THE GUEST

Etats-Unis, Royaume-Uni – 2014
Support : UHD 4K
Genre : Thriller
Réalisateur : Adam Wingard
Acteurs : Dan Stevens, Maika Monroe, Brendan Meyer, Sheila Kelley, Leland Orser, Lance Reddick, Tabatha Shaun…
Musique : Steve Moore
Image : 2.39 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 7.1
Sous-titres : Français
Durée : 103 minutes
Editeur : Factoris Films
Date de sortie : 24 juin 2026
LE PITCH
Un soldat s’investit auprès de la famille d’un ancien camarade tombé au combat. Mais il devient un danger pour ces gens dès lors qu’ils découvrent les dangereux secrets de son passé.
L’intrus
Avant de mettre en scène les grosses machines décérébrées Godzilla vs Kong, Adam Wingard avait entamé une filmographie plutôt intrigante et prometteuse. En 2014 il retrouvait son scénariste de You’re Next pour délivrer une série B stylisée et profondément marquée par les 80’s, vendu comme un croisement entre Halloween et Terminator. Ce qu’il est effectivement.
L’amour de la grande ère des années 80 et de la culture vidéoclub débordait déjà dans le néo slasher You’re Next mais après quelques passages sur les anthologies ABC of Death et V/H/S 2, Adam Wingard et Simon Barrett poussaient effectivement leur logique rétro plus loin encore en imaginant un mariage improbable entre les films d’action musclés de la Cannon, les thrillers post-Vietnam et une fois encore le slasher dans sa plus grande pureté. Tout est là effectivement avec un Dan Stevens (Legion), alors tout juste échappé de la série so chic Downton Abbey, devenu une incarnation moderne de la machine de mort à la Commando, sociopathe bien intentionné qui vient s’installer au sein d’une famille déjà cahoteuse depuis la mort au front de leur grand fils. Lui est là pour leur rendre service, mais à sa manière, résolvant tous leurs problèmes (la carrière du père, les brimades de l’adolescent…) en éliminant purement et simplement le plus souvent ceux qui sont sur le chemin. L’acteur, séduisant et le visage presque angélique, est parfait dans ses changements d’expressions, de la bienveillance à la froideur totale, et renvoie rapidement à l’imagerie d’un tueur implacable, glacial et dénué d’affect frôlant effectivement la figure du Terminator ou d’un boogieman à la Michael Myers… en particulier dans un final retrouvant les règles du slasher dans une salle des fêtes transformée en labyrinthe de fête foraine pour la soirée Halloween.
Le soldat inconnu
On pense parfois dans la construction du scénario aux Nerfs à vif de Martin Scorsese ou L’Ombre d’un doute d’Alfred Hitchcock, avec des notes de causticité et de self-conscience supplémentaire, mais la vraie limite du film est justement dans l’écriture de Simon Barrett qui au-delà de l’aguichant postulat de base montre très vite ses limites dans une intégration du fameux David trop rapide et régulièrement peu crédible (la visite au proviseur de l’école…) reposant sur une psychologie franchement aux fraises, en particulier pour cette mère au regard vide. The Guest garde dans son ADN les faiblesses des petites séries B qu’il admire et n’arrive jamais finalement à dépasser ses limites, à se confronter véritablement à l’origine de ce super-soldat défaillant ou à ce visage changeant dans l’Amérique des années 2000 qui renvoie à une certaine idée de l’héroïsme, remplaçant ici le frère, le pote, le père, l’amant. Un peu court soit, mais indéniablement efficace grâce au travail impeccable fournit par Robby Baumgartner (There Will Be Blood, Babel, Argo…) sur une photographie tranchée qui s’empare de la tendance esthétique « neon » sans s’y perdre, et une réalisation effectivement assez jouissive jouant sur les longs travellings fluides à la Carpenter (LA référence du film) pour mieux s’emballer caméra épaule nerveuse lors des séquences les plus musclées.
Loin d’être un gadget référentiel, la bande originale alternant les nappes synthétiques tendues d’un Steve Moore biberonné aux disques de John Carpenter (encore) et Tangerine Dream, et des tubes mélancoliques de la New Wave, plonge véritablement The Guest dans une atmosphère particulièrement, planante, inquiétante et curieusement sensuelle. Un certain sens du raffinement filmique et de l’explosion esthétisante qui fait penser parfois en note mineur au Drive de NWR sorti trois ans plus tôt, et qu’Adam Wingard, qui envisagea un temps un The Guest 2, ne retrouvera clairement jamais dans ses suivants Blair Witch et les atroces Godzilla vs Kong.
Image
Produit en 2022 par les Britanniques de Second Sight, ce nouveau master 4K pourrait avoir de nature un petit quelque chose d’artificiel. En effet, le métrage a été capturé et produit en numérique 2K et a donc dû être upgradé pour cette nouvelle définition. Mais supervisé par le réalisateur et le chef op, le résultat est tout simplement bluffant boostant admirablement la définition, creusant plus avant les plans et les détails et accompagnant mieux que jamais cette pureté des lignes très 80’s. Surtout le transfert s’offre au passage un nouvel étalonnage HDR10 qui approfondit là aussi la volonté esthétique initiale, livrant des noirs plus profonds que jamais et explosant les rouges et les bleus avec une grande générosité.
Son
Après Shin Ultraman, Factoris Films continue son partenariat avec le système Auro-3D et propose pour The Guest une prestation sonore DTS HD Master Audio 7.1 inédite. Le principe est d’ajouter, pour ceux qui ont de bonnes installations, des sensations de reliefs sonores supplémentaires et surtout une verticalité exclusive. Le résultat est en effet plutôt convaincant et appuie fortement sur la dynamique du film, en particulier durant les scènes d’échanges de coups de feu ou le final dans le labyrinthe. Les vieux tubes et les nappes synthétiques de Steve Moore y gagnent une pureté supplémentaire idéale pour ces sonorités.
Interactivité
Factoris Films offre une édition des plus complète pour The Guest, reprenant là aussi le gros du matériel produit et réunit par le collègue anglais. Les scènes coupées, plutôt intéressantes mais qui effectivement diminuaient légèrement le rythme du montage sont présentes et toujours commentées comme pour le Bluray de TF1 Video. Mais le reste est inédit avec une longue exploration des thèmes musicaux et des ambiances sonores mis en place par Steve Moore, une plongée complète dans le style de la mise en scène, les placements de caméras et le choix des lumières par l’excellent directeur photo Robby Baumgartner ou un retour sur les décors, réels et factices, imaginés pour le film. A chaque fois les entretiens sont longs et complets à l’image de celui qui réunit le réalisateur Adam Wingard et son scénariste, qui en presque une heure ont largement le temps d’évoquer leurs collaborations, les prémisses du projet, les références exploitées et bien entendu l’expérience du tournage. Les deux producteurs sont presque tout aussi loquaces, citant au passage leurs autres collaborations avec Wingard (You’re Next et Blair Witch) et discutant des particularités d’un petit budget pour un tel film d’action. Enfin les acteurs Dan Stevens et Maika Monroe se souviennent de leur découverte du script, de l’originalité du projet ainsi que de l’impact qu’a pu avoir le film sur le reste de leur carrière.
Liste des bonus
7 scènes supprimées (15′), « The Sound of The Guest » (12′), « Light and Fog » : Direction photo (21′), Interviews de Adam Wingard et Simon Barrett (48′), Tom Hammock, chef déco (13′), Maika Monroe (7′), Dan Stevens (20’), Producteurs (23′).







