FIGHT CLUB

Etats-Unis – 1999
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Thriller
Réalisateur : David Fincher
Acteurs : Edward Norton, Brad Pitt, Helena Bonham Carter, Meat Loaf, Jared Leto, Zach Grenier…
Musique : The Dust Brothers
Image : 2.39 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 Anglais, DTS 5.1 Français, Espagnol, Allemand…
Sous-titres : Français
Durée : 139 minutes
Editeur : 20th Century Studios
Date de sortie : 17 juin 2026
LE PITCH
Jack ne souhaite qu’une chose : s’évader de son quotidien monotone. Très vite, il rencontre Tyler Durden, un vendeur de savon charismatique à la philosophie tordue et anarchiste. Ensemble, ils décident de créer un club de combat clandestin dont les règles s’établissent partout dans le monde. Règle n° 1 : ne pas parler du Fight Club. Règle n° 2 : ne pas parler du Fight Club.
Je suis le film culte de Jack
Les grands films ne se jaugent jamais avec autant de précision que lorsqu’ils sont face à l’épreuve du temps. Plutôt incompris par la critique en 1999 et relativement ignoré par le public malgré les deux têtes d’affiches solides, Brad Pitt et Edward Norton, Fight Club est cependant rapidement devenu un film culte à partir de sa sortie DVD auprès de la jeune génération, et son aura ne semble pas avoir diminuée depuis.
Parce que depuis ce changement de siècle autant crain qu’espéré, les re-visionnages, les nouvelles analyses et surtout les changements de notre société ont démontré que le roman puzzle et tortueux de Chuck Palahniuk autant que l’adaptation libre qu’en a livré David Fincher sont d’une pertinence accablante et des œuvres visionnaires. On ne parle pas ici seulement de question de style même si les expérimentations narratives du premier trouvent un écho assez brillant dans la déstructuration de la mise en scène de l’autre. Perfectionniste presque maladif de l’image et du montage, Fincher transforme effectivement la réalité de l’Amérique de la fin du millénaire précédente en embrassant totalement, et vertueusement, les délires et les psychoses de son narrateur, souffrant dès le départ d’insomnies chroniques, mais aussi de troubles nettement plus profonds, tendance schizophrénie. Le générique en image de synthèses et ses déambulations glauque au travers d’un cuirs chevelu sur les notes décadentes des Dust Brothers, ouvre le pas à une réalisation qui ne se contentera jamais de la sobriété et d’une forme épurée. Les évocations d’une fascination pour les meubles Ikea transforme l’appartement du narrateur sans nom (Norton aux airs volontairement maladifs) en véritable catalogue de la marque au milieu duquel il déambule maladivement, l’unique scène de sexe est une explosion sensorielle sauvage et organique, tandis que la moindre image, le moindre cadrage sont par nature, trompeurs, détenteurs d’un second sens, révélateur, mais dont la vérité est souvent trop proche pour être accessible.
Where is my mind ??
Fincher joue avec son dispositif comme Tyler Durden, gourou séducteur, viril, au comportement d’ado irresponsable (Brad Pitt fabuleux), joue avec les projections de film familiaux (qu’il caviarde d’images pornos subliminales), avec les sentiments de la suicidaire Marla (Helena Bonham Carter, fatale) et bien entendu avec l’esprit de son pote et double. Tout ici est une question d’ironie, de regard acide, sur le monde consumériste (le placement de produit est à double tranchant), sur les inégalités de la société et sur une génération de mâles totalement perdus et désœuvrés, où finalement l’opportunité de véritablement ressentir son existence ne peut plus en passer que par des séances de bastons violentes et collégiales et une chute vertigineuse vers l’existence en marge. Fight Club s’apparente ouvertement à un brulot politique célébrant le rejet totalement d’un récit imposé, la rébellion par la destruction et l’irresponsabilité comme un drôle de frangin de cinéma au fameux The Matrix sorti la même année. Mais l’esprit cynique de Fincher n’est, bien entendu, jamais très loin, et cet engouement pour un nouveau mode de pensée, peut très vite se laisser entrainer dans les travers dénoncés dans un premier temps. Le fameux Fight Club passe d’espace libératoire à noyaux sectaire puis à une franchise installée dans toutes les grandes villes du pays alors que le maitre à penser ne semble plus que s’exprimer par slogans publicitaire et phrases de développement personnel toutes faites.
