SUPERGIRL

États-Unis – 2026
Genre : Super-héros, Fantastique
Réalisateur : Craig Gillespie
Acteurs : Milly Alcock, Matthias Schoenaerts, Eve Ridley, David Corenswet, Jason Momoa…
Musique : Claudia Sarne
Durée : 110 minutes
Distributeur : Warner Bros Pictures
Date de sortie : 1 juillet 2026
LE PITCH
Kara voyage à travers l’espace avec Krypto pour fêter son 23ᵉ anniversaire. Lors d’une escale, elle rencontre Ruthye, une jeune fille dont la famille a été massacrée par le brigand Krem. Après avoir refusé de l’aider à se venger, Kara change d’avis lorsque Krem empoisonne Krypto. Pour sauver son fidèle compagnon, elle se lance à sa poursuite, accompagnée malgré elle par Ruthye.
Seule contre tous
Second grand blockbuster cinéma de la nouvelle relance de l’univers DC au cinéma, Supergirl annonçait fièrement un changement d’aiguillage, transformant la petite américaine parfaite en jeune femme rebelle, larguée et borderline loin des bonnes intentions de son fameux cousin. Mais en coulisses, ce n’est pas juste la super-héroïne qui a perdue la voie, mais toute la production qui semble avoir déraillé.
L’arrivée d’un profil comme James Gunn aux commandes d’un DCU entièrement à reconstruire avait forcément sur le papier tout pour séduire, surtout que la promesse était faite d’offrir enfin un véritable bac à jouets à toute une ribambelle de projets disparates, variants les genres et les approches avec aux commandes des cinéastes à l’esprit bien marqué. James Gunn vient de l’école Troma et il a justement réussi à s’imposer peu à peu dans un milieu hollywoodien particulièrement réfractaire au changement. Ainsi, malgré ses petits défauts évidents, son Superman s’avérait véritablement un retour aux sources du comics tout en célébrant l’esprit frondeur, et parfois bien rock’n’roll du bonhomme. Introduite justement dans les dernières minutes de son film, la Supergirl incarnée par Milly Alcock (House of the Dragon), borderline, irrespectueuse voir franchement chaos, avait tout pour donner naissance à un nouveau long métrage franchement cool et décapant. Surtout que le studio a eu la bonne idée de se tourner, pour sa principale inspiration, du côté du superbe Woman of Tomorrow de Tom King et Bilquis Evely qui soulignait déjà la difficulté pour Kara de trouver sa place derrière l’ombre de Kal-El et d’accepter sa vision totalement optimiste du monde.
L’empire du mal
Malheureusement la logique des grandes machineries comme celle du concurrent Marvel a rapidement rattrapé le projet dont les projections tests se seraient avérées catastrophiques et auraient poussé DC Studio et James Gunn à plus ou moins retirer le bébé des bras de Craig Gillespie (The Finest Hour, Moi, Tonya…) pour s’embarquer dans des désormais traditionnelles journées de reshoot et des séances de remontage intempestives qui auraient largement éloignée ce Supergirl de la vision de son réalisateur initial. Pas mieux que les autres, surtout que ces choix (changement d’une partie de la bande sonore, réduction de la caractérisation de l’antagoniste, recentrage sur les scènes d’action…) ne semblent pas être allé dans le bon sens. Comme beaucoup, ce Supergirl nous apparait alors comme une grosse machinerie franchement abimée, singeant le ton et l’univers space opera d’une certaine trilogie des Gardiens de la Galaxie (réalisés par…), rejouant les effets de mises en scènes de tous les films de super-héros récents et bien entendu peinant à imposer ses nouvelles figures au-delà de leurs simples visions iconiques. Utilisé comme un deus ex-machina récurrent, le très attendu Lobo de Jason Momoa n’est pas loin du simple fan-service et vient faire écho à d’autres astuces scénaristiques particulièrement balourdes (les excuses multiples pour réduire les pouvoirs de Supergirl…) et une caractérisation générale franchement limitée. Le film est rythmé, parfois drôle, assez divertissant, doté de quelques joliment moment vaguement punk grâce à l’attitude de Milly Alcock, mais n’arrive jamais à tirer son épingle du jeu, à trouver une identité qui lui permettrait de véritablement se démarquer.
Pourtant les points forts n’étaient pas bien loin, avec cette super-héroïne torturée par son statut de survivante (survolé malgré de longs flashbacks), par la caractérisation très masculiniste de la troupe de pillards (trois lignes de dialogues) ou tout simplement cet excellent Woman of Tomorrow qui servait de base, n’hésitant lui jamais à varier les esthétiques, à plonger dans une certaine fantasy, à multiplier les digressions poétiques et drolatiques sans jamais craindre de bousculer le lecteur. Le spectateur aussi aurait bien aimé être un peu bousculé.







