HORROR HOSPITAL

Royaume-Uni – 1973
Support : Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Anthony Balch
Acteurs : Michael Gough, Robin Askwith, Vanesse Shaw, Dennis Price…
Musique : De Wolf
Image : 1.66 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 85 minutes
Editeur : BQHL Editions
Date de sortie : 24 septembre 2026
LE PITCH
Jason Jones, un jeune chanteur pop, prend quelques jours de repos dans le manoir de Brittlehurst, où l’on soigne les dépressifs comme lui. Là, le docteur Storm se livre à d’étranges expériences sur les cerveaux humains. En effet, il transforme les pensionnaires en véritables robots asservis à sa seule volonté. Jason et la jolie Judy vont tout faire pour neutraliser les envies de conquête de Storm.
English Horror Story
Les années 70 ne sont pas forcément tendres avec les productions fantastiques britanniques. Les films d’épouvante anglais mis en boîte sous l’égide des sociétés de production Hammer, Amicus ou encore Tyburn filent alors un mauvais coton. Après de glorieuses décennies à surfer sur la vague d’une épouvante gothique inventive, les productions de genre anglaises sont désormais marquées par un net déclin artistique.
En 1973, sort donc sur les écrans anglais cet Horror Hospital qui marque en quelque sorte les limites de ce type de productions, tout en conservant néanmoins un charme certain. Dans la clinique du docteur Storm, il se passe des choses pas très catholiques… On y accueille des jeunes êtres un peu paumés pour en faire des cobayes lobotomisés. Le refrain n’est pas très original. Les thèmes de l’enfermement, de l’aliénation, sont abordés au premier degré, dans une tradition du film fantastique que l’on retrouve également chez certains auteurs franco-espagnols comme Jean Rollin ou Jess Franco, auxquels Horror Hospital peut faire penser par instants.
Ici, le réalisateur Anthony Balch (Secrets of sex) propose un cocktail de frissons et d’érotisme, saupoudré d’une pincée de gore outrancier (des décapitations à l’aide d’un ingénieux système de lames fixées sur les portières d’une voiture), et d’un soupçon d’érotisme soft (Vanessa Shaw s’effeuille gentiment). La recette n’est pas complètement digeste, mais comme à l’accoutumée, il y a ce petit quelque chose en plus qui hisse ces films anglais au-dessus du lot. Une forme d’ambiance décalée, qui en fait une œuvre sortant du tout-venant. L’aspect irréel assumé de cet Horror Hospital, déjà provoqué par le cadre de ce manoir perdu au fin fond de la campagne anglaise, l’emporte sur toute notion de réalisme.
Des images fulgurantes jaillissent dès lors des quatre coins de cette sordide histoire : des motards cerbères entièrement vêtus de cuir, des scènes de repas avec des convives alignés et inexpressifs, ces mêmes êtres lobotomisés tentant de s’accoupler dans une atmosphère psychédélique, des séquences d’opération du cerveau en free style…
Décalage et surréalisme
On retrouve également dans Horror Hospital les faiblesses charmantes des productions anglaises des années 70 : une mise en scène pas toujours très inspirée, une interprétation « borderline », un montage à la serpe, un scénario rachitique, élaboré à quatre mains par le réalisateur et son producteur lors d’un déjeuner à Cannes… Heureusement, la présence au générique du charismatique Michael Gough (véritable « gueule » du genre avec près de 180 films au compteur dont Crimes au musée des horreurs et Batman) en savant fou travaillant sur le cerveau humain, participe à rendre le film de Anthony Balch séduisant tant le comédien porte le projet sur ses épaules, les autres membres du casting étant quant à eux dans l’esprit décalé de la chose…
Porté par un surréalisme assumé, Horror Hospital, évoque une autre œuvre dans la même veine. On ne peut s’empêcher de penser à la série The Avengers (Chapeau Melon et Bottes de cuirs pour les frenchy), qui maniait avec tellement d’ingéniosité l’intrusion du décalage et du surréalisme dans le quotidien. Le film d’Anthony Balch pourrait fort bien être vu comme un épisode d’une heure demie de la mythique série avec John Steed. Ce qui en fait une curiosité à voir…
Image
Après un ancien DVD assez fatigué et pâlot proposé il y a quelques années chez Artus Films, Horror Hospital passe entre les mains de BQHL et se dote d’une toute nouvelle copie HD bien à son aise sur le présent Bluray. L’image est extrêmement propre, stable, finement ciselée avec un piqué parfois assez impressionnant et un relief naturel très marqué. Le grain d’origine se même délicatement à l’ensemble, tandis que les couleurs se détachent du grisâtre d’autrefois pour une palette certes toujours plutôt froide, mais aussi parsemée de charmantes touches de rouges ou de noirs. Étonnant.
Son
Les pistes sonores restent attachées à leurs toutes petites stéréos, tendance monos, d’origines avec des prestations très centrales et plutôt simples. On entend bien souvent les limites du budget et un mixage qui se veut au moins efficace. La piste anglaise a été joliment nettoyée. Le doublage français, un peu plus écrasé et souffreteux rappellera à certains la bonne vieille VHS découverte en vide grenier.
Interactivité
L’édition propose comme unique supplément une présentation du film par Rafik Djoumi, un habitué de l’éditeur, qui se montre comme à chaque fois très intéressant. Ne se contentant jamais de la simple remise en contexte, il évoque effectivement l’importance de Anthony Balch dans l’histoire du cinéma fantastique pour avoir réhabilité Freaks et Haxan, sa proximité avec le producteur Richard Gordon ou sa version avortée du Festin Nu avec Mike Jagger, avant de souligner l’aspect bis et imaginatif de la série B(-) en question.
Liste des bonus
Entretien avec Rafik Djoumi, journaliste (21′).