C’est une farce absolument cruelle, indéniablement virtuose et plus frappante de véracité encore dans le monde actuel, dont l’ultime plan montrant l’effondrement d’immeubles d’affaires, soit les derniers remparts d’un système dégénéré abattus par une armée de révolutionnaire zombies, vient faire échos aux dernières barrières à franchir vers un nouveau monde. Celui de Tyler Durden ou celui de l’autre ? Le futur The Social Network et sa froide perspective sentimentale laisse à penser que le bouleversement espéré n’a effectivement jamais eu lieu.
Image
Fight Club entre enfin dans le monde du 4K. Un titre on ne peut plus attendu avec un nouveau transfert toujours produit sous la validation de David Fincher… et qui donc opère quelques changements qui ne peuvent pas plaire à tout le monde. La qualité du master est absolument inattaquable avec sa définition ultra pointue, son relief démultiplié, sa limpidité constante et sa netteté impériale qui préserve avec ferveur le grain de pellicule d’origine, organique et vibrant. Inattaquable mais questionnable tant la photographie générale à été assombrie et légèrement désaturée. Le film est ici moins lumineux et coloré qu’autrefois, et l’éditeur a d’ailleurs privilégié la présence de l’HDR10 qui permet une meilleure visibilité dans les ombres, plutôt qu’un Dolby Vision qui par ses couleurs plus riches aurait permis de compenser la baisse de luminosité. C’est un choix.
Son
Zero changement en revanche du côté des pistes sonores où un Dolby Atmos avait été espéré. On retrouve donc le très bon DTS HD Master Audio 5.1 de la version originale, toujours percutant, dynamique et enveloppant, et pour le doublage français un DTS 5.1 qui commence effectivement à montrer ses limites sur disque UHD.
Interactivité
L’éditeur n’a pas jugé bon d’ajouter de suppléments inédits pour ce nouveau support, mais a au moins le mérite de reprendre tout le contenu de l’édition dites « Legacy ». A commencer par les quatre ( !!) commentaires audios, présents sur l’UHD et le Bluray, où David Fincher plonge avec un sérieux pointu dans les coulisses de son film, abordant de nombreux points techniques, thématiques et stylistiques, avant d’être rejoint pour une deuxième tournée un peu plus détendue par Brad Pitt et Edward Norton. Les deux autres enregistrements sont un peu moins intéressants, plus laconiques, avec d’un cotés les scénaristes et de l’autre divers techniciens qui viennent creuser quelques points.
Pour la suite il faut revenir vers le Bluray qui dans son menu nous rejoue la petite blague de « l’erreur de disque » avant de déverser ces fameux bonus sinueux et éclatés avec des options multi angle et multi-audio s’attardant sur la conception du générique ou le tournage des scènes dans l’aéroport, la maison en ruine ou l’appartement de Jack. On y croise aussi une exploration des effets spéciaux avec les mêmes options, avant de revisionner les scènes coupées (qui ne sont que des versions alternatives qui repose sur quelques détails de montage), les nombreuses bandes promos et les fastueuses galeries de photos, SFX et dessins conceptuels. Tout cela provenait déjà du bon vieux DVD collector, mais le Bluray y avait ajouté une émission spéciale de la chaine Spike avec le réalisateur et ses deux acteurs, présentée par un Mel Gibson débarquant à cheval (!!), le tout dans une ambiance très américaine mais assez fun. Plus « cinéphile » la rencontre avec le mixeur son du film qui se poursuit par une console virtuelle qui permet de jouer soit même avec certains éléments du film reste une vraie curiosité et, même si peu aisée, une bonne approche intéressante d’un ingrédient souvent trop négligé par les spectateurs.
Liste des bonus
Commentaire audio de David Fincher, Commentaires audio de David Fincher et des acteurs, Commentaires de Chuck Palahniuk et Jim Uhls, Commentaires de Alex McDowell, Jeff Cronenweth, Michael Kaplan et Kevin Haug, Ren Klyce et la conception sonore de Fight Club, Session de mixage, Matériel publicitaire (20′), Fight Club analysé (50′), Galerie d’art, Interview d’Edward Norton, Les coulisses du tournage, Scènes inédites et alternatives (15′).







