LES CAPRICES DE L’ENFANT ROI

France – 2026
Support : Bluray
Genre : Aventure, Comédie
Réalisateur : Michel Leclerc
Acteurs : Artus, Niels Hamel-Brochen, Franck Dubosc, Julia Piaton, Nemo Schiffman, Doria Tillier, Suzanne de Baecque, Noam Morgensztern, Xavier Robic…
Musique : Baya Kasmi, Michel Leclerc
Image : 1.85 16/9
Son : Français DTS Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titres : Français pour sourds et malentendants
Durée : 110 minutes
Editeur : Le Pacte
Date de sortie : 27 octobre 2026
LE PITCH
1651. Louis (pas encore XIV) est un jeune adolescent. Alors que la Fronde menace, sa mère Anne d’Autriche décide d’exfiltrer son fils pour le mettre à l’abri et le remplace par un sosie. Louis est confié par D’Artagnan à Cyrano de Bergerac qui le cache au sein de la troupe de théâtre de Madeleine Béjart et Molière. Tandis que Madeleine et Cyrano se découvrent une passion commune pour le jeune Molière, Louis découvre la vie et ses plaisirs, l’art et le travail, le courage et la stratégie, tout ce qui fera de lui le Roi Soleil.
« Tout est vrai. Sauf pour les historiens »
Le cinéma de divertissement français peut encore parfois nous surprendre et ça fait du bien. Alors que l’offre se sépare en grosses comédies franchouillardes bien lourdingues et voyages cul-cul et proprets pour gamins à la Christophe Barratier, voici que l’inattendu Michel Leclerc nous offre une grande aventure familiale historique et délicieusement moderne.
On connaissait le réalisateur français pour son regard on ne peut plus contemporain et politiquement affirmé, scrutant les petits travers d’une société française toujours trop rétrograde tout en célébrant le féminisme, la confusion des genres et le grand mélange cosmopolite au travers de propositions plus ou moins réussies mais toujours originales comme Le Nom des gens, La Lutte des classes ou Le Mélange des genres. Le voici pourtant aux commandes d’un film en costumes, reconstitution historique des premières années du futur Louis XIV menacé par la Fronde avant son couronnement. Mais le film décide d’inviter à la fête un d’Artagnan (Dubosc) empêtré dans sa légende qui a la bonne idée de mettre le jeune Louis à l’abri auprès de son camarades Cyrano de Bergerac (Artus, particulièrement touchant) qui décide de se planquer avec le jeune homme au sein de la troupe de jeunes acteurs nommés Jean-Baptiste Poquelin (Némo Shiffman) et Madeleine Béjart (Julia Piaton). Leclerc s’amuse ouvertement de ce « Avengers » hexagonaux et littéraires, proposant un grand mélange de références théâtrales et romanesques, croisant faits historiques avérés et clins d’œil bien manié aux textes originaux sans jamais se perdre dans l’exercice de petits malins.
Bien nez
Le film se veut en effet une aventure accessible aux gosses d’une dizaines d’années, bien portée par l’interprétation convaincante de la révélation Niels Hamel-Brochen dans le double rôle du roi et de son sosie, relevée de quelques bagarres à l’épée et quelques gags naïfs, mais aussi un divertissement complet pour les plus grands où sous couvert d’enchanter un 17eme siècle lumineux et fictionnel, Les Caprices de l’enfant roi mêle astucieusement mise en abyme de la création scénique et du travail de comédien et de nombreuses réflexions amusées et pertinentes sur le monde contemporain. On s’amuse forcément de pics comme « on n’a jamais vu un petit roi tomber amoureux de sa prof de théâtre deux fois plus âgée » ou d’un « grand remplacement » qui perturbe déjà les têtes couronnées, mais les considérations touchantes sur l’homosexualité, voir la fluidité sexuelle d’un Molière, et l’omniprésence de figures féminines fortes (petit coup de cœur pour la « méchante » cousine interprétée par une Suzanne De Baecque formidable), perpétuent directement la conscience progressiste d’un réalisateur toujours aussi habité par sa conscience sociale.
Il manque ici sans doute une certaine efficacité dans les quelques scènes d’actions du film, une élévation plus prononcée d’une mise en scène finalement trop sage pour que Les Caprices de l’enfant roi ne devienne un grand film, mais le plaisir est bel et bien là.
Image
Même si on ne peut que regretter qu’un film de ce type soit tourné en numérique et non sur pellicule, manquant alors de la rugosité propre aux films d’époque, il faut reconnaitre que la photographie discrète mais travaillée réussi souvent à en gommer les aspects les plus artificiels. Tout ici est net, propre et sans bavure, avec une profondeur bien incarnée et un piqué impeccable tout du long. On apprécie surtout le rendu des lumières, vives et chaleureuses, et une colorimétrie assez solaire offrant de superbes contrastes.
Son
Comme bien souvent, le film est proposé en premier lieu avec un mixage DTS HD Master Audio 2.0 retrouvant directement une frontalité et une dynamique avant idéale pour les diffusions télévisées. Le disque propose aussi une prestation DTS HD Master Audio 5.1 plus ample et enlevée, assurant quelques atmosphères naturelles plus enveloppantes et énergiques.
Interactivité
La section bonus ne propose qu’un seul segment en forme de making of. On pencherait presque plus pour une forme de reportage tourné dans les coulisses où l’on s’attache à dialoguer avec le réalisateur, les acteurs, mais aussi quelques techniciens plus anonymes qui évoquent l’atmosphère et l’esprit du film, l’hommage aux vieux films de cape et d’épée, la confection des costumes et des décors avec de multiples accessoires, le tout dans une bonne humeur constante qui reflète un tournage à priori extrêmement détendu et collégial. Un moment très agréable.
Liste des bonus
Dans les coulisses du tournage (25’).






