LE SECRET DE CRICKLEY HALL

The Secret of Crickley Hall – Etats-Unis – 2006
Genre : Horreur
Auteur : James Herbert
Nombre de pages : 768
Éditeur : Bragelonne
Date de sortie : 10 septembre 2026
LE PITCH
Crickley Hall : une vieille demeure comme on n’en trouve que dans les régions reculées de l’Angleterre. Vaste et sinistre, elle a même l’air un peu menaçant. Lorsque Gabe et Eve Caleigh viennent s’y installer avec leurs deux filles, ils espèrent y trouver la paix, et tourner la page sur le terrible malheur qui a frappé leur famille. Mais quelque chose ne va pas. Bientôt des bruits inexplicables les arrachent au sommeil.
Au revoir les enfants
Bragelonne relance une collection horreur en poche et en profite, avec appoint, pour rééditer l’un de ses best-sellers du genre à savoir Le Secret de Crickley Hall. Le thème classique de maison hanté revisité par l’un des auteurs incontournables de l’horreur moderne : James Herbert.
Un monsieur que l’on ne devrait plus présenter tant Les Rats et ses suites, ainsi que Fog ou Sanctuaire ont plus que durablement marqué les lecteurs. Un auteur qui sait jouer avec des thèmes souvent classiques, avec les codes du genre, et y insuffler une atmosphère particulièrement marquante et accrocheuse. C’est clairement le cas avec Le Secret de Crickley Hall, où ce dernier n’entend pas forcément révolutionner le genre, où en offrir une vision particulièrement novatrice. Il y est donc à nouveau question d’une famille plutôt bourgeoise qui, pour des raisons professionnelles, mais aussi afin de laisser de cotés quelques malheurs traumatisants, s’installe à la campagne dans une demeure bien trop grande pour eux et franchement lugubre. Rapidement, jardinier local, curé et autres commerçants, laissent entendre l’existence d’un douloureux passé, gardé sous silence, qui serait en lien avec les tombes d’enfants découvertes dans le cimetière. Est-ce que cette terrible inondation survenue en 1943 et ayant laissé une cicatrice indélébile dans la petite communauté pourrait expliquer ces lumières qui s’allume toutes seules, ces flaques d’eau qui apparaissent sur les escaliers, ces bruits inquiétants au grenier et surtout cette porte de la cave qui ne cesse de s’ouvrir, même quand elle est fermée à clef ?
La maison du diable
Pas véritablement de secret à résoudre dans ce roman qui se révèle seul assez naturellement, mais Herbert connait parfaitement ses gammes et délivre un chapitrage au jour le jour qui sait parfaitement faire monter la pression. Il distille avec un certains sadisme les différentes apparitions qui vont se faire plus menaçantes alors que des trombes d’eau continuent de tomber sur la région. Le récit ajoute au tableau une médium qui tente de refréner ses pouvoirs, un spécialiste du paranormal qui entend bien prouver l’aspect cartésien des phénomènes, et quelque part entre les jaillissements à la Conjuring et le mélange de macabre et de merveilleux façon Poltergeist, le bouquin se lit avec une certaine efficacité même s’il peut avoir tendance à se diluer parfois dans les flashbacks et les petites trames secondaires. Mais au-delà des talents de conteur de Herbert, si Le Secret de Crickley Hall fonctionne si bien c’est effectivement par cette atmosphère absolument funèbre qui exhale constamment de ses pages. Par le drame historique, bien ancré dans les ombres d’une seconde guerre mondiale qui n’a pas fait que des victimes au front, par un écho aux méthodes éducatives douteuses et trop rigoureuses du système anglais et surtout par le portrait des Caleig, Gabe, Eve et leurs deux filles, littéralement hantés par l’absence et la disparition. Dans ce type d’histoire, on questionne souvent la pertinence de ces personnages qui restent accrochés à un manoir flippant et s’accrochent aux murs malgré les phénomènes qui s’accumulent, ici le lien se crée des plus naturellement grâce, ou cause, de la disparition du jeune fils survenue un an plus tôt et qui place les protagonistes face à leur relation intime à la mort, au deuil et à l’espoir.
Les fantômes en ont-ils nécessairement après les vivants ? Le Secret de Crickley Hall ne détient pas toutes les réponses mais en apporte régulièrement une jolie illustration entre deux grands moments de frayeurs nocturnes… tout à fait communicatives.

