CROCODILE DUNDEE I & II

Australie – 1986, 1988
Support : 4K UHD & Bluray
Genre : Comédie
Réalisateur : Peter Faiman, John Cornell
Acteurs : Paul Hogan, Linda Kozlowski, John Meillon, David Gulpilil, Hechter Ubarry, Juan Hernandez, Charles S. Dutton…
Musique : Peter Best
Durée : 95 et 112 minutes
Images : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS-HD Master Audio 5.1 & 2.0, Français DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Editeur : Le Chat Qui Fume
Date de sortie : Juillet 2026
LE PITCH
Crocodile Dundee : Jeune journaliste new-yorkaise ambitieuse, Sue Charlton entreprend de faire un reportage sur Mick « Crocodile » Dundee, légende du bush australien. Elle découvre un personnage intrépide et pittoresque, toujours décontracté face au danger. Elle lui propose alors de l’accompagner à New York, …
Crocodile Dundee 2 : Désormais bien installé dans la Grosse Pomme et en couple avec Sue, Mick Dundee se languit du bush australien. Pendant ce temps, en Colombie, l’ex-mari de Sue, le journaliste Bob Tanner, prend des photos compromettantes impliquant Luis Rico, un dangereux baron de la drogue, …
Pique-nique à Bout d’Brousse Creek
Il y a des associations éditoriales sur lesquels on n’aurait pas misé un plein de gasoil. Quand on évoque Le Chat Qui Fume, on pense plus volontiers aux recoins les moins fréquentables (et donc les plus délicieux) du cinéma de genre, aux séries B qui sentent la pellicule brûlée, aux curiosités bis, aux œuvres douteuses, marginales ou simplement trop oubliées pour avoir encore droit de cité dans les conversations cinéphiles du dimanche. Autant dire que voir l’éditeur s’intéresser à Crocodile Dundee et à sa suite a quelque chose de merveilleusement incongru. En résulte une paire d’éditions incontournables (et même davantage) et en 4K siouplaît ! Béni soit le félin qui clope.
Pour comprendre le phénomène Crocodile Dundee, il faut d’abord revenir à Paul Hogan. Avant de devenir une star internationale à presque 50 balais, l’acteur australien s’était fait connaître à la télévision, (d’abord dans ses apparitions dans l’émission « New Faces » puis dans un show à son nom, The Paul Hogan Show) où son personnage de type ordinaire, volontiers frondeur et doté d’un humour très direct, avait conquis le public local. Un succès et une aura telle que des marques font confiance à Hogan pour booster leurs ventes (la bière Foster’s, les cigarettes Winfield) et que le gouvernement travailliste de Bob Hawke n’hésite pas à s’appuyer sur son image de « good bloke » pour booster le tourisme et son économie.
À ses côtés, John Cornell joue un rôle discret mais déterminant. Producteur, scénariste et partenaire créatif de Hogan, il contribue à transformer cette personnalité télévisuelle en personnage de cinéma. Avec Ken Shadie, ils participent à l’écriture du premier film, conçu autour d’une idée aussi simple qu’efficace : envoyer un homme du bush australien dans la jungle urbaine de New York, puis observer les étincelles. Le ressort comique semble presque trop évident. Il suffit d’opposer deux univers, deux systèmes de valeurs, deux langages même, pour faire naître les gags. Mais encore faut-il un acteur capable de donner de la chair à cette confrontation, et un scénario qui ne se contente pas d’aligner les clichés comme des chopes de bières vides sur le comptoir d’un pub de l’Outback.
L’entreprise détonne d’autant plus qu’elle surgit dans un paysage cinématographique australien dont les œuvres les plus marquantes de la décennie précédente avaient souvent révélé un visage autrement plus inquiétant. Mad Max de George Miller avait transformé l’Outback en territoire post apocalyptique, où la civilisation semblait n’être plus qu’un souvenir carbonisé. La Dernière Vague de Peter Weir plongeait le quotidien australien dans une inquiétante étrangeté, tandis que Wake in Fright avait fait de l’arrière-pays un enfer social et moral, peuplé d’hommes abrutis par l’alcool, la violence et une masculinité devenue maladie contagieuse. Même Pique-nique à Hanging Rock, dans un registre très différent, faisait du paysage australien une force mystérieuse, presque hostile, où la raison semblait perdre pied.
