LES AVENTURIERS DE SHANGHAI

亂世兒女 – Hong-Kong – 1990
Support : Bluray
Genre : Action, Aventure
Réalisateur : Teddy Robin Kwan
Acteurs : Yuen Biao, Anita Mui, Sammo Kam-Bo Hung, George Lam, Lawrence Cheng, Sandy Lam, Lo Lieh
Musique : Teddy Robin Kwan
Image : 1.85 16/9
Son : Cantonais DTS Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 93 minutes
Editeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : mars 2026
LE PITCH
Dans la Chine des années 1930, Petit tigre quitte sa campagne natale pour retrouver son frère aîné, Grand tigre, officier de police dans une Shanghaï en pleine effervescence. À peine arrivé, il se retrouve malgré lui mêlé à un vol de fonds gouvernementaux. Doué pour les arts martiaux et les acrobaties, Petit tigre attire rapidement l’attention des triades, qui cherchent à recruter de nouveaux talents.
Des temps troublés
Avec Sammo Hung et Yuen Biao en têtes d’affiche, l’amateur de cinéma HK s’attendra forcément à un déluge de combats spectaculaires et inventifs et pourquoi pas une comédie kungfu particulièrement énergique, mais Les Aventuriers de Shanghai pétrissait aussi d’autres ambitions qui auront finies par le plomber quelque-peu.
Le film était en effet une grosse entreprise en 1990 pour la Golden Harvest et la Bo Ho de Sammo Hung qui imaginaient effectivement de superbes reconstitutions historiques tournées directement dans les décors d’une Chine continentale alors en pleine ouverture culturel. Pas de chance, les évènements de la place Tian’anmen sont passés par là et la production se rapatrie dans les décors plus figés de la Shaw Brothers tandis que, pour faciliter le tout, la production décide d’accélérer le calendrier afin de sortir à la période charnière du Nouvel An chinois mais aussi de gonfler considérablement les personnages incarnés par Sammo Hung et Anita Mui en cours de route. Un tournage sous tension donc où la vision initialement plutôt légère voulue par le réalisateur Teddy Robin Kwan (All the Wrong Spies, La Légende de la Perle d’or…) va progressivement être poussée vers des tonalités plus sérieuses et dramatiques par les producteurs. Difficile dans un tel boxon d’aboutir alors effectivement à un film relativement cohérent, Les Aventuriers de Shanghai ayant très vite tendance à partir dans tous les sens, multipliant donc les personnages et les trames plus ou moins secondaires sans forcément les laisser aboutir ou leur trouver une réelle pertinence dans le tableau.
L’élégance dans le chaos
C’est que le cadre de la Chine des années 30 est déjà assez complexe en soi, véritable carrefour économique et culturel de la grande Chine où se croisaient les triades locales, les colons venus d’Europe (anglais, français…), les mouvements nationalistes, révolutionnaires et communistes tandis que l’armée japonaise commençait à se rapprocher dangereusement des frontières. Il en est question ici, par quelques dialogues et par une tension dramatique bien présente, mais au milieu d’un trio amoureux composé par les glamours George Lam (Boat People), Anita Mui et Tien Niu (Just Heroes), tandis que le toujours bondissant Yuen Biao (dans le rôle du jeune frère de Lam) affronte plus ou moins frontalement un Sammo Hung bien charismatique en parrain impitoyable et pragmatique après s’être acoquiné avec une troupe d’acrobates. Les diverses greffes et tentatives de recoupements sont très loin de convaincre, les petites séquences humoristiques (avec en particulier un personnage bien lourdaud) tombent comme un cheveu dans la soupe, mais l’objet réussit tout de même à s’imposer déjà grâce à une confection générale plutôt solide (très beau décors, costumes, superbe photo…) et le charisme évident de toute la bande avec une Anita Mui, tout juste sortie du magnifique Le Syndicat du Crime 3, qui impose une nouvelle fois une figure de femme complexe, indépendante, engagée et tout à fait convaincante durant les quelques séquences martiales. Ces dernières se font rares et toujours assez courtes, Teddy Robin Kwan avouant volontiers que ce n’est pas sa tasse de thé, mais elles sont à chaque fois marquante grâce à l’excellence des chorégraphies du grand Corey Yuen et l’efficacité des belligérants.
Le face à face final attendu entre Sammo Hung et Yuen Biao envoie du lourd, mais c’est certainement ce tango endiablé entre Mui et Biao qui se transforme en passe d’arme kung-fu qui restera comme le grand moment de ce Aventuriers de Shanghai certes toujours bancal mais au demeurant bien sympathique.
Image
Elles ne sont encore pas bien nombreuses les éditions hors Hong-Kong des Aventuriers de Shanghai, et Le Chat qui fume ouvre sans doute le bal avec une copie tout à fait solide marquée par une restauration manifeste. Les cadres y sont bien propres et stables, les divers taches et griffures ont disparu, laissant une image plutôt nette et un piqué assez creusé. Les arrière-plans peuvent être parfois un peu écrasés et les contours ne cachent pas toujours l’utilisation de quelques outils numériques, mais les couleurs, en particulier les bleus bien pétants, retrouvent un second souffle.
Son
Pas de doublage français, seule la version originale cantonaise est disponible ici avec une prestation DTS HD Master Audio 2.0 honorable. Quelques saturations et chuintements se laissent entendre mais les canaux restent clairs et les dialogues relativement dynamiques avec des effets sonores bien marqués. Du basique pour le cinéma HK de l’époque.
Interactivité
Serti dans un fourreau cartonné toujours aussi bien illustré par Tony Stella, Les Aventuriers de Shanghai se présente dans un boitier scanavo full frame typique de l’éditeur. Le disque Bluray propose en outre deux bonus produits par le collaborateur récurrent Arnaud Lanuque avec comme toujours une excellente présentation globale du film, évoquant cadre historique, production, filmographies de certains grands noms et tonalités finales avant de laisser place à une interview assez conséquente du réalisateur Teddy Robin Kwan. Celui-ci revient en toute franchise sur une production et un tournage franchement compliqué entre tensions financières, débordements de plannings, ajouts de personnages à la volées, réécriture au jour le jour et post-production effectuée sans son aval. Le propos n’est cependant jamais amer, plutôt fataliste sur les méthodes de l’industrie de l’époque.
Liste des bonus
Présentation du film par Arnaud Lanuque (17′), « Shanghai Blues » : entretien avec le réalisateur Teddy Robin Kwan (19′), Bandes-annonces.







