MAIGRET ET LE MORT AMOUREUX

France – 2026
Support : Bluray
Genre : Policier
Réalisateur : Pascal Bonitzer
Acteurs : Denis Podalydès, Anne Alvaro, Manuel Guillot, Irène Jacob, Domnique Reymond, Laurent Poitrenaux, Micha Lescot, Julia Faure…
Musique : Alexei Aigui
Image : 2.35 16/9
Son : Français DTS Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titres : Français et anglais
Durée : 80 minutes
Editeur : Pyramide Vidéo
Date de sortie : 7 juillet 2026
LE PITCH
Le commissaire Maigret est appelé en urgence au Quai d’Orsay. Monsieur Berthier-Lagès, ancien ambassadeur renommé, a été assassiné. Maigret découvre qu’il entretenait depuis cinquante ans une correspondance amoureuse avec la princesse de Vuynes, dont le mari, étrange coïncidence, vient de décéder. En se confrontant aux membres des deux familles et au mutisme suspect de la domestique du diplomate, Maigret va aller de surprise en surprise…
Une affaire bien sournoise
Quatre ans seulement après l’hommage servi par Patrice Leconte, le saint patron du polar à la française Maigret revient sur les écrans pour un nouveau long métrage. Un exercice presque désuet signé par un Pascal Bonitzer (Le Tableau volé) aussi anachronique que l’homme à la pipe.
Le titre du film, Maigret et le mort amoureux semble annoncer une affaire de sentiments, voir de poésie, là où celui du roman original, Maigret et les vieillards, est nettement plus à même d’installer cette curieuse distance qui émaille tout le récit. Écrite par Simenon dans la dernière partie de sa vie, l’affaire est ici transposée presque tel quel au début des années 2000 donnant forcément plus encore des airs d’anomalie à ce nouveau commissaire Maigret se trimbalant toujours la pipe au bec, le chapeau mou sur la tête et un vieil impair sur les épaules. Pas de téléphone portable à l’horizon (il n’en veut pas), pas d’ordinateur sur le bureau, des gars qui clopent en pleine réunion et s’enfilent une petite bière et un sandwich entre deux indices, et si effectivement la police scientifique est de la partie ce sont véritablement les nombreux entretiens menés par le détective qui font avancer l’affaire. Ça tombe bien, cette dernière se déroule dans le petit milieu restreint de la vieille aristocratie / bourgeoisie française et fait apparaitre par le biais de la chute de cheval d’un prince et le meurtre d’un ancien ambassadeur, une tromperie tacite et acceptée par tous et quelques autres petits secrets qui sentent la naphtaline, les vieilles valeurs détournées et le carcan de la douteuse morale chrétienne traditionnelle. Un vieux monde rance et fermé.
Une petite bouffée pour la route
Maigret ne semble pas être particulièrement à l’aise au milieu de ces gents trop cintrés, trop propre sur eux, mais il ne les bouscule jamais vraiment. Simenon avançait à pas lent, prenant son temps, laissant volontairement les vides et les creux, et là-dessus Bonitzer retrouve d’une certaine façon ce rythme très particulier du vieux polar bien de chez nous, cérébral et plutôt bavard, scrutateur plus qu’actif, et profite effectivement d’une interprétation assez inattendue d’un Denis Podalydès qui est certes loin de la carrure de l’imposant Jean Gabin, mais qui apporte à tout cela un œil plutôt malin, ironique et assez joueur. Cela ne suffit cependant pas à donner du relief à cette affaire assez plan-plan et terriblement prévisible et qui, en dehors d’un épilogue inédit qui redonne un peu de caractère à l’ensemble, se contente de suivre les petits portraits de ces « gens-là » interprétés assez froidement par des grands habitués de la scène théâtrale. La mise en scène en elle-même semble tout aussi minimaliste, s’installant dans une photographie impersonnelle de téléfilm et enchainant les scénettes sans jamais s’efforcer d’offrir à l’ensemble une atmosphère plus présente, un petit quelque chose qui ferait exister le métrage au-delà du rapide visionnage. Pas désagréable mais terriblement anecdotique.
Image
La copie est naturellement très bien tendue affichant comme il se doit une définition précise et marquée, une luminosité rasante adéquate et un piqué parfaitement solide. L’ensemble est élégant et s’appuie sur des contrastes bien dessinés et des noirs profonds. La photographie réaliste, sans effusions, empêche forcément toute forme d’admiration mais le transfert HD est inattaquable.
Son
Ambiances feutrées, dialogues en avant, quelques atmopshères urbaines captées sans en rajouter, le DTS HD Master Audio 5.1 accompagne le rythme du film avec minutie et quelques enveloppement discrets mais bienvenus. L’édition propose aussi un mixage DTS HD Master Audio 2.0 plus sobre encore pour les petites installations. A noter aussi la présence de sous-titres anglais pour les curieux.
Interactivité
Le film est accompagné d’une conférence publique réunissant le scénariste Pascal Bonitzer et John Simenon pour une conversation autour du travail d’adaptation du roman Maigret et les vieillards, avec un retour sur l’attachement général à l’œuvre de Simenon, son écriture, son rythme, puis les difficultés ou mouvements naturels à amener cet univers et le personnage sur grand écran. Intéressant sur le papier, la conversation est cependant assez molle avec un son étouffé et ne passionne pas vraiment. Nettement plus courte, la petite interview de Denis Podalydès enregistrée par Le Nouvel Obs, est aussi nettement plus énergique et l’acteur y évoque sa prise en main du rôle, sa vision de la série des Maigret ou son intérêt pour le récit policier.
Liste des bonus
« Adapter Simenon. Du livre au film » par Pascal Bonitzer et John Simenon à la Fondation Jan Michalski (25′), Entretien avec Denis Podalydès pour Le Nouvel Obs (5′).






