CAPES T.1

Capes #1-5 – Etats-Unis – 2003 / 2025
Genre : Super-héros
Dessinateur : Mark Englert
Scénariste : Robert Kirkman
Nombre de pages : 151
Éditeur : Delcourt
Date de sortie : 24 septembre 2026
LE PITCH
Bienvenue chez Capes Inc., l’employeur de vos super-héros préférés qui protègent New York contre des pires menaces… du moins tant qu’ils sont payés pour cela ! Ces nouveaux super-héros – payés à l’heure – font des pauses syndicales et discutent conditions de travail. Ils s’appellent BOLT, KID THOR, KNOCK OUT, CAPTAIN COSMIC, CLAIRE VOYANT, BIG BRAIN ou encore COMMANDER CAPITALISME !
Les un peu Invincibles
L’univers Invincible revient en force. Après les débuts de la toute nouvelle saga cosmique consacré à Battle Beast dans la série du même nom, Robert Kirkman propose un nouveau titre dans la foulée : Capes. Enfin repropose puisqu’il s’agit d’un titre qui avait connu une première version il y a plus de vingt ans, aux tous débuts d’Invincible.
Inédit en France et plutôt rare aux USA, Capes avait donc pris initialement la forme de trois fascicules complétés par trois chapitres spéciaux qui n’avaient alors pas connus un engouement colossal à leurs premières publications. Mais depuis le lancement de la très réussie adaptation animée d’Invincible sur Amazon Prime et même l’apparition de quelques personnages de cette fameuse Capes Inc. dans les épisodes, le scénariste s’est dit qu’il était peut-être temps de relancer le concept, à commencer par une réédition des pages existantes. Désormais passé plutôt du cotés des cover artist, Mark Englert rempile aux dessins mais va pousser nettement plus loin que la simple re-colorisation demandée initialement, se lançant dans une totale refonte graphique aux contours nettement plus réalistes, avant de faire machine arrière et trouver un entre-deux entre un graphisme plus mature et pointu et la caricature toujours bien présente d’un monde super-héroïque très marqué par les 90. On se croirait parfois dans un comics signé Erik Larsen ou Rob Liefield, avec toutes les exagérations anatomiques et les postures ultra dynamiques et improbables que cela induit. C’est que plus encore que la série mère, l’idée de Capes est de jouer avec les codes du genre, placer tous les clichés des mondes super-héroïques dans un shaker et en régurgiter la version la plus colorée et factuelle possible.
Promotion flash
Comme une sorte de Top 10 mais où la multiplication de héros costumés confinerait à une normalisation totale où une poignée d’élus seraient embauchés comme des agents de surveillances pointant le matin, papotant boulot et famille à la machine à café avant de se faire engueuler par un patron au crane difforme. Parmi tous ces personnages vaguement puissants et surtout limite caricaturaux (Commander Capitalisme est une idée formidable), on reconnait aisément les clin d’œil appuyés aux cadors de Marvel et DC, mais aussi un certain esprit parodique à la The Office ou Brooklyn Nine-Nine, où finalement combattre le crime, résoudre une énième crise planétaire reste un boulot comme les autres avec ses collègues lourds, ses amourettes de bureau, les promotions qui tombent toujours sur les mêmes et une direction qui cache bien ses motivations profondes aux employés. Tout l’esprit de Capes repose sur ce contraste entre le spectaculaire, et la violence parfois expéditive, d’affrontements entre demi-dieux (pour ceux qui survivent) et des vilains ultra puissants (le crocodile géant renvoyant à certains des meilleurs épisodes des 4 Fantastiques mais aussi Shazam), et des personnages profondément terre-à-terre, dont un charmant couple échangiste qui manifestement gène tout le monde.
Avec ces six premiers épisodes revus et corrigés par Mark Englert, Robert Kirkman ne va pas beaucoup plus loin que cette farce pas vraiment féroce mais plutôt plaisante, versant un peu ridicule du plus classe Invincible, qui tourne un peu autour de son concept sans vraiment le pousser encore très loin. A voir maintenant si avec cette série qui repart de plus belle, l’auteur va s’appuyer sur certains de ses accents les plus dramatiques (la trahison particulièrement cynique du fondateur de Capes Inc. par exemple) pour emmener Capes vers une tonalité un peu plus acide ou allumé pour passer à la vitesse supérieure.



