quelques petites précisions en moins.
Liste des bonus
Présentation du film par Jean-François Giré (9’), « Django Explained » : Interview de Kevin Grant, spécialiste du western spaghetti, Bande-annonce.







