LE BAISER MORTEL DU DRAGON

Kiss of the Dragon – France, Etats-Unis – 2001
Support : Bluray
Genre : Action, Thriller
Réalisateur : Chris Nahon
Acteurs : Jet Li, Bridget Fonda, Tchéky Karyo, Ric Young, Burt Kwouk, Laurence Ashley…
Musique : Craig Armstrong
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 98 minutes
Editeur : ESC Films
Date de sortie : 3 juin 2026
LE PITCH
Un homme en provenance de Hong-Kong, Liu Jian, arrive à Paris. Le soir même, il doit participer à une mission qui consiste à piéger un haut dignitaire chinois corrompu en flagrant délit. Mais la mission tourne mal et le dignitaire se fait assassiner. Notre héros est donc traqué dans un Paris qu’il ne connaît pas…
Piège à touristes
Coproduction entre l’américain 20th Century Fox et la fameuse Europa Corp, Le Baiser mortel du dragon reste l’un des plus gros succès à l’international de la star des arts martiaux Jet Li. Un curieux film d’action entre caricatures gênantes et affrontements brutaux dont le principal défaut est sans doute la présence encombrante de Luc Besson en coulisses.
Au début des années 2000 le réalisateur du Grand Bleu et de Leon a effectivement de grandes ambitions avec sa firme EuropaCorp et rêve de s’imposer comme l’un des acteurs majeurs du cinéma populaire à l’international et en particulier aux Etats-Unis. Cela tombe bien, il croise sur sa route l’acteur Jet Li, icône du cinéma d’arts-martiaux asiatique, qui vient d’entamer lui aussi son petit rêve à l’américaine avec L’Arme Fatale 4 et Romeo doit mourir. L’un ne lui a laissé que quelques miettes de temps d’écran (malgré un charisme de méchant phénoménal) et l’autre l’a perdu dans une romance câblée de sinistres mémoires. Sur le papier un projet comme Le Baiser mortel du dragon est l’occasion rêvée de retrouver sa place de grand héros dans un projet occidental, tout en y imposant sa vision des arts martiaux avec des combats nettement plus réalistes, rapides et violents. Ces diverses scènes de combats, dans les cuisines d’un hôtel, dans un petit restaurant chinois, sur le toit d’un bateau mouche, un dojo de karaté ou même les bureaux de la police nationale, restent clairement les meilleurs moments du film, exploitant à merveilles les capacités du bonhomme et une rapidité d’excursion habilement mise en valeur par le génial chorégraphe Corey Yuen (La Légende de Fong Sai-Yuk, The Defender, Hero…).
Paris sera toujours Paris
Mais ces morceaux de bravoure sont aussi relativement égratignés par une production qui semble bien souvent dépassée justement par l’école chinoise. Alors jeune réalisateur venu du clip, Chris Nahon (L’Empire des loup) ne choisit pas toujours les meilleurs cadrages et gâche les mouvements par un montage trop hachés, trop artificiels, poussé par une bande sonores électro gonflante ou quelque pseudo tubes de rap hors propos. On reconnait là l’une des petites marottes de notre cher Luc Besson post-Taxi qui bien entendu ne peut s’empêcher de transformer cette visite de Jet Li à Paris en véritable virée dans les bas-fonds de la ville avec en première scène un chauffeur de taxi rasta (oui comme dans Arthur et les Minimoys… et plein d’autres), puis un détour par les quartiers craignos peuplés de pauvres prostituées (dont une jouée par Bridget Fonda devra être sauvée) et de macs violents. Producteur mais aussi scénariste, il ne peut s’empêcher de glisser quelques blagues vaguement racistes sur les asiatiques et de décrire l’ensemble de la police comme un ramassis d’abrutis menés par un inspecteur sadique et pourris jusqu’à la moelle. La nuance ne fait pas partie de son vocabulaire et s’il faut reconnaitre qu’une fois encore Tchéky Karyo est parfait en salopard échappé de Dobermann, Le Baiser mortel du dragon est une succession de clichés et d’obsessions embarrassantes et douteuses que le producteur / réalisateur n’aura eu de cesse d’exploiter en long en large et en travers une bonne décennie durant.
Alors qu’aujourd’hui la grande carrière asiatique de Jet Li est quasiment intégralement accessible, revoir Le Baiser mortel du dragon peut sembler quelque peu inutile, voir même parfois assez douloureux face à la bêtise du script et la tiédeur de la réalisation. Quelques scènes survivent et les trois acteurs principaux font de leur mieux pour soutenir l’édifice branlant. C’est peu mais ça peut assurer le divertissement…
Image
Si le film n’était jamais sorti en Bluray en France, il est cependant disponible depuis vingt ans aux USA dans un Master HD qui déjà a l’époque n’était pas forcément des plus spectaculaires. Une source vidéo déjà utilisée pour le DVD et qui est malheureusement la seule copie disponible pour l’instant. ESC Films a fait ici tout son possible pour redonner un peu de souffle à une image relativement terne et surtout à la définition bien trop plate. Le piqué fait de son mieux, les cadres sont très propres, l’ensemble est plutôt homogène et ne tombe jamais dans l’indigent mais cela manque toujours d’énergie et de contrastes pour vraiment séduire.
Son
Les pistes DTS HD Master Audio sont un peu étrange dans leur dynamique, délivrant quelques ambiances urbaines réussies, accompagnant les mouvements et impacts des scènes d’action avec une certaine énergie, mais souvent les efforts se perdent dans un habillage musical écrasant et plombant. Tourné en anglais, le film est nettement plus convaincant dans cette langue-là qui nous évite la fameuse petite voix fluette et l’accent « asiat » du pauvre Jet Li en vf.
Interactivité
ESC Films délivre une édition Bluray qui a au moins le mérite d’être particulièrement bien chargé en suppléments. En premier lieu, l’éditeur est allé rechercher tous les bonus de l’édition « Ultimate » DVD de 2005 soit un défilé plutôt consistant de making of et d’interviews relativement promo certes mais qui permettent au moins de prendre le pouls du projet et d’observer de nombreuses images du tournages ou des préparation aux scènes de combats. On y trouve même une petite interview de Corey Yuen sur l’affrontement à bord du bateau mouche.
ESC a aussi invité le réalisateur Chris Nahon pour une rencontre inédite dans laquelle il évoque son arrivée sur le projet du film, son inquiétude de tourner à Paris, l’importance d’une coproduction internationale, les capacités hors du commun de Jet Li et le professionnalisme de l’équipe asiatique, mais aussi une bonne prise de bec avec le producteur Luc Besson ou le montage final effectué par les pontes de la Fox. Il maintient ensuite sa présence pour commenter en direct deux grandes scènes du film, délivrant quelques anecdotes et infos sur l’organisation des scènes d’action centrales du film.
Liste des bonus
Entretien rétrospectif avec Chris Nahon (17’), Analyse de séquences par Chris Nahon (7’), Making of : Tournage des scènes d’action (14’), Making of de la B.O. (12’), Images d’archive de l’avant-première à Paris (3’), « Cannes 2001 » : Entretiens d’époques avec Jet Li, Bridget Fonda, Tchéky Karyo et Chris Nahon, « Les scènes de combats » : Entretien d’époques autour des combats (7’), Comparaison film/story-board (2’), Le combat sur la Seine en multi-angle (1’), Effets spéciaux : La scène de la boule de billard expliquée (4’), Bande-annonce.