Bien sûr, il peut sembler facile de résumer le cinéma des antipodes à cette galerie de cauchemars. Mais il est amusant de constater que Crocodile Dundee recycle certains des mêmes ingrédients — l’immensité du territoire, l’isolement, la rudesse de la vie sauvage, la relation ambiguë entre l’homme et la nature — pour en tirer exactement l’effet inverse. Ici, le bush ne dissimule pas nécessairement une menace métaphysique ou une société en pleine décomposition. Il devient le terrain de jeu d’un héros qui sait lire les signes de la nature, se débrouiller avec trois fois rien et garder son sang-froid là où un citadin paniquerait à la première bestiole un peu trop grosse.
La force du concept est de revisiter toute une iconographie australienne sans en faire un monument solennel. La chasse au crocodile, la vie dans l’arrière-pays, les animaux sauvages, les gestes du baroudeur et cette virilité rustique sont bien présents, mais ils passent par le filtre de la comédie. Dundee sait survivre dans un environnement hostile, certes, mais il n’a pas besoin d’en faire une démonstration permanente. Il n’est pas un surhomme invincible : il possède simplement des compétences que les autres n’ont pas, tout comme les citadins disposent de savoir-faire qui lui échappent. La différence entre les deux mondes devient ainsi une source de curiosité plutôt qu’un prétexte au mépris.
Urban Jungle
Le premier Crocodile Dundee est un film dont la simplicité constitue autant la méthode que le secret. Sue Charlton, journaliste new-yorkaise, part en Australie pour rencontrer le fameux chasseur de crocodiles dont les exploits alimentent les récits locaux. Elle découvre un homme qui semble parfaitement adapté à son milieu, mais dont les manières et les réflexes détonnent dès qu’il quitte son territoire familier. À mi-parcours, elle fait le pari de l’emmener à New York, où le choc des cultures peut commencer pour de bon. Sur le papier, on pourrait craindre une longue succession de gags sur les toilettes modernes, les taxis et les habitudes urbaines. Le film en joue, naturellement, mais il sait aussi installer une véritable relation entre ses personnages.
Le premier atout du long métrage, c’est évidemment Paul Hogan (très bien doublé par Yves Rénier dans la VF). Il n’a pas besoin d’en faire des tonnes : un regard, une réplique placée au bon moment, une façon de rester imperturbable alors que tout le monde s’agite lui suffisent à faire mouche. Son personnage n’est pas simplement un rustre parachuté dans une grande ville. Il possède une forme d’intelligence pratique, une curiosité sincère et un sens de la répartie qui lui permettent de retourner les situations. Son ignorance de certains codes urbains n’en fait jamais un imbécile ; elle révèle plutôt le caractère arbitraire de conventions que les citadins considèrent comme naturelles. Et lorsque Dundee semble ne pas comprendre quelque chose, il arrive fréquemment que ce soit le monde autour de lui qui se ridiculise.
Face à lui, alors débutante (c’est son premier long), Linda Kozlowski apporte bien davantage qu’un simple faire-valoir romantique. Sue est une femme active, indépendante, habituée à mener son enquête et à prendre ses propres décisions. Elle n’est pas fascinée par Dundee parce qu’il serait une brute exotique qu’elle pourrait apprivoiser, mais parce qu’elle découvre chez lui une liberté et une franchise qui lui manquent dans son quotidien. Leur attirance repose sur une vraie réciprocité : chacun s’amuse des habitudes de l’autre, chacun est intrigué par ce qu’il ne connaît pas, et aucun ne semble devoir renoncer à sa personnalité pour que l’histoire d’amour fonctionne. L’alchimie entre Hogan et Kozlowski est immédiate, et le film sait la laisser respirer sans jamais noyer ses personnages sous les violons et les regards tendres. Une alchimie qui se poursuivra d’ailleurs en coulisse, quitte à fâcher Paul Hogan avec son public australien, ce dernier lui reprochant d’avoir mis son mariage à la poubelle pour les beaux yeux d’une jeune yankee.
C’est précisément ce qui rend cette comédie romantique si séduisante. Elle reste très attachée à un idéal de virilité classique, mais elle ne confond pas la relation amoureuse avec une prise de pouvoir. Dundee n’a pas besoin de jouer au mâle alpha en permanence, et Sue ne doit pas être réduite au rôle de récompense accordée au héros après ses exploits. Leur rapprochement se construit par l’humour, la confiance et le plaisir de se découvrir. Le film est progressiste à sa manière, sans brandir de pancarte ni transformer chaque scène en démonstration idéologique. Sur ce point en particulier, Crocodile Dundee ne vieillit finalement pas si mal.
