DAREDEVIL BORN AGAIN SAISON 2

États-Unis – 2026
Genre : Action, Super-héros
Créateurs : Matt Corman, Chris Ord, Dario Scardapane
Acteurs : Charlie Cox, Vincent d’Onofrio, Deborah Ann Woll, Genneya Walton, Michael Gandolfini, Nikki M. James, Camila Rodriguez, Tony Dalton…
Musique : The Newton Brothers
Durée : 8×50 minutes
Distributeur : Disney +
Date de sortie : 6 mai 2026
LE PITCH
Matt Murdock, un avocat aveugle doté de capacités extraordinaires, lutte pour la justice à travers son cabinet d’avocats en pleine effervescence. Pendant ce temps, l’ancien chef mafieux Wilson Fisk poursuit ses ambitions politiques à New York. Alors que leurs anciennes identités refont surface, les deux hommes se dirigent vers un affrontement inévitable…
Reborn At Last
Arrivé en grande pompe sur Disney + l’année dernière, Daredevil Born Again avait la lourde de tâche de faire revivre la meilleure série Marvel jamais produite… mais par Netflix. Après des débuts sympathiques mais incertains, le programme reprend du poil de la bête et fait, enfin, véritablement renaitre le Daredevil.
C’était la série par laquelle tout avait commencé : l’explosion des abonnements à Netflix, l’opportunité de transposer l’univers Marvel à la télévision, la mise en place d’un univers partagé intermédia, le retour à des super-héros urbains et un démarquage de l’entertainment presque familiale des blockbusters Disney. Les trois saisons du Daredevil de Drew Goddard avaient placé la barre tellement haute qu’aucun autre programme de l’écurie n’a encore réussi à en retrouver les hauteurs. Un regard adulte, douloureux, complexe et psychologique sur l’une des figures les plus fascinantes de Marvel (et le run de Frank Miller y est pour beaucoup) accompagné d’une nette ambition dans la mise en scène et l’interprétation en a rapidement fait un classique. Oui. Forcément, après le déménagement du catalogue du coté de Disney +, et quelques clins d’œil à droite à gauche, le studio s’est finalement penché vers une reprise de l’histoire et de cette continuité. Pas si évident que cela tant effectivement ce Daredevil là tranche plus que jamais aux cotés des autres programmes plus grand public (oui même WandaVision) et va connaitre de nombreux remaniement avec même une annulation en cours de tournage pour reprendre toute la structure de la saison (que certains rapprochaient alors d’un Ally McBeal en lycra…ouf). Des soucis de productions et des revirements de direction qui se ressentait malheureusement durant la première saison du relaunch Daredevil Born Again. Celui-ci se perdait ainsi régulièrement dans ses trames secondaires mal négociées (le serial killer), amenait lourdement l’opposition fondamentale entre Matt Murdock et Wilson Fisk, faisait disparaitre un peu bêtement Karen Page du tableau et hésitait justement entre l’héritage d’une série plutôt dure et un léger adoucissement de la brutalité (thématique et figurative).
Bouffer le ver et la pomme
Un marchepied branlant, mais où la puissance toujours intacte des personnages (Charlie Cox et Vincent d’Onofrio sont assez monstrueux il faut le dire) et surtout les germes des évènements à venir permettaient cependant de tenir le spectateur en haleine. Un effort qui porte largement ses fruits enfin dans cette seconde saison nettement plus cohérente car désormais entièrement concentrée sur les conséquences de l’arrivée du Caid à la Mairie de New York. L’occasion de cristalliser la véritable fracture entre les deux personnages, tous les deux animés par un même amour pour New York mais des visions de l’ordre et de la loi bien différentes, et d’entrainer dans leur affrontement progressivement toute la ville avec eux. Ici la cité américaine n’est certainement pas un décor mais le véritable théâtre d’un combat pour la justice et l’état de droit alors que les milices se répandent dans les rues et persécutent les populations et les oppositions. Cette saison de Daredevil n’est d’ailleurs jamais aussi réussie que lorsqu’elle multiplie les parallèles évidents avec l’actualité américaine, reprenant à son compte l’imagerie moderne (vidéos internet, écrans de téléphones…) pour suivre les agissements des sections de sécurité façon ICE imaginées par un Fisk qui par son autoritarisme et ses comportements criminels n’a jamais autant ressembler à Donald Trump… Jusque dans un match de boxe particulièrement violent organisé par ce dernier pour détourner l’attention médiatique et affirmer son ego en direct live. Une pertinence frappante qui donne une étoffe supplémentaire à un duel qui n’hésite jamais à bousculer la vision presque manichéenne et la morale chrétienne de ce brave Daredevil, subissant toujours autant les coups, les échecs, les sacrifices et officiant ici comme ultime rempart de l’effondrement en cours.
Si malgré des scènes de combats bien sèches et spectaculaires (en particulier l’ultime assaut, sanglant à souhait) la réalisation ne retrouve jamais vraiment la maestria de la série d’origine, Daredevil Born Again garde une bonne tenue générale, une certaine intensité et ne succombe jamais bêtement aux sirènes du fan-service (le retour de Jessica Jones n’est pas totalement gratuit), en faisant clairement le meilleur programme Marvel Television de ces dernières années. Il ne reste plus qu’à faire revenir Elektra et ça sera parfait… Tiens, c’est prévu pour la troisième saison.







