PINOCCHIO DÉCHAINÉ

Pinocchio : Unstrung – États-Unis, Royaume-Uni – 2026
Support : 4K Ultra HD & Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Rhys Frake-Waterfield
Acteurs : Robert Englund, Richard Brake, Cameron Bell, Peter DeSouza-Feighoney, Jack Art Gray, Mya Brown, Karolina Knight, Jessica Balmer…
Musique : Andrew Scott Bell
Durée : 85 minutes
Image : 2.39 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Editeur : Arcadès Editions
Date de sortie : 6 octobre 2026
LE PITCH
James, un adolescent orphelin, vient de perdre son meilleur ami, emporté par un cancer. Pour l’aider à faire son deuil, son grand-père, Geppetto lui offre une poupée de bois dotée d’une âme, baptisée Pinocchio. Comme tout garçon de son âge, James ignore les mises en garde de son grand-père et présente Pinocchio au monde extérieur. Mais très vite, Pinocchio aspire à devenir humain et à prouver qu’il mérite l’amitié de James en le protégeant…
Menteur, Menteur
Rhys Frake-Waterfield se replonge dans l’univers élargi des personnages de contes déjà adaptés par Disney et tombés dans le domaine public, avec cette fois un opus intégralement consacré à Pinocchio. Un film très méchant et qui ne lésine pas sur les effets visuels…
Le Twisted Childhood Universe (TCU) initié par Scott Chambers et Rhys Frake-Waterfield se dote d’un nouveau rejeton trépané avec Pinocchio Déchaîné, qui complète la famille dégénérée déjà constituée (à ce jour) de Winnie the Pooh : Blood and Honey (2023) et sa suite (2024), Peter Pan’s Neverland Nightmare (2025) et Bambi : La Vengeance (2025). Une ribambelle d’adaptations horrifico/gores des personnages plus connus du côté joyeux de Disney et ici proposés dans leur versant perverti. Une franchise fort lucrative (bien qu’assez médiocre artistiquement parlant) qui rapporte beaucoup pour des mises de base limitées. Pas de quoi s’arrêter en si bon chemin donc pour Chambers et Frake-Waterfield. Cette nouvelle adaptation consacrée au pantin de bois au nez qui s’allonge dispose même d’un budget un peu plus élevé que les précédents opus, ce qui permet de développer un parti-pris plutôt culotté et louable : utiliser un maximum d’effets pratiques pour les effets spéciaux. D’emblée, ce Pinocchio Déchaîné s’avère, en effet, le plus abouti des films de la saga. Après une introduction toute en animation assez chouette, on plonge dans la vie de James, un adolescent vivant en marge des autres chez son grand-père, Geppetto, qui lui fait découvrir Pinocchio, pantin de bois qu’il renferme dans son sous-sol. Les deux « enfants » développent un lien d’amitié extrême… On pense souvent à Chucky dans l’approche de l’horreur développée par Rhys Frake-Waterfield, déjà aux manettes des deux opus de Winnie The Pooh, qui signe également le scénario. Complètement décalé et inadapté au monde qui l’entoure, le pantin s’accroche à son humain et intervient dès que le jeune homme est menacé. Sur ce postulat assez peu original, Pinocchio Déchaîné enchaîne les scènes de meurtres sadiques à souhait, en écrasant assez régulièrement la pédale d’accélération sur les flots de gore et autres tortures physiques.
Toujours plus gore et sadique
Ce cinquième film de la franchise est incontestablement l’un des plus gores et décomplexés en termes de débordements cradingues. Très généreux à ce niveau, il n’épargne d’ailleurs ni les animaux, ni les enfants. Le pantin de bois souhaitant devenir petit garçon, dans le sens propre du terme, devient progressivement poupée de chair, à mesure qu’il multiplie les victimes et leur vole organes et autres parties du corps humain, dans un geste proche du body horror. C’est une bonne idée, mais la volonté d’aller toujours plus loin dans la cruauté visuelle confirme une forme de naïveté un peu neuneu sur les bords. Les effets mécaniques figurant le pantin, avec une marionnette animatronique au look très particulier mais efficace, sont de grande qualité et couplés à quelques recours au numérique (pour donner vie au Cricket notamment), mais rien d’envahissant et du strict point de vue des SFX, le film vaut vraiment le détour. D’autant que l’animation saccadée de Pinocchio apporte une plus-value malaisante au personnage. On en saura gré à son concepteur. Là où on passera avec beaucoup moins de mansuétude, c’est du côté du scénario. Ça n’a évidemment jamais été l’un des points forts des rejetons du Twisted Childhood Universe, mais avec ce Pinocchio Déchaîné, aucun effort n’est fait. Ce récit de poupée maléfique et vengeresse, copycat de son cousin Chucky, enfile les perles et lieux communs avec dextérité. Si fort que l’intérêt s’émousse assez rapidement, une fois la méchanceté et la générosité visuelle digérée. On retrouve là la fainéantise et l’absence d’inspiration de cet univers partagé qui avance sous la forme de coups d’éclats marqués par l’opportunisme de ses auteurs, quand bien même leur amour du genre semble incontestable.
Plus tenu que ses prédécesseurs, un poil plus ambitieux et toujours généreux, Pinocchio Déchaîné s’avère le chapitre de la franchise le plus réussi, même si on atteint la probablement un plafond de verre qualitatif, qui se heurte toujours aux mêmes écueils. Une série B horrifique plutôt bien troussée et pas désagréable, mais qui n’apporte finalement rien de bien neuf. Pas de quoi cependant stopper la machine, puisque d’autres projets sont déjà dans les tuyaux pour enrichir cet univers dégénéré. Et pas des moindres : La Belle au Bois dormant, Alice au pays des merveilles ou encore Tigrou et Mary Poppins sont dans les startings-blocks. Mais faut-il vraiment s’en réjouir… ?
Image
L’image de ce cinquième volet s’appuie sur un master 4K, qui délivre une proposition visuelle de haute volée, avec un piqué remarquable et des jeux de lumières qui ne le sont pas moins. Les contrastes sont fort bien gérés, même si dans les scènes sombres, et elles sont nombreuses, la définition a tendance à perdre de sa prestance. Pour autant, cette édition s’affirme particulièrement solide techniquement. On a franchi un cap qualitatif en termes de rendu technique dans la saga.
Son
Offrant des pistes anglaise et française en DTS HD Master Audio 5.1, Arcadès Editions ne lésine pas non plus sur le côté sonore, puisque le film est très généreux en effets, et même pointilleux sur l’ambiance générale, assurant une immersion agréable côté frisson. Un constat qui s’appuie également sur des dialogues clairs et bien mis en avant.
Interactivité
Cette édition est proposée dans un boîtier avec fourreau contenant le disque 4K Ultra HD du film, accompagné de la version Blu-ray. Niveau bonus, pas de quoi se relever la nuit. On met de côté une scène de meurtre coupée et une pseudo interview du personnage de Pinocchio, toutes deux sans grand intérêt et on privilégie plutôt le court segment consacré aux effets visuels mécaniques sur la création du pantin, toujours fascinant, et son pendant numérique pour le Cricket.
Liste des bonus
Meurtre coupé (1’) ; La Création de Pinocchio (8’) ; La Création de Cricket (2’) ; Interview de Pinocchio (5’).