La mise en scène de Peter Faiman accompagne ce petit miracle avec une modestie qui lui sied parfaitement. Le film n’a pas besoin d’épater la galerie à chaque plan ; il laisse les paysages, les acteurs et les situations comiques faire le travail. La photographie de Russell Boyd est un élément essentiel de cette réussite. Déjà remarquable sur Pique-nique à Hanging Rock, La Dernière Vague et Gallipoli, le chef opérateur sait magnifier les grands espaces australiens sans les transformer en cartes postales criardes. La lumière du bush possède une ampleur et une douceur qui donnent au territoire une présence tangible, tandis que New York offre un contraste plus dense, plus vertical, sans que la ville soit caricaturée en enfer de béton. Le passage d’un monde à l’autre devient ainsi une expérience visuelle autant que comique.La musique de Peter Best participe elle aussi à l’identité du film. Son score, attachant et exotique s’impose en quelques notes et accompagne les péripéties avec une chaleur qui renforce le sentiment de familiarité. Et puis il y a cette scène finale dans le métro new-yorkais, devenue à juste titre l’un des grands moments du film. Dundee se retrouve séparé de Sue au milieu de la foule, et la ville moderne lui impose soudain une épreuve qui ne se résout ni par la force ni par la débrouillardise habituelle. C’est la parole, l’entraide et une forme d’intelligence collective qui permettent de dénouer la situation. Le film trouve alors une conclusion à la fois romantique, drôle et étonnamment émouvante. Voilà une fin qui vous attrape par le sourire sans avoir besoin de vous sortir l’artillerie lacrymale.
Le succès du film n’a donc rien d’un accident. Crocodile Dundee est une comédie populaire au sens le plus noble du terme : accessible sans être idiote, romantique sans être sirupeuse, drôle sans être méchante. Son héros possède un charisme évident, son couple fonctionne à merveille et son regard sur les différences culturelles reste suffisamment généreux pour éviter le piège de la simple moquerie. Il ne révolutionne certes pas le cinéma, mais il n’en a jamais eu la prétention.
See you later, alligator !
Pour la suite, le mouvement s’inverse. Après avoir découvert New York et trouvé l’amour en dehors de son territoire, Mick Dundee doit composer avec une menace qui pousse Sue et lui à quitter la ville pour retourner en Australie. Une affaire de trafiquants de drogue transforme leur existence en cavale, et le bush devient cette fois le décor d’une chasse à l’homme. Les prédateurs ont changé : les crocodiles ont cédé la place aux criminels, qui découvrent à leurs dépens que le territoire australien ne se laisse pas apprivoiser aussi facilement que les ruelles malfamées de Bogota ou les quartiers huppés de Manhattan. Et pour incarner cette nouvelle menace, la production embauche les trognes mémorables de Hechter Ubarry, de Juan Fernandez et de l’éternel Luis Guzman : ambiance « Hola, cabron ! » garantie !!!
Le changement le plus visible se trouve derrière la caméra. Peter Faiman laisse la place à John Cornell, jusque-là partenaire essentiel de Hogan dans la conception et la production du personnage. Cornell connaît parfaitement l’univers de Dundee, mais cette familiarité ne débouche pas sur une simple répétition du premier film. Le scénario, signé Paul Hogan et Brett Hogan (fils du premier), conserve le couple central et les ressorts comiques, tout en donnant davantage de place à l’action et à l’aventure. L’objectif n’est plus seulement de confronter un homme du bush à la vie urbaine : il s’agit de ramener cet homme dans son milieu naturel pour qu’il puisse y retourner les situations à son avantage. Sur ce point, Crocodile Dundee II évoque assez naturellement À la poursuite du diamant vert, le film de Robert Zemeckis sorti en 1984. Dans les deux cas, des personnages venus d’un environnement relativement civilisé sont entraînés dans une aventure où les repères habituels ne suffisent plus, tandis que la nature devient un terrain de jeu spectaculaire. Le danger y est réel, mais il se prête volontiers à la comédie ; les poursuites, les situations de survie et les adversaires plus ou moins compétents sont autant d’occasions de faire briller le héros. Dundee n’a plus besoin d’apprendre à vivre dans la jungle de New York : il lui suffit de démontrer aux mauvais garçons qu’ils ont eu la très mauvaise idée de le suivre chez lui.
