HER VENGEANCE & THE CAT

血玫瑰, 衛斯理之老貓 – Hong-Kong, Japon – 1988, 1991
Support : Bluray
Genre : Action, Thriller, Fantastique
Réalisateur : Ngai Choi Lam
Acteurs : Siu-Fung Wong, Ching-Ing Lam, Elaine Jin, Kelvin Wong, Shing Fui-On, Gloria Yip, Waise Lee, Christine Ng…
Musique : Philip Chan, Shunsuke Kikuchi
Image : 1.85 16/9
Son : Cantonais DTS Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 92 et 89 minutes
Editeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : mars 2026
LE PITCH
Her Vengeance : Hôtesse dans une boîte de nuit, Ying est agressée un soir par des ivrognes qui la battent et la violent sauvagement. Cherchant à se venger, elle fait appel à un ancien membre de la triade désormais confiné dans un fauteuil roulant. Bien que réticent à l’aider dans sa quête de vengeance, il lui offre un emploi dans son bar. Mais, peu après, Ying rencontre l’un de ses agresseurs et le tue…
The Cat : Quand son ami Li Tung lui conte sa mésaventure avec ses ex-voisins, un vieil homme, accompagné d’une jeune femme et d’un chat noir dans l’appartement desquels il a retrouvé des boyaux sanglants de chat, Wei Si-Lei, écrivain, est quelque peu intrigué. Mais quand il retrouve des poils de chat au musée historique de Hong Kong où deux gardiens ont trouvé la mort lors du vol d’un étrange artefact, Wei fait le lien et plonge dans cette affaire nébuleuse…
Les chattes sauvages
En seulement une petite dizaine de films égrenés tout au long des années 80, Ngai Choi Lam est devenu un chouchou des amateurs de curiosités filmiques et un nom synonyme de what the fuck halluciné à la sauce HK. Quelques parts entre La 7eme Malédiction et Story of Ricky, le bonhomme s’est essayé aux rape & revenge brutal et au trip SF sous hallucinogène, ajoutant une série B étonnement solide et un gros nanar improbable à son palmarès.
En l’occurrence ce Her Vengeance tourné en 1988 n’est pas forcément tout à fait à l’image de la réputation du cinéaste. Si effectivement de par sa nature douteuse de rape & revenge typique de son époque et ne faisant certainement pas l’impasse sur la nudité et une violence parfaitement gratuite, il a rapidement été rangé dans la fameuse Catégorie III (finalement surtout distribué dans sa version censurée), l’essai se montre relativement sage en expérimentations et sorties de route. Dans le genre, il ferait même office d’approche solide, filmant la fameuse agression sexuelle avec une violence âpre, crue mais jamais complaisante. il illustre sérieusement le calvaire vécu par la pauvre Ying, puis restant constamment dans ce ton noir et réaliste, cette ambiance lourde et angoissante qui d’une certaine façon correspond parfaitement à l’état d’esprit d’une victime abimée, traumatisée, prête à tout pour assouvir sa vengeance sur une bande de gros machistes dégueulasses trempant dans la basse criminalité, la pornographie et les trafics divers.
Le métrage oscille alors entre véritable mélodrame et film de genre, alternant une mise en scène nerveuse, à vif, avec des séquences se tournant plus volontiers vers le film noir (éclairages rouges et bleutés à l’appui) aux accents presque gores (lames plantées dans le corps, visage brulé à l’acide…) jusqu’à un final totalement chaos où un ancien membre des triades joué par Lam Ching-Ying, visage bien connu de nombre de films de kung fu, se décide à lui venir en aide… malgré qu’il soit dans une chaise roulante ! L’esprit tordu de Ngai Choi Lam rattrape alors ce quasi-remake du Kiss Of Death de la Shaw Brothers pour un affrontement sauvage où les pièges tranchants et les mouvements du fauteuil ne tombent étrangement jamais dans le ridicule ou le too much. Sans doute l’un des films les plus « classiques » de Ngai Choi Lam qui prouve que le monsieur pouvait tout à fait emballer avec efficacité un film sans systématiquement partir en sucette.
Une folle histoire de l’espace
Produit deux ans plus tard, le beaucoup plus célèbre The Cat se situe presque aux antipodes d’Her Vengeance dans sa volonté assez hallucinante de toujours vouloir en faire plus, dans tous les sens, et n’importe comment. Il faut dire que même sans la présence du réalisateur au générique, le projet n’avait que peu de chance d’aboutir à un spectacle cohérent puisque son étrange statut de co-production impliqua un tournage parallèle de deux versions bien différentes. D’un coté le film HK que l’on connait, de l’autre un obscur métrage japonais, Neufs vies signé Mio Hani, qui en partage une petite partie du casting et les grandes scènes à effets spéciaux pour totalement reconstruire une autre aventure, policière, autour. L’avantage pour The Cat c’est de profiter de nombreux SFX et trucages divers signés par une équipe nippone plutôt rodée menée par un certain Shinji Higuchi, qui s’est depuis fait un nom avec des productions comme la trilogie Gamera, la série Nadia et le Secret de l’eau bleue ou la coréalisation de Shin Godzilla et Shin Ultraman. Des scènes qui ont en grande partie fait la réputation du film avec son alien en forme de ver géant dégoulinant comme de l’acide sur ses victimes, mais aussi cette confrontation homérique et totalement hallucinée entre un chien de garde et un chat alien en mode kung-fu.
