SUMMERTIME

Royaume-Uni – 1955
Support : Bluray
Genre : Drame
Réalisateur : David Lean
Acteurs : Katharine Hepburn, Rossano Brazzi, Isa Miranda, Darren McGavin, Mari Aldon…
Durée : 100 minutes
Image : 1.37 16/9
Son : Anglais, Français DTS HD 1.0 mono
Sous-titres : français
Editeur : Carlotta Films
Date de sortie : 20 août 2026
LE PITCH
Jane Hudson, une américaine célibataire de plus de quarante ans, réalise son rêve en allant passer ses vacances d’été à Venise. À son arrivée, chaque instant la voit s’extasier face à la beauté de la langue italienne et l’atmosphère magique de la Cité des Doges. Mais sa fascination se mue lentement en douce mélancolie, le poids de la solitude grandit en elle. Un matin, Jane entre dans le magasin d’antiquités de Renato de Rossi, un homme du même âge qu’elle, qui propose de l’initier à la vie vénitienne…
In The Mood For Love
Avant d’être le grand Lean que l’on connaît, avec ses fresques au gigantisme absolu, le petit David réalisait jadis des films à l’échelle plus humaine, mais non moins forte, dans son Angleterre natale. Summertime marque le point de jonction dans son univers.
Ce film est le dernier qu’il tournera sous bannière britannique avant de rejoindre celle, étoilée, de l’autre côté de l’Atlantique. Pour accepter cette transition en douceur, le metteur en scène opte pour sa réconciliation avec le cinéma en couleurs, abandonné quelque temps auparavant, et tourne son nouveau film dans cette ville hors du temps qu’est Venise, en Italie. De belles exigences pour sortir de sa zone de confort.
Sa réputation n’est déjà plus confidentielle. Elle a depuis longtemps traversé les frontières. Il n’aura pas fallu une longue réflexion à Katharine Hepburn pour accepter ce voyage en si brillante compagnie. David Lean est conquis. Il portera l’actrice au-delà des louanges promotionnelles, la citant tout au long de sa carrière comme l’une des plus grandes qu’il ait eu la chance de côtoyer. Hepburn est, à juste titre, de tous les plans et de tous les sentiments. Ses Vacances à Venise (titre francophone du film souvent utilisé) sont, pour son personnage, une échappatoire à sa vie monotone de secrétaire. Elle joue merveilleusement avec son image de femme de caractère et n’aura jamais mieux fait ressentir les failles de la protagoniste qu’elle interprète ici, seule dans cette ville où le romantisme pointe à chaque coin de rue. Si elle ne cherche pas le prince charmant, il ne va pas falloir beaucoup de temps pour en imaginer un sous les traits de Rossano Brazzi.
Sur la route de Venise
Lean adapte pour l’occasion une pièce d’Arthur Laurents, The Time of the Cuckoo. Pour le film, le réalisateur décide de prendre sans attendre le point de vue de son personnage principal comme une extension de sa caméra. Appareil photo vissé au cou, elle est l’œil du spectateur découvrant la lagune vénitienne, puis la ville emblématique. Chacun de ses émerveillements jouera sur le sens du cadrage du metteur en scène : une fenêtre qui s’entrebâille, une porte ouverte, un regard dirigé, ce sont autant d’images d’Épinal sur les canaux, les rues et les paysages vénitiens.
Le contraste n’en est que plus fort pour Katharine Hepburn, qui se trouve isolée dans cette ambiance romantique et pleine de vie. Si son corps semble vivant, son être intérieur s’éteint à force de mélancolie. Sa seule compagnie sera un enfant espiègle. Et quand l’amour intervient sous les allures et le charme d’un bel Italien dans son monde laconique, son aventure non consommée sera sans lendemain, mais inoubliable. Mais l’heure du retour tonne. Le point de vue a changé : les adieux sur le quai du train ne se feront plus par le biais d’un objectif, mais par le regard empli de souvenirs. Hepburn pourra revivre cette capsule intemporelle tant que son cœur s’en souviendra.
Si l’on est en droit de lui préférer son film Brève Rencontre, qui développe de nombreux points communs avec la thématique de Summertime, il s’inscrit parfaitement dans la filmographie de David Lean. Ses épopées futures n’oublieront jamais l’état intérieur de ses personnages, Lawrence d’Arabie en tête. David Lean, quelle que soit l’envergure de ses films, restera un homme sensible, attentif aux remous de l’âme humaine.
Image
Bénéficiant de sa ressortie chez Criterion en 4K, c’est au tour de Carlotta de nous proposer à nouveau le film. Les imperfections du master de 2011 sont évincées au profit d’une copie à l’étalonnage plus en adéquation avec l’argentique des années 50. Le travail se voit particulièrement sur les contrastes, notamment dans les éclairages plus dessinés et dessinés des rues vénitiennes.
Son
Là aussi, nouveau master. L’ambiance et la cacophonie de cette ville magique s’inscrivent dans l’ADN de sa bande sonore. Les détails sont les bienvenus et la piste centrale joue parfaitement son équilibre même en piste mono.
Interactivité
On retrouve ici la préface de Pierre Berthomieu en guise de mise en bouche du programme. Plus rares sont les images et l’interview de David Lean pour l’émission de la CBC, « Close-up », enregistrée en 1963. Tout en classe purement britannique, le réalisateur s’attarde particulièrement sur ses débuts et son amour naissant pour le septième art.
Liste des bonus
Préface de Pierre Berthomieu, spécialiste du cinéma hollywoodien (8′), Entretien avec David Lean dans l’émission « Close-Up » 1963 (22′), Bande-annonce (2′).






