INDIANA JONES ET LE CERCLE ANCIEN

Indiana Jones and the Great Circle – Etats-Unis – 2024
Support : Playstation 5, Xbox Series, PC, Nintendo Switch2
Genre : Aventure, Action, FPS
Développeur : MachineGames
Musique : Gordy Haab
Durée de jeu : Moyenne
Langue : Français et Anglais (voix et textes)
Editeur : Bethesda Softworks
Date de sortie : 12 mai 2026
LE PITCH
Nous sommes en 1937, des forces obscures parcourent le globe à la recherche du secret d’un pouvoir ancestral lié au Cercle Ancien, et une seule personne est capable de les arrêter : Indiana Jones.
Les aventuriers du game retrouvé
Ce brave Indiana Jones revient toujours par là où on ne l’attendait pas. Si le dernier long métrage (sans Spielberg, ceci expliquant cela) a laissé un souvenir mitigé, c’est finalement du coté des jeux vidéo que l’archéologue retrouve vraiment de sa superbe. Dix-sept ans après le sympathique Indiana Jones et le Sceptre des rois (sur Wii et PS3), l’aventure retrouve enfin son vrai nom !
Se situant juste après les évènements décrit dans Les Aventurier de l’Arche perdu, Le Cercle ancien envoie donc cet archéologue de l’extrême sur les traces d’un nouveau mystère issu de nos anciennes mythologies. Celui d’un cercle qui pourrait réunir la plupart des grands sites religieux et spirituels disséminés sur le globe et qui dissimulerait forcément un grand secret, témoins d’une civilisation perdue ou d’une source de pouvoir incommensurable… Que les auteurs se sont amusés à lier au mythe des Néphilims, ce peuple de géants qui auraient pu fouler la terre avant l’humanité. Un cadre à la hauteur d’Indy et qui permet de le trimbaler allègrement des superbes rues du Vatican jusqu’à la jungle thaïlandaise en passant par le désert égyptien et même un passage en forme de morceau de bravoure des cimes de l’Himalaya aux rues de Shanghai sous le bombardement japonais. Le récit plonge généreusement dans ce monde chaotique pré-Seconde Guerre Mondiale, déjà tout prêt de basculer, et permet au passage aux développeurs de MachineGame (les derniers Wolfenstein) de retrouver l’une de leur veille marotte : le cassage de nazis. Tous l’esprit des films estampillés Spielby / Lucas est admirablement retranscrit ici, que ce soit dans un gameplay qui privilégie largement les castagnes au poing plutôt que les échanges de coups de feu (peu précis, puissant et qui sonnent l’alarme alentour), les mimiques et l’énergie bien typée des dialogues (mention spéciale au doublage français) et bien entendu ce mélange de contexte historique réaliste constamment plié à l’esprit pulp et fantastique des vieux films d’aventures.
Un bon coup de fouet
D’ailleurs les petits tics du personnage, comme la récupération in extremis du chapeau ou l’utilisation du fouet, ne sont pas ici de simples mimiques, mais bien des éléments de gameplay, l’un permettant de redonner potentiellement un second souffle au héros, l’autre de repousser les ennemis (ou leur piquer leur arme) tout autant que de s’accrocher à des zones inaccessibles sans. Indiana Jones et le cercle ancien montre un soin tout particulier dans son écriture, visant constamment les cimes des modèles cinématographiques, offrant une vraie importance aux dialogues donc, mais aussi à la création de personnages secondaires charismatique et hauts en couleurs. L’arrivée de soldats fascistes italiens, avec une apparition en guest de ce cher Mussolini, est tout à fait appréciable mais c’est véritablement l’archéologue nazi Emmerich Voss, modèle de sadisme, prêt à tout, affichant un terrible sourire carnassier particulièrement inquiétant qui fait forte impression. La Indy-Girl du récit, la journaliste Gina sur les traces d’une sœur disparu, se montre aussi tout à fait sympathique et ses petites joutes avec Indy ajoutent une bonne dose de piquant à l’ensemble. Une énergie que l’on retrouve tout au long de la course-poursuite principale, bourrée de rebondissement et de scènes jouables cinématiques spectaculaires en diables, mais aussi dans la multitude de recherches aux trésors secondaires, dont certaines plutôt costaudes, qui poussent constamment à l’exploration des trois grandes cartes « libre » du soft.
Sa place ne sera jamais dans un musé
Des artefacts à ne plus savoir qu’en faire (et certains sont nécessaires pour débloquer la fin complète) mais aussi diverses photos à capturer, des personnages à rencontrer et des livres à débloquer, ces derniers permettant de débloquer les améliorations du protagoniste ainsi que de nouvelles capacités physiques. Même si certains allers-retours semblent parfois un peu artificiels, que les nombreuses énigmes disposées de manière régulière sur le chemin (anciens pièges et mécanismes, codes de coffres-forts…) manquent de challenge et que les bagarres en mode FPS ne sont forcément pas aux goûts de tout le monde, le jeu est particulièrement fluide dans son déroulé, bien rythmé et alterne très efficacement les passages quasiment touristiques, les séquences de plateformes, la comédie, les casse-têtes et l’action.
On ne cachera pas cependant que depuis sa sortie sur les premières consoles, le soft a montré quelques soucis évidents dans l’IA de ses ennemis (aux réactions assez limités), des personnages pas toujours des plus expressifs, de bonnes poignées de bugs divers (affichages, physiques) et même quelques plantages drastiques, semble-t-il presque accentués encore sur la plus petite Nintendo Switch 2. Gênant, mais pas forcément de quoi gâcher véritablement la très bonne direction artistique retrouvant là encore les teintes chaudes et rétro de la photographie des films, bondissant sur les compositions évocatrices de Gordy Haab (qui évite le piège des trop nombreuses reprises des thèmes connus), affichant de superbes modélisations de décors et des effets de lumières à la Darius Khondji.
Un Indiana Jones qui a de la gueule et rend un brillant hommage à ses inoubliables modèles du grand écran, mais qui sait justement adapter ce respect à une véritable expérience vidéoludique, redonnant un nouveau souffle à ces jeux d’aventure-libre dont Indiana Jones a de toute façon toujours été le modèle avoué. Il faut rendre à Indy ce qui appartient à Indy.







