THE APPOINTMENT

Royaume-Uni – 1981
Support : Bluray & DVD
Genre : Fantastique
Réalisateur : Lindsey C. Vickers
Acteurs : Edward Woodward, Jane Merrow, Samantha Weysom, John Judd, Alan Stuart, Auriol Goldingham, Pamela Rose…
Musique : Trevor Jones
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 89 minutes
Éditeur : Les Films du Camélia
Date de sortie : 28 octobre 2026
LE PITCH
Une entité maléfique et énigmatique plonge une famille dans la tourmente Dans l’incapacité d’assister au récital de violon de sa fille, Ian, son père, est hanté par une série de cauchemars prophétiques qui semblent annoncer une tragédie imminente. Les forces obscures se rassemblent-elles pour se déchaîner contre lui ?
Les rendez-vous manqués
Pendant longtemps peu de personnes savaient même qu’un film nommé The Appointment avait été produit en Angleterre en 1981. Une naissance chaotique, une diffusion plus qu’anémique et une disparition totale des écrans en aura fait une curiosité et un film maudit jusqu’à sa « résurrection » miraculeuse en 2022, permettant enfin de découvrir un très joli film fantastique et un cinéaste qui aurait certainement pu devenir plus important.
Le nom de Lindsey C. Vickers ne sera donc pas resté à la postérité, et pourtant ses débuts étaient des plus encourageants avec des postes d’assistant réalisateur remarqué sur le Grand Prix de John Frankenheimer et sa solide présence dans la dernière grande période de la Hammer sur des classiques du genre comme Une Messe pour Dracula, Les Horreurs de Frankenstein ou Le Cirque des vampires. Suivit d’ailleurs dans la foulée un court métrage très réussi, The Lake, qui déjà affirmait un style très particulier, une inquiétante étrangeté reposant énormément sur le son et un surnaturel insaisissable. L’arrivé d’un projet comme le programme A Step in the Wrong Direction pour la télévision britannique était alors d’autant plus alléchante qu’il devait prendre en charge une bonne partie des 13 téléfilms, les écrire et les réaliser. Mais suites à des soucis de productions en coulisses et des désaccords avec la chaine, le programme se voit annulé et même si la production se verra gonflé un temps pour une sortie salle, celle-ci aussi tombera à l’eau. Le film achevé sera rapidement exploité en vidéo et passera par surprise à la télévision en 1990, mais même son auteur ne pourra le revoir à cause d’une importante coupure électrique.
Filmer l’invisible
Un film maudit et une expérience amère qui auront d’ailleurs conduit Lindsey C. Vickers à se désintéresser définitivement du cinéma. D’autant plus dommage qu’il parait évident aujourd’hui que l’objet possède une sacré personnalité. Film purement fantastique et reposant donc sur un doute planant, un mystère inexplicable qui se loge dans le détails de quelques dialogues, de quelques images, The Appointment transforme une scène absolument anodine d’un père annonçant à sa fille qu’il ne pourra être présent à son récital de violon en lente plongée dans un lent cauchemar, planant, glissant où la chronologie des évènements semble bousculer la logique, et où les regards d’une adolescente deviennent curieusement menaçant. La nuit qui précédent ce « rendez-vous » mélange même les rêves des uns et des autres, les visions de chiens envahissant le jardin et d’un accident de voiture qui semble inéluctable. La force de The Appointment est moins dans son scénario (limité), son rythme (un peu lâche) et son interprétation (en dehors de Edward Woodward, aka The Equalizer, ça manque de d’intensité), que dans sa structure assez fascinante où la nature et les objets semblent imposer leur pouvoir sur le drame annoncé. Il y a quelque-chose de Nicholas Roeg (Ne Vous retournez pas) dans cette omniprésence de la mort, d’une présence païenne, constamment sublimés par le travail sur le montage, visuel et sonore.
L’aspect presque expérimental, annonçant à sa façon quelques accents lynchien, peut sembler aujourd’hui un peu maladroit, mais Lindsey C. Vickers déploie un vrai regard, une tonalité très personnelle et impressionne définitivement par deux séquences particulièrement marquantes : le fameux accident de voitures dont la dilatation en devient hypnotique et cette curieuse ouverture, contée comme un fait divers déconnecté du reste du film, qui risque aujourd’hui encore d’en faire sursauter plus d’un.
Est-ce que la carrière de Lindsey C. Vickers aurait été différente si le film avait été projeté en salle comme il le devait ? A la redécouverte de The Appointment cela semble en effet une évidence.
Image
Film perdu, puis retrouvé mais dans des conditions vidéos calamiteuses, ce n’est qu’en 2022 que la BFI a réussi à dégotter une source américaine, une cassette professionnelle 1 pouce cachée dans les archives de Sony, permettant une diffusion plus satisfaisante. Cela reste tout de même une restauration effectuée à partir d’une source VHS, avec lignes entrelacées, couleurs parfois baveuses, définition limitée et profondeur absente. Cependant l’éditeur anglais a fait de son mieux pour raffermir le tout, nettoyer les défauts les plus manifestes (taches, dégradations…) et s’approcher au plus près possible d’une qualité, euh cinéma. On est loin cependant de ce qu’aurait pu donner une restauration effectuée à partir des négatifs 35mm. Mais ceux-ci sont perdus depuis longtemps.
Son
La piste son a beaucoup moins pâtis de ses origines modestes et profite d’un DTS HD Master Audio 2.0 tout à fait clair et assez équilibré avec des voix bien posées et des effets sonores présents et incarnées.
Interactivité
Seconde édition pour The Appointement chez Les Films du Camélia avec un fin digipack plus sobre et qui ne contient donc plus l’ancien épais livret. Reste tout de même sur le Bluray et le DVD les bonus vidéos hérités de l’éditeur anglais à commencer par une longue mais passionnante interview du réalisateur qui revient sur sa carrière, son court métrage The Lake, son regard sur l’invisible, la production de The Appointment et plus généralement des contacts avec un métier abîmé par de nombreuses personnes malhonnêtes et une carrière personnelle qui aura souvent jouée de malchance. On le sent triste d’être passé à coté d’une filmographie plus fournie. La discussion se poursuit avec Vickers commentant des photos du tournage en profitant pour décrire plus précisément sa relation avec les acteurs ou la mise en place de l’accident de voiture. Il revient une troisième fois, cette fois-ci avec son épouse, qu’il rencontra sur le tournage de l’un des Dracula de la Hammer où elle était venue régler la perruque de Christopher Lee. Tous deux se souviennent aussi avoir raté la diffusion de The Appointment à la télévision à cause d’une coupure de courant.
Enfin le programme s’achève par l’excellent court métrage The Lake, restauré lui à partir de la source filmique, qui annonce par sa mise en scène, son montage et son ambiance toutes les qualités à venir dans The Appointment.
Liste des bonus
The Lake: court métrage inédit de Lindsey C. Vickers (1978, 33′), « Vickers par Vickers » (41′), Le tournage du film (19′), « Une rencontre partagée » (7′), Bande-annonce.






