HAPPY SEX

France – 2009/2019
Genre : Humour, Érotique
Scénariste et illustrateur : Zep
Nombre de pages : 123
Éditeur : Delcourt
Date de Sortie : 15 octobre 2026
LE PITCH
Zep nous montre TOUT ce que la vie sexuelle peut avoir d’insolite, d’embarrassant et de réjouissant ! Des moments hauts en couleur pour une savoureuse galerie de personnages dans lesquels on pourrait bien se reconnaître…
« Ce n’est pas sale! »
Désormais considéré, à juste titre, comme des petits classiques de l’humour coquin en BD, les deux tomes du Happy Sex de Zep sont de retour dans une nouvelle édition reliée. L’occasion de replonger dans les petits fantasmes bien innocents mais souvent gentiment ridicules de nos contemporains avec tout le savoir-faire d’un auteur qui a toujours eu un regard charmant sur le « zizi sexuel ».
Mine de rien, même si l’illustrateur avait déjà livré quelques planches autour de la musique ou lancé les mésaventures d’un certain Captain Biceps, lorsque sort en 2009 l’album pou adulte Happy Sex, il est pour tout le monde le papa du rigolo Titeuf. Un auteur pour série enfants donc, et ce même si justement cette les aventures de ce gamin plein de conneries lui avait déjà permis d’évoquer la sexualité à hauteur d’enfant. Quelques gags sur les questionnements bien légitimes de la bande de copains et surtout un Guide du zizi sexuel à la vulgarisation aussi touchante, joyeuse que définitivement pertinente et accessible. On peut justement voir dans Happy Sex un prolongement direct de cette démarche. Le titre est désormais à direction des adultes et des grands ados puisque les dessins ne se refusent certainement pas de capturer la nudité et les divers actes sexuels (plus ou moins acrobatiques) auxquels s’adonnent les personnages, mais on y retrouve le même regard bienveillant sur des hommes et des femmes souvent bien empotés avec leurs corps et leurs désirs. Zep ici ne juge jamais et se contente d’une certaine façon de chroniquer des rencontres amoureuses pas toujours aisées, ou les aléas de la vie de couple… dont les rapports sont toujours plus compliqué lorsque les enfants sont dans le coin par exemple. Une seule planche fera acte de rapports homosexuels (entre deux femmes et un strapon en l’occurrence), mais l’auteur aura effectivement spécifié que ce n’est pas là par désintérêt mais simplement par soucis de sincérité, par peur de trop grandes maladresses, les planches-gags n’étant pas totalement dénuées parfois de quelques notes auto-biographiques dissimulées dans la masse.
Les uns dans les autres
D’où certainement cette vision d’une masculinité souvent gentiment à la masse, particulièrement pataude, et confondant ses désirs avec ceux de madame, la performance avec l’efficacité et dont les tentatives diverses de fantaisies (le sexe au grand air, la sodomie, l’auto-fellation, les sex-toys…) virent le plus souvent à la catastrophe. Zep joue avec le sexe, s’amuse de situations ridicules mais toujours avec une certaine tendresse et fait inévitablement mouche, toujours à l’aise dans la rythmique et la précision des situations. Les planches sont souvent très drôles, font sourire voir rire plus d’une fois et gardent ces superbes dessins comiques caractéristiques, pleins de rondeurs et de caricature mais où le réalisme pointe toujours son nez dans les contours, les corps et les attitudes. Dix ans plus tard, l’auteur remit le couvert avec un seconde tome, pour le coup très attendu cette fois-ci où on note effectivement une « modernisation » du propos avec quelques planches soulignant l’envahissement des relations amoureuses et des chambres à coucher par les téléphones portables et la joie des réseaux, mais aussi une reprise de pouvoir plus manifeste encore des femmes. On s’y amuse toujours autant et il n’est pas exclue que l’on s’y reconnaissent parfois que ce soit dans ces ados qui expérimentent à tout va quitte à perdre l’essentiel de vue, dans ces couples qui tentent de pimenter le quotidien ou ces célibataires qui comblent la solitude par les joies de la fesse. Zep croque admirablement tout ce joli monde, fragile, mignon et obsédé, avec une crudité qui évite les pièges de la vulgarité.
Pas de grands sujets, pas de grandes réflexions au programme, mais en tout cas un regard plein d’humour sur une sexualité que l’on a bien trop souvent tendance à dramatiser.



