BUG EGO T.1

バグエゴ – Japon – 2023
Genre : Science-Fiction
Dessinateur : Kiyoto Shitara
Scénariste : ONE
Nombre de pages :
Éditeur : Kazé Manga
Date de sortie : 7 octobre 2026
LE PITCH
Hitsujiya, un élève fraîchement arrivé au lycée, donne un jour à Kokudô, un camarade de classe solitaire, une combine bien pratique pour le sortir d’un mauvais pas. Pour le remercier en retour, Kokudô décide de lui révéler un « cheat code » qui va bouleverser sa vie banale… Hitsujiya découvre alors l’existence de failles invisibles dans notre réalité où l’impossible devient possible ! Pour exploiter ces failles, il s’agit de suivre scrupuleusement certaines règles… aussi absurdes soient-elles ! D’astuces en astuces, les deux acolytes vont se lancer des défis qui pourraient bien renverser l’ordre qui régit notre monde… Prêt à croire à l’incroyable ?
Cheated Guys
Le créateur de One Punch Man et Mob Psycho 100 revient enfin avec une nouvelle série, et c’est chez Kazé que ça se passe ! Et de manière assez prévisible Bug Ego n’est pas tout à fait un manga comme les autres… Un titre à nouveau bien tripant où l’imagination azimutée du bonhomme révèle tous les glitchs que cache notre réalité. Rien que ça.
De prime abord donc Bug Ego est avant tout l’histoire d’une nouvelle amitié entre deux lycéens. Kokudô avec sa petite taille et son physique rond et bonhomme ressemblerait presque à un enfant, et reste solitaire car souvent moqué par les autres. Hitsujiya est plus dans la « norme » du jeune héros de shonen, mais sa sociabilité est relativement contrastée par un certain niveau de naïveté voire de bêtise. Pas forcément les plus populaires du coin, pas forcément les geeks de service non plus, mais deux ados qui vont se lier autour d’un étrange cahier qui décrit par le menu de nombreux bugs qui existent tout autour de nous. Comme pour un jeu vidéo, mais dans le monde réel. Ici aussi il faut combiner quelques manipulations absurdes et compliquées pour les provoquer, mais cela n’arrêtera surement pas les deux compères, Hitsujiya se lançant dans une grande danse à poil en plein milieu du terrain de sport afin de remonter le temps et réussir son contrôle, et tous deux s’efforceront de se retrouver dans un même rêve entièrement contrôlé par leur créativité presque enfantine. Les manips sont absolument ridiculement complexes et improbables, le résultat souvent totalement foiré, voir dangereux, mais le scénariste One s’amuse manifestement comme un petit fou.
La vie, mais avec un guide du jeu
Il imagine en outre, au milieu de ces grandes expérimentations (le premier chapitre se déroule sur 40 ans tout de même !), des tonnes de petits bugs dans la matrice allant d’ombres décalées, de parapluies qui réapparaissent à une étrange statue de bois qui avale une copie de l’aura de ses victimes… Sans oublier quelques gags reposant sur les problèmes de colique et de constipation de nos deux braves garçons. Un bon gros délire, presque une parodie du superbe sketch de Koji Morimoto pour Animatrix mais en tout cas une proposition profondément originale où l’on discerne déjà cependant des consonances plus sombres en devenir, une curieuse entité venant envahir leur rêve et le transformer en cauchemar particulièrement douloureux et le cahier lui-même contenant de nombreuses mises en garde contre des bugs « interdits ». Entre comédie nonsensique, grande défonce à l’imagination et chronique adolescente plus sensible, le dessinateur Kiyoto Shitara (Katagi Modoshi – The Soul Cleaner) se montre particulièrement habile à alterner et mêler les types d’illustrations passant d’une ligne claire et épurée à des déformations comiques puis à des expressions, angles de déformations et textures nettement plus réalistes en fonction du délire du moment. On n’est jamais ici dans la grande farce, jamais non plus dans une forme plus sérieuse, toujours dans un entre-deux aux multiples variations permettant justement à Bug Ego de pouvoir partir dans toutes les directions possibles.
One nous signe donc à nouveau un concept totalement allumé mais franchement irrésistible, au potentiel assez excitant, et profite d’une très belle prestation d’un dessinateur jusque-là plutôt discret. Au passage Kazé nous signe à nouveau une édition de qualité, avec en ouverture les deux pages couleurs sur papier glacé, et propose pour les collectionneurs quelques éditions limitées avec jaquettes réversibles disponibles à la FNAC ou dans les librairies Momie.




