LA FIN D’OAK STREET

The End Of Oak Street – Etats-Unis – 2026
Genre : Fantastique
Réalisateur : David Robert Mitchell
Acteurs : Anne Hathaway, Ewan McGregor, Maisy Stella, Christian Convery, Jordan Alexa Davis, P.J. Byrne…
Musique : Michael Giacchino
Durée : 100 minutes
Distributeur : Warner Bros Pictures
Date de sortie : 12 août 2026
LE PITCH
Suite à un étrange événement cosmique, le quartier d’Oak Street se retrouve transporté en un lieu mystérieux. Les Platt, qui ne reconnaissent plus leur environnement familier, ne tardent pas à comprendre qu’il leur faut absolument rester unis s’ils veulent s’en sortir…
Un autre temps
Totalement éclipsé par le raz de marée du dernier opus de Spider-Man, La Fin d’Oak Street aurait dû être le film de l’été 2006. Le retour à un esprit popcorn, à un cinéma d’aventure fantastique assez grand public mais jamais naïf, mais aussi du réalisateur du mémorable et novateur It Follows.
Un peu perdu dans les méandres des projets hollywoodiens depuis son dernier et cryptique Under the Silver Lake, avec entre autre un film de super-héros à la mode abandonné en cours de route, David Robert Mitchell s’inscrit certes dans une certaine logique de studio avec La Fin d’Oak Street (des stars, des dinos, des moyens…) mais reste finalement dans la droite lignée de sa nostalgie flottante, liée à l’enfance autant qu’à une certaine cinéphilie, qui agitait déjà le tendre et hypnotique The Myth of the American Sleepover. Avec ses longs travellings dans les ruelles d’une banlieue américaine du début des années 80, ses petites maisonnées colorées et sa population en short et polo trop serrés, le réalisateur renvoie inévitablement à un certain fantasme rétro bien trop galvaudé ces dernières années par des production comme Strangers Things, régurgitant ses clichés sans les réinterpréter. Produit par le J.J. Abrams de Super 8, La Fin d’Oak Street renoue alors bien évidemment avec toute une culture du blockbuster estival des belles années, et donc plus directement avec l’esprit des productions Amblin et des débuts de Steven Spielberg.
Primal World
Mais il ne confond jamais fantastique et mièvrerie, divertissement familial et autocensure, plongeant à bras le corps dans les mêmes tensions qui pouvaient naitre du visionnage d’un Les Dents de la mer, les mêmes jaillissements de cruauté qui donnaient tant de relief à des films comme Indiana Jones et le temple maudit ou Poltergeist et la même manière de gratter sous la surface de cette vitrine idéalisée du suburbs. Comme dans E.T. et sa mère en pleine séparation, Gremlins et sa famille au bord de la ruine, La Fin d’Oak Street s’attache à une famille qui ploie sous le quotidien, les regrets et les difficultés financières, faisant de leur lente mais significative reconstruction un vrai coeur émotionnel et non un simple alibi scénaristique. A ce titre, Anne Athaway, déjà exceptionnelle dans L’Odyssée de Nolan, démontre une nouvelle fois tout l’étendue de son jeu, tirant clairement le reste de la petite famille, Ewan McGregor itou, vers le haut. Un socle solide pour un film qui repose sur un postulat totalement absurde et délirant digne d’un Amazing Stories, où tout un quartier se retrouve propulsée en pleine ère préhistorique. La fable se transforme vite en véritable cauchemar et les dinosaures ici tiennent moins des versions iconisée et sublimée des Jurassic Park, que de véritables bêtes sauvages, plus proches des dernières théories scientifiques mais avec un supplément de voracité renvoyant aux vieilles cartes à collectionner Topps Dinosaurs Attack : graphiques, méchantes, parfois gores et toujours portées par un humour sacrément noir.
Efficace et glissant toujours vers l’étrangeté éthérée qui a fait sa marque, David Robert Mitchell offre un spectacle terriblement fun, mais aussi constamment prêt à tomber du coté d’une oeuvre nettement plus dérangeant et horrifique, trouvant une ligne d’équilibre réjouissante… jusqu’à ce fameux épilogue, curieusement naïf, happy-end aux airs forcés et bazardant le paradoxe temporel par la fenêtre. Un pied-de-nez final totalement assumé ou une marque des nombreuses réécritures imposées par une Warner un peu frileuse ? Peut-être qu’une future interview ou un commentaire audio nous le dira… Mais dans tous les cas, le cinéma de David Robert Mitchell séduits toujours autant par son statut d’anomalie.







