LES MAITRES DE L’UNIVERS

Masters of the Universe – Etats-Unis – 2026
Genre : Fantastique, Action
Réalisateur : Travis Knight
Acteurs : Nicholas Galitzine, Camila Mendes, Idris Elba, Jared Leto, Alison Brie, Morena Baccarin, Jóhannes Haukur Jóhannesson, James Purefoy…
Musique : Daniel Pemberton
Durée : 140 minutes
Distributeur : Amazon Prime
Date de sortie : 22 juillet 2026
LE PITCH
À l’âge de 10 ans, le Prince Adam s’écrase sur Terre, la planète d’origine de sa mère, la Reine Marlena. 15 ans plus tard, il retrouve son épée magique, L’Épée du Pouvoir, et devient le héros Musclor. Il retourne alors sur Eternia, sa planète natale, pour sauver la population du terrible Skeletor.
He-Man-Him-The
Victime d’une gestation et d’une exploitation salles US particulièrement difficile, Les Maitres de l’univers nouvelle génération atterrit directement sur Amazon Prime en France. Une belle prise pour la plateforme qui crée alors l’évènement, mais un sale coup de plus pour ce délire fantasy « rétro mais pas que » qui, mine de rien, valait bien un Marvel de plus sur grand écran.
Licence toujours aussi lucrative en produits dérivés (les gammes de jouets n’en finissent plus de revenir) et auréolée de récentes reprises en animation, dont une suite de la vieille série orchestrée par Kevin Smith, Les Maitres de l’univers a connu une trajectoire plus difficile au cinéma. Cette seconde itération en l’occirence est en gestation à Hollywood depuis plus de quinze ans. Tout le monde ou presque y a jeté un œil, les studios ont joués à la patate chaude passant de Sony à Netflix puis finalement à la MGM détenue par Amazon. Ce type de projet finit souvent par donner naissance à des catastrophes industrielles et c’est plus ou moins ce que laisserait entendre le score catastrophique du film sur les écrans américains (à peine 114 millions de dollars récoltés pour un budget estimé à près de 200 millions) et le rétropédalage des distributeurs à l’étranger. Le principal souci du métrage est de savoir à qui il s’adresse et pour qui il peut être facilement marqueté. Car ici Travis Knight, réalisateur du joli Kubo et l’armure magique mais aussi du crétin Bumblebee, s’efforce constamment de mélanger la chèvre et le choux, de tirer des liens entre la vieille génération gavée de cartoons Filmation et ceux découvrant les dernières itérations (animées mais aussi comics), les collectionneurs de figurines geek et les nouvelles générations qui en connaissent surtout les mèmes, ceux qui espèrent une adaptation fidèle et ceux qui se frisent déjà la moustache des débordements craignos à venir.
Dans la pomme Adam
Un gros cocktail bien secoué, bourré de clins d’œil (souvent très bien placés) et de fan service pointu, mais qui aussi s’efforce constamment de prendre son sujet avec une certaine distance. Étonnant alors de voir un lore souvent respecté avec beaucoup de chaleur et tendresse, de la photographie qui pique les yeux aux costumes et look improbables des personnages (mention spéciale à Mekaneck) jusque dans une mythologie qui croise toujours aussi allègrement Heroic Fantasy et SF absurde, cohabitant avec une ironie bien ciblée qui se moque, gentiment, des clichés et de certains codes de représentations datés. Plus que jamais Adam, gentiment crétin, cherche à apporter la paix par le dialogue et la main tendu vers l’autre, tandis que les notions de virilité et de puissance physique sont plus que chahuté dans des dialogues qui manient constamment le second degré, avec quelques bonnes lourdeurs il faut le reconnaitre. Les Maitres de l’univers n’est pas une parodie, mais bien une comédie fantastique qui s’amuse avec les personnages de notre enfance (enfin pour les plus vieux) et les codes narratifs d’une époque révolue : les années 80 : de l’image ahurissante de l’équipe de héros qui rient à gorge déployée comme dans le final d’un épisode au délires mégalomaniaques d’un Skeletor plus théâtral que jamais (Jared Leto s’en donne à cœur joie) en passant par des flashes de lumières électriques et l’un des plus grands tubes de Queen… On se croirait parfois en plein remake de Flash Gordon ! Un film qui déjà à son époque embrassait ses aspects les plus ridicules et en faisait une force et qui semble servir de maitre étalons à cette révision des aventures de Musclor.
Généreux en conneries autant qu’en scènes d’action synthétiques du niveau de la plupart des blockbusters américains de ces dernières années (à la Marvel quoi), Les Maitres de l’univers version 2026 s’avère une assez bonne surprise, assumant jusqu’au bout la carte de la dérision sans jamais trahir le matériau d’origine, dépassant dès lors aisément la tentative maladroite de 1987 par une Cannon déclinante.







