THE LAST WITCH’S STORY

最後の魔女の物語 – Japon – 2024
Genre : Comédie, Action
Dessinateur et scénariste : Kira Ito
Nombre de pages : 212
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 21 octobre 2026
LE PITCH
Megumi voyage à travers le monde pour rencontrer des sorcières de toutes origines, récolter leur histoire et surtout tenter d’en apprendre plus sur la dernière sorcière, à la fois protectrice et source de toute magie. Seulement, nul ne semble savoir ce qu’il est advenu d’elle… Quel lien unit Megumi à la dernière sorcière ?
Les guérisseuses
Nous avons découvert Ito Kira en début d’année avec les deux tomes de Idol Escape, tragédie adolescente pleine de tristesse. Glénat nous propose ici une autre de ses créations, The Last Witch’s Story, conte fantastique où affleure à nouveau cette personnalité sensible.
Le récit s’écarte pourtant clairement du réalisme contemporain voulu dans Idol Escape et de sa structure d’amitié en fuite de deux ados seuls contre tous en prenant la forme d’une enquête menée par un journaliste, Megumi, qui tente de dresser un autre portrait des sorcières. Puisqu’il s’avère que ces dernières existent, autant leur donner la parole et chaque chapitre de cette mini-série prend la forme d’une rencontre avec l’une d’elles, chacune affirmant sa propre personnalité, ses propres pouvoirs et surtout son propre parcours emprunt de tragédie. Abigail la maitresse du feu qui ne se remit jamais d’avoir été rejeté par celle qu’elle aimait, Sophia la guérisseuse qui ne put sauver celui qui lui avait permis de s’échapper des mains de l’inquisition, Heinrich et Katarina les jumeaux échappés d’un laboratoire, Charlotte qui cache sa souffrance derrière le visage de la cruauté… Toutes ont en commun d’avoir croisé le chemin de Noah, une sorcière ancienne qui veille sur les autres sorcières. A chaque fois le jeune homme fait office de témoin et permet au lecteur de revivre les différents visages de la persécution et de l’instrumentalisation de l’innocence avec cette idée toujours prégnante d’une humanité, et en particulier une masculinité, toujours prompte à faire souffrir ceux qui sont différents.
Femmes magiques
Mais The Last Witch’s Story est aussi un voyage initiatique pour le protagoniste qui ne s’est pas donné cette mission par hasard, lui-même en quête de certains secrets afin de sauver celle à qui il doit presque tout. Les histoires d’amour et d’amitiés, cachent une autre grande histoire de tendresse, de réparation dans laquelle Ito Kira manie une nouvelle fois une certaine poésie au service d’une exploration psychologique à fleur de peau où la bonté et le sens du partage sont célébré de pages en pages. Un conte pour adultes et adolescents qui aborde le fantastique comme un révélateur des sentiments plutôt que comme un genre auquel il faut se plier et explorer tous les codes. Quelques éléments de magie pointent leur nez, quelques moments plus sombres auraient pu flirter avec l’épouvante, mais le manga reste toujours en surface, délicat et fragile, comme en atteste ces illustration graciles, fluides, alternant les visions très modernes de la sorcellerie avec quelques looks plus classiques, plongeant les contours dans des ombres très prégnantes mais souvent relevées par les attitudes espiègles et enfantines de certaines sorcières. Le découpage et les cadres très proches de l’esthétique shojo jouent là aussi sur des sensations assez douces et vaporeuses qui font de la lecture un moment flottant et tout à fait charmant.




