OBSCURANTIS T.1

France – 2026
Genre : Aventure
Dessinateur : Denis Falque
Scénariste : Didier Convard
Nombre de pages : 56
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 7 octobre 2026
LE PITCH
Dans la mégapole oppressante de la Mère Croyante, Galad, marin désabusé, assiste impuissant à l’exécution d’Aân Ji, la femme qu’il aime. Lorsque son âme réapparaît pour le guider, il découvre l’étendue du mensonge religieux qui régit son monde : un clergé totalitaire, une Résistance clandestine, des cargaisons secrètes et un complot millénaire. Entraîné malgré lui dans une fuite à travers fleuve et jungle, Galad rejoint un peuple oublié et rebelle, les Recueilleurs, qui détiennent d’anciens secrets capables d’abattre l’ordre théocratique.
En attendant la lumière
Duo central de la grande saga du Triangle Secret, dérivée en multiples séries parallèles dont le dernier tome de Recticando est prévu pour ce mois de novembre, Didier Convard et Denis Falque se sont offert une petite bouffée d’air frais avec Obscurantis qui s’écarte, à priori, des grands complots mystiques pour s’intéresser à une aventure aux accents plus fantasy.
A ces séries d’albums directement inscrits dans notre Histoire et les nombreux secrets de loges obscures, le monde d’Obscurantis répond par un univers hors du temps, au carrefour entre une antiquité résistante et une organisation médiévale déjà bien verrouillée par un ordre religieux omniprésent, mais avec un décor naturel qui se rapprochait plus de l’Amérique du Sud. Autre planète ? Bonne vieille Terre jouant les éternels recommencement après un effondrement quelconque ? Pure liberté imaginaire de l’auteur ? Ce dernier se garde bien de donner toutes les clefs de son histoire, la laissant se révéler doucement au gré des découvertes de son protagoniste central, Galad, marin anticlérical qui vient de voir son amante se faire exécuter sur la place publique par le régime théocratique en place. Un ordre religieux totalitaire qui oppresse d’une main de fer la population et le maintient dans une forme d’obscurantisme évident. Alors qu’il doit aider à transporter une étrange cargaison faite d’objets d’un métal inconnu, Galad met le pied sans le vouloir dans les premiers actes de résistances engagés par des tribus éloignées des grandes citées.
Les secrets du culte
Les éléments se mettent sobrement mais solidement en place, avec une petite dose de mystique supplémentaire et une vision politique aussi évidente que marquante. Le récit est en ce sens relativement balisé dans sa construction et sa narration, mais se montre tout à fait efficace pour capter l’attention, délivrer quelques indices, questions supplémentaires et développer un décor riche en potentiel. Didier Convard retrouve donc ici son illustrateur favori en la personne de Denis Falque toujours autant à même de donner la pleine mesure des visions de ce dernier. Si on peut toujours être un peu moins séduit par ses dessins de personnages, pas toujours égaux, aux anatomies changeantes et aux expressions un peu basiques, ce dernier déploie à nouveau une science imposante dans le fourmillement de ses planches, la grandeur de certains décors (citées, temples, jungles…) et délivre même quelques designs inédits très intéressants dans ce monde reconstitué. Son découpage est plutôt sobre, mais bien rythmé, et doit effectivement souvent concentrer de nombreuses informations, textuelles et dessinées. Cela donne un album relativement classique, pour ne pas dire traditionnel, en apparence mais dont l’exotisme post-SF et la charge anticlérical manifeste d’une identité nettement plus frondeuse.
Annoncé comme une future trilogie dont les deux autres albums devraient sortir sur un peu moins de douze mois, Obscurantis ne frappe pas forcément comme un choc ou une révélation, mais installe une réflexion intéressante qu’il serait effectivement intéressant de poursuivre.



