THE FURIOUS

火遮眼 – Hong-Kong, Chine – 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Action
Réalisateur : Kenji Tanigaki
Acteurs : Miao Xie, Joe Taslim, Enyou Yang, Brian Le, Yayan Ruhian, JeeJa Yanin, Joey Iwanaga, Sahajak Boonthanakit…
Musique : Olivia Xiaolin
Image : 2.35 16/9
Son : Mandarin / Anglais Dolby Atmos et Français DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 113 minutes
Editeur : HK Vidéo
Date de sortie : 23 octobre 2026
LE PITCH
Après l’enlèvement de sa fille par un réseau criminel et face à l’inaction de la police, Wang Wei se lance dans une traque implacable pour la retrouver. Son seul allié, Navin, est un journaliste tenace dont la femme a mystérieusement disparu. Unis par un même désir de vengeance, ces deux hommes que tout oppose affrontent les ravisseurs dans un face-à-face explosif mêlant arts martiaux et justice sans merci.
Les vénères
Si le cinéma d’action asiatique, et HK en particulier, n’affirme plus forcément la forme et la productivité d’antan, il y a clairement encore une énergie et un cœur qui pulse au sein de l’industrie. Dernière, belle, tentative de raviver la flamme, The Furious pousse le curseur au maximum, et en met plein la tronche, aux personnages comme au spectateur.
Héritière du diptyque The Raid, la dernière production de Bill Kong (Tigre et Dragon, Le Maitre d’arme, Le Secret des poignards volants…) s’inscrit directement dans cette nouvelle approche du cinéma martial chinois reposant sur un cadre contemporain et urbain, une volonté marquée de réalisme et de brutalité, mais aussi une manière totalement assumée de construire un métrage presque uniquement sur ses prouesses physiques. Dans The Furious, et malgré un arrière-plan bien installé d’une Thaïlande sous le joug de famille mafieuse et d’autorités policières corrompues jusqu’à la moelle, le scénario en lui-même tient sur un ticket de métro : un père de famille qui tente de retrouver sa fille kidnappée et le mari d’une journaliste disparue alors qu’elle enquêtait sur le même réseau pédocriminel s’allient pour sauver les enfants et faire tomber l’organisation. Simple comme un bon vieux beat’em all, jusqu’à cette structure où les ennemis de plus en plus maous et aux looks bien archétypaux s’enchainent dans des arènes de bétons jusqu’au terrible boss final, fils de riche aux airs de gendre idéal qui se transforme en sociopathe sanguinaire. Simple, efficace mais pas si direct que cela car cet enchainement de faces-à-faces particulièrement violents et de poursuites éreintantes révèle surtout une science admirable pour les chorégraphies martiales et le mélanges des différentes techniques et physicalités.
The Streetfighters
Le taiseux et ramassé Miao Xie (Eye for an Eye) impressionne constamment par sa rapidité et un kung-fu terriblement précis et impactant, tandis que le plus massif Joe Taslim (The Raid, Mortal Kombat) aborde un combat de contact plus proche du judo et de ses prises. Les ennemis aussi ont tous leurs particularités comme le bien flippant assassin armé de son arc et de ses lames où le méchant final tout en jambes. Solide chorégraphe et action designer, le réalisateur Kenji Tanigaki qui était justement à la manœuvre sur le marquant City of Darkness de Soi Cheang, sait parfaitement qu’il faut toujours filmer les corps dans leur entier et dans le mouvement, sans se perdre dans une charcutisation du montage. Tout le film est ainsi au service de ces grands moments de danses méchamment physiques, de ces confrontations de techniques et de mouvements, de cette énergie explosive où s’enchainent les duels, mais aussi les bastons de masses épiques, quelques délires hérités des modèles HK (utilisation des éléments du décors, combat à moto avec la petite à l’arrière…) et un grand final sidérant de puissance et d’inventivité entre les cinq personnages principaux où les belligérants ne cessent de se mélanger et de changer de cible à la volée. C’est souvent du jamais vu ou presque, appuyant toujours là où ça fait mal, avec une certaine fascination pour les ambiances glauques et les effusions de sang.
The Furious est un film d’art martiaux aux lisières du nihilisme, multipliant les corps et les esprits brisés sur le chemin, ne faiblissant finalement que lorsque le scénario tente de retrouver un peu sa place dans le tableau, pas assez développé dans ses accents dramatiques, psychologiquement très limité (forcément), voir même gentiment doucereux dans ses grands moments d’émotions paternels ou fraternels jamais vraiment convaincants. Des gros malades qui tentent vainement de se cacher derrière un soupçon de sentimentalisme.
Image
Capturé en numérique 6K et 8K puis ramené à un master 4K pour l’international (là ou curieusement un master 2K serait référencé pour le marché chinois), The Furious affiche forcément une forme olympique sur support UHD. Une copie 4K native ultra solide et pointue, bien profonde et parfaitement détaillée qui accompagne à merveille les prouesses des personnages, et ce quelque soit sa vitesse. Les premières séquences, plutôt lumineuses et en extérieures, apportent une certaine chaleur, tandis que la lente plongée nocturne aux flashs de couleurs de plus en plus maniéristes, affirment un Dolby Vision vif et bien tranché.
Son
La version doublée française proposée en DTS HD Master Audio 5.1 fait vraiment de son mieux avec une énergie bien présente et une spatialisation assez efficace, mais le doublage peine un peu forcément à accompagner comme il faut les changements de langue de la version originale. Cette dernière profite d’un Dolby Atmos nettement plus ample et fluide. Si les interprétations en anglais font un peu tiquer, les dialogues sont bien équilibrés dans leur rendu, mais se sont surtout les grandes castagnes, avec les impacts et les effets qui pleuvent de partout qui s’emparent vraiment du potentiel du mixage, creusant la spatialisation et la dynamique de scènes qui n’en manquent pas.
Interactivité
La partie bonus tourne essentiellement autour d’un long segment qui fait office de making of. Avec l’item supplémentaire uniquement consacré au dernier combat, il atteint quasiment l’heure bien tassée et se consacre d’ailleurs surtout à mettre en valeur les prouesses martiales du film (logique) s’attardant sur chacun des interprètes / combattants et leurs techniques propres, prenant bien le temps d’observer les différentes chorégraphies, les entrainements, le tournage des scènes clefs et la dangerosité de certaines cascades. On y évoque vraiment la volonté de livrer un spectacle violent et réaliste, mais aussi d’y préserver une émotion brute capable de capter le public. On y observe un tournage harassant mais décontracté.
Trois petites scènes coupées s’ajoutent au programme, mais elles tirent effectivement surtout vers l’anecdote.
Liste des bonus
Un livret, Making of (42′), 3 scènes inédites (2’), Le Combat à cinq (16′).