Malgré une mise en image qui manque un peu d’ampleur (Cornell vient du petit écran et ça se sent), le film conserve plusieurs des plaisirs du premier volet. Paul Hogan reste parfaitement à l’aise dans son personnage de héros cool et couillu, et l’humour fonctionne toujours aussi bien face à des antagonistes incapables de comprendre ce qui leur arrive. Linda Kozlowski retrouve une Sue plus directement impliquée dans l’action, et le couple conserve une complicité qui constitue l’un des principaux liens entre les deux films. John Meillon (dont ce sera le dernier long avant son décès l’année suivante), dans le rôle de Wally, apporte également cette familiarité bienvenue qui ancre Dundee dans un monde peuplé de personnages hauts en couleur. Le retour en Australie permet en outre de retrouver les paysages et la photographie de Russell Boyd, dont le travail donne au bush une ampleur qui dépasse largement la fonction de simple décor hostile.
On en remet une couche et on remercie donc chaleureusement le minou nicotinomane (et qui nuit gravement à nos finances) pour cet aller-retour en première classe au pays des kangourous et des aventuriers aux vestes en peau de croco. Quant au troisième film … quel troisième film ?
Image
Voilà deux films qui n’avaient certainement pas besoin de prendre un coup de vieux supplémentaire et qui bénéficient ici d’une cure de jouvence particulièrement convaincante. Pour Crocodile Dundee, le passage de l’ancien DVD (qui date de… ouh là là, quand même !) à cette restauration 4K relève presque de la révélation. Réalisé à partir du négatif original, ce nouveau master restitue avec une précision remarquable la photographie de Russell Boyd, tout en préservant la texture argentique du 35 mm. Le gain en définition saute aux yeux : le visage buriné de notre aventurier australien révèle une foule de détails, tandis que son gilet en peau de crocodile et son célèbre chapeau gagnent en relief. Mais c’est surtout la photographie qui retrouve toute sa splendeur. Les paysages du bush affichent des ocres chaleureux et une végétation aux nuances riches. À l’opposé, les rues de New York, ses façades et ses néons profitent d’une restitution précise et d’un contraste mieux maîtrisé. Le HDR Dolby Vision apporte une profondeur supplémentaire aux couleurs et aux noirs. Une superbe présentation, point barre. Crocodile Dundee II profite peu ou prou du même traitement de faveur. La restauration 4K fait oublier les limites de l’ancienne édition DVD avec une image propre, stable et détaillée. La définition se montre toutefois légèrement moins spectaculaire que sur le premier opus, mais il faudrait vraiment chercher la petite bête pour bouder son plaisir. Les costumes et les reliefs du décor gagnent en lisibilité, tandis que les paysages australiens retrouvent une belle vitalité. Les verts sont séduisants, les carnations naturelles et les noirs affichent une densité appréciable. Le Dolby Vision valorise les contrastes sans sacrifier l’aspect organique de la pellicule. Le Chat Qui Fume a eu le nez creux en se procurant les masters 4K de l’éditeur australien Madman Ent. et nous livre ainsi deux restaurations UHD de très haut niveau, avec un premier film particulièrement éblouissant et une suite qui n’a franchement pas à rougir de la comparaison. De quoi retrouver Dundee dans toute sa splendeur, sans même avoir besoin de partir chasser le crocodile dans le Territoire du Nord.
Son
Du côté de la section audio, l’éditeur joue la carte de la sobriété avec des pistes qui privilégient la clarté et l’efficacité plutôt que les démonstrations tonitruantes. Sur les deux films, la version originale bénéficie de pistes DTS-HD Master Audio 5.1 et 2.0, tandis que la version française se contente de mixages stéréo 2.0 et mono. Le multicanal apporte un supplément d’ampleur appréciable, notamment à la musique de Peter Best (belle restitution des basses et du didgeridoo), dont les compositions profitent d’une spatialisation plus généreuse. Les ambiances, sauvages ou urbaines, gagnent également en présence, même si les canaux arrière restent relativement discrets. Les dialogues, eux, demeurent parfaitement intelligibles et les effets sonores s’intègrent naturellement à l’ensemble. La piste française se montre tout aussi convaincante dans son registre, avec un rendu clean et dynamique qui permet de savourer pleinement le doublage, indissociable du charme de ces comédies 80’s. Rien de révolutionnaire, donc, mais deux présentations sonores solides, équilibrées et respectueuses de l’esprit des films. À défaut de se faire entendre depuis l’autre bout du bush, Dundee n’aura pas besoin de hausser la voix pour nous convaincre.