Entre stop motion à 2 images secondes, marionnettes foireuses et effets de montages douteux, ce morceau de bravoure est à l’image du film et du cinéma de Ngai Choi Lam : absolument mal foutu mais franchement irrésistible. Pourtant ce dernier n’est arrivé sur la production qu’en cours de route, remplaçant au débauché Alex Cheung (Twinkle Twinkle Little Star) a priori totalement dépassé par le tournage bordélique, se présentant comme l’homme de la situation puisqu’il avait déjà signé cinq ans plus tôt le fameux La 7ème Malédiction adapté d’une autre aventure du même romancier / aventurier de l’étrange Wei Si Li. Et si déjà ce premier « opus » s’avèrerait un sacré boxon cinématographique, The Cat repousse les limites vers le grand guignol ahurissant, balançant des moments de comédie pour enfant, une scène pseudo érotique toute en sueurs et des plan bouche-trou où notre héros cherche désespérément l’inspiration comme d’autres ont bazardé depuis longtemps toute logique scénaristique. Le film part dans tout les sens, construit comme un collage de scènes inégales, tour à tour navrantes, hilarantes et fascinantes qui au bout d’une longue mise en place de vingt minutes assez interminables finit par s’emballer pour ne plus lâcher l’accélérateur jusqu’au final quitte à se prendre quelques murs en cours de route. Certain y voient un nanar inénarrable, d’autres un film culte hors normes, dans tous les cas c’est effectivement un véritable OFNI.
Image
Les deux films sont proposés par Le Chat qui fume dans leurs dernières remasterisation 2K en dates en provenance de Fortune Films et déjà croisé chez les collègues US de 88 Films. Pas trop d’infos comme souvent dans ces cas là sur les procédés utilisés et la nature même de la restauration, mais le résultat est là avec des cadres à chaque fois franchement propres, très stables, bien définis et creusés et une colorimétrie nettement plus chaleureuse que les diffusions fadasses sur les anciens supports vidéo. De belles surprises qui pour Her vengeance se décline au diapason sur les deux montages du film.
Son
Pas de versions doublées existantes (du moins il nous semble), les éditions se contentent alors de versions originales cantonaises rafraichies mais pas totalement dénuées de petits défauts avec quelques chuintements et légères saturations typiques du cinéma HK de l’époque. Les DTS HD Master Audio 2.0 permettent tout de même une clarté très honorable et de légères dynamiques avant pas désagréables.
Interactivité
Dans la droite lignée de l’ancienne édition de La Septième Malédiction, ces deux nouveaux opus signés Ngai Choi Lam sont glissés dans des boitiers scanavo full frame avec une jaquette reprenant une affiche d’origine, puis bien rangés dans des boitiers cartonnés du meilleurs effets avec visuel inédit signé Tony Stella.
Sur les disques proprement dit, le contenu est cependant bien distinct avec pour Her Vengeance la présence du montage censuré du film (dit Catégorie II du coup), limitant la violence et la nudité mais ajoutant quelques scènes de dialogues pour combler les manques. Lui aussi a d’ailleurs été restauré en 2K. Un peu dommage de ne pas trouver de présentation du film, mais la galette contient aussi une longue évocation de Lam Ching-Ying par Fathi Beddiar, grand amoureux de cet homme de l’ombre, acteur, cascadeur, chorégraphe et collaborateur de presque tous les grands noms de l’industrie (de Bruce Lee à John Woo), que le journaliste voit justement comme une figure incontournable de l’âge d’or du cinéma HK.
Le disque de The Cat contient lui aussi son montage alternatif, voir carrément film alternatif, avec la version japonaise qui pour le coup n’a plus grand-chose à voir, relativement mollassonne avec sa trame policière, mais qui reste une sacrée curiosité. Le film étant plus que rare, la copie est cependant très abimée et en qualité SD. La suite est plus classique avec une présentation comme toujours précise et complète signée Arnaud Lanuque et un montage de diverses interviews enregistrées par ce dernier où scénariste, assistant réalisateur, actrice et producteur reviennent sur cette expérience très atypique et ce tournage particulièrement chaotique avec autant de franchise que de tendresse.
Liste des bonus
Her vengeance : Les 2 montages du film (CAT III et CAT 2B), Lam Ching-Ying par Fathi Beddiar (35′), Bande-annonce.
The Cat : Présentation par Arnaud Lanuque (13′), « Chat Crebleu ! » : interview du scénariste Gordon Chan, de l’assistant réalisateur Sam Leong, de l’actrice Gloria Yip et du producteur CHua Lam (20’30 »), « Neuf vies » réalisé par Mio Hani, montage japonais du film (VOST, 96′), Bandes-annonces.








