RYUKYU BUCCANEER T.1

琉球バッカニア – Japon – 2024
Genre : Action, Aventure
Dessinateur : Nau Doi
Scénariste : Raimy Kamitsuki
Nombre de pages : 212
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 7 octobre 2026
LE PITCH
Japon, deuxième moitié du XIXe siècle. Muta Hanagusuku, un jeune homme issu d’une ancienne famille de samouraïs aujourd’hui déchue, chaparde de quoi manger pour palier à la pauvreté de son foyer. C’est à ce moment-là que commence à circuler la rumeur d’un énorme trésor qu’un pirate aurait caché sur une île de l’archipel Ryuku… Alors qu’il est accusé à tort d’un crime horrible, Muta se retrouve emporté dans une folle course au trésor !
Les pirates des mers du sud
Même si l’un des mangas les plus prolifiques de toute l’histoire de la BD s’inscrit bel et bien dans une dynamique de piraterie (réfléchissez, vous allez vite trouver lequel c’est), les mangas s’intéressant aux véritables pirates ne sont pas si fréquents. Bonne raison donc de plonger dans le versant japonais des caraïbes pour une chasse au trésor dans l’ère Meiji.
On ne vous refera pas le coup de la grande success story, du nouvel espoir du shonen et des promesses d’un avenir éditoriale à l’horizon infini puisque Ryukyu Buccaneer vient tout juste de s’achever au Japon au bout de son cinquième recueil. Une série assez courte en définitive, mais à priori dotée d’une vraie fin qui fut prépubliée en ligne à partir de 2024 sur le site Comic Howl des éditions Ichijinsha, mais qui saute immédiatement à l’œil justement par son approche relativement historique du récit d’aventure. Bien inscrit dans le japon du milieu du XIXe siècle, avec quelques figures historiques avérées, et surtout dans son organisation féodale prégnante et inégale, le premier tome installe effectivement un arrière-plan plutôt crédible et plein de relief qui donne une saveur très particulière à la rencontre entre Shinsen, un jeune seigneur magnanime et obsédé par la bouffe, et Muta un renégat poussé à la pauvreté par quelques trahisons. Du premier chapitre se déroulant dans la ville de Naha à l’arrivée aux pointes de l’archipel de Ryukyu, la plus au sud du Japon, le récit s’accroche forcément à cette amitié teintée d’intérêts personnels, met en avant les caractères bien tranchés de nos protagonistes, mais les intègre dans un tableau à forte consonance politiques.
Katana au clair !
C’est que depuis la découverte d’une carte indiquent la localisation du trésor mirobolant d’un ancien pirate occidental, cela s’agite beaucoup dans la région et les jeux de pouvoirs autant que les forfaitures se multiplient menaçant directement notre duo. Scénariste de Witch and Hound, Raimy Kamitsuki prend son temps pour lancer la machine, préférant s’attarder sur le chemin de Muta, ses origines, sa personnalité et sa dangerosité avant de le lancer véritablement dans le bain. Mais il sait cependant rythmer son récit en poursuites, duels assassins aux sabres et quelques notes d’humour qui donnent toujours un peu de relief au shanbara, avant que la seconde partie, prenant enfin la mer, n’installe définitivement l’ambiance générale du titre, plutôt tendue, menaçante mais n’hésitant pas à piocher dans une grammaire shonen plus typée avec des pirates d’horizons divers aux looks bien identifiables et l’apparition finale totalement improbable mais spectaculaire d’un requin géant. Sans être décoiffante, l’histoire démarre avec des bases solides et imposent un nouvel illustrateur (pour nous français), Nau Doi au style bien nerveux et assez sombre avec son encrage strié et ses décors fouillés. Les planches sont parfois un peu inégales avec quelques expressions un peu absentes sur les personnages secondaires et des arrière-plans un peu oubliés au profits de grands aplats noirs, mais le découpage est toujours assez dynamique et en tous cas tout à fait efficace lors des duels au sabre… reste à voir maintenant ce que donne un abordage dans les tomes à venir.