Interactivité
Un peu attendue au tournant pour qui se souvient de DVD ne proposant qu’une simple bandes-annonce, l’interactivité est l’un des vrais atouts de ces nouvelles éditions que l’on peut d’ores et déjà qualifier de définitives. Les suppléments ont surtout le mérite de replacer Crocodile Dundee et sa suite dans leur contexte, grâce à des interventions particulièrement bienvenues de Melvin Zed, dont la connaissance du cinéma australien n’est plus à démontrer. Spécialiste passionné de la saga Mad Max (il est l’auteur de l’impressionnant pavé « Mad Max : Ultraviolence »), il est précisément le genre d’intervenant dont on aime retrouver la présence sur une édition patrimoniale. Sur le premier film, notre lascar se fend de deux interventions ô combien complémentaires : « De Paul Hogan à Mike Dundee » (34 minutes) et « L’Australie réconciliée » (38 minutes). Deux titres qui annoncent bien le programme : comprendre comment Paul Hogan a façonné son personnage, mais aussi revenir sur l’image d’une Australie longtemps réduite, au cinéma, à ses territoires hostiles et à ses figures de marginaux. L’intérêt de Melvin Zed est de ne jamais se limiter à l’anecdote de tournage ou au name-dropping. Il replace le film dans une histoire culturelle et cinématographique plus vaste, avec une érudition communicative qui donne envie de ressortir les classiques australiens de sa vidéothèque. On est loin du supplément promotionnel où trois intervenants se félicitent mutuellement pendant vingt minutes : ici, il y a du fond, des informations et une véritable envie de transmettre. De la passion et du savoir. La suite bénéficie elle aussi de son module animée par le bon Melvin. De quoi prolonger la réflexion sur l’évolution du personnage et sur le cinéma populaire australien des années 1980 en nous révélant la génèse et les secrets de Crocodile Dundee II. Les bonus plus courts complètent agréablement le programme : le premier film propose cinq minutes de scènes coupées issues du montage australien, tandis que la suite s’accompagne de petits modules de tournage, notamment à New York et dans le Territoire du Nord. Ce ne sont évidemment pas des documentaires fleuves, mais ces images permettent de jeter un œil aux coulisses et aux conditions de fabrication des films. On trouve également les bandes-annonces, toujours sympathiques pour mesurer la façon dont on vendait alors ces aventures au public.
Mais le supplément le plus intéressant du premier disque est sans doutes le film lui-même, ou plutôt sa version dite « Encore Cut ». Ce montage diffère de celui que certains d’entre nous connaissent depuis les anciennes éditions DVD. Il nous débarrasse très ostensiblement d’une blague homophobe particulièrement lourdingue, en rapport avec un travesti dans un bar et qui n’a plus sa place dans cette version. Ce n’est pas une révolution qui bouleverse l’équilibre du film, mais une modification bienvenue : la plaisanterie en question n’était ni indispensable au récit ni franchement brillante, et son absence ne fera pleurer personne, sauf peut-être quelques nostalgiques indécrottables. Une curiosité éditoriale qui mérite donc d’être signalée, surtout pour celles et ceux qui connaissent le film par cœur. Côté packaging, Le Chat Qui Fume soigne également la présentation. Les deux éditions combinent UHD 4K et Blu-ray dans un boîtier accompagné d’un fourreau cartonné reprenant l’imagerie des affiches originales. Un choix qui sied parfaitement à ces films populaires : plutôt que de leur coller une jaquette modernisée qui chercherait à les faire passer pour des productions contemporaines, l’éditeur assume leur identité graphique et leur charme rétro. Un livret de photos vient compléter chaque édition, petit bonus papier toujours appréciable à l’heure où les suppléments physiques se font parfois aussi rares que les crocodiles dans une piscine municipale.
Liste des bonus
Crocodile Dundee : « De Paul Hogan à Mike Dundee » par Melvin Z (34’), « L’Australie réconciliée » par Melvin Z (38’), Scènes coupées du montage australien (5’), Bande-annonce.
Crocodile Dundee 2 : « Crocodile Dundee 2 » par Melvin Z, Le Tournage du film (5’), Tournage en décors réels : New York (1’), Tournage en décors réels : Le Territoire du Nord (1’), Bande-annonce.







