DISCLOSURE DAY

Etats- Unis – 2026
Genre : Science-Fiction
Réalisateur : Steven Spielberg
Acteurs : Emily Blunt, Josh O’connor, Colin Firth, Eve Hewson…
Musique : John Williams
Durée : 145 minutes
Distributeur : Universal Pictures France
Date de sortie : 10 juin 2026
LE PITCH
Si on découvrait que nous ne sommes pas seuls ? Si on nous le montrait, nous le prouvait, ça nous ferait peur ? Les gens ont droit à la vérité. Elle appartient à sept milliards de personnes. Chaque seconde nous rapproche de l’inévitable…
E.T. téléphone Spielby
Steven Spielberg et les extraterrestres, c’est une longue histoire d’amour vieille de plus de soixante-dix ans. Depuis le jour où son père l’a réveillé en pleine nuit pour observer une pluie d’étoiles filantes. Un souvenir marquant qui a fait galoper son imagination. Heureusement pour nous, l’enfant en avait à revendre et il est devenu cinéaste. Une nouvelle occasion d’embarquer à ses côtés pour une nouvelle rencontre.
Il avait à peine 17 ans lorsqu’il produit son premier blockbuster amateur, Firelight, entre deux écoles buissonnières. Alternant copains et bouts de ficelle, il réussit à remplir la salle de cinéma louée pour l’occasion et à réaliser son premier bénéfice. Autant dire que l’essai ne demandait qu’à être confirmé. Il faut attendre l’histoire d’un grand requin blanc pour qu’il puisse prolonger l’expérience et transformer l’image du petit gris belliqueux en extraterrestre curieux. Sorti directement de son imagination, Rencontres du troisième type allait offrir au monde un point de vue inédit sur la science-fiction. Un chef d’œuvre inaltérable. Ce long-métrage est le premier scénario écrit par Spielberg qui ne soit ni adapté d’un roman ni du travail d’un tiers, jusqu’à… Disclosure Day. Une façon de refermer une parenthèse personnelle où l’on retrouve sa vision d’un monde en pleine mutation.
Ces deux films le représentent au plus haut point. Spielberg a grandi ; il a mûri en conséquence. Rencontres du troisième type parlait en filigrane de ses obsessions de jeune adulte : la famille, le divorce de ses parents, sa détermination. Il filmait alors son monde de manière profondément intrinsèque. Avec Disclosure Day, il explore le monde au sens large, tel qu’il est aujourd’hui : au bord du ravin, au bord de la crise, au bord de l’explosion. Son film se déroule à la veille d’une troisième guerre mondiale. La révélation qu’il s’apprête à dévoiler risque de changer la face du monde. A force de regarder leur nombril et intérêt de domination, les hommes oublient de lever les yeux vers le ciel.
Entre deux mondes
À 78 ans, le réalisateur n’a plus d’illusions mais conserve l’espoir. Contrairement à beaucoup, il demeure un grand humaniste. Même dans ses films les plus sombres, la lumière trouve toujours sa place : La Liste de Schindler, Munich ou encore La Guerre des mondes. C’est lorsque l’individu se retrouve au pied du mur qu’il parvient à révéler le meilleur de lui-même. C’est précisément ce que fait Daniel Kellner (Josh O’Connor, impeccable), moteur du film et lanceur d’alerte traqué dans sa fuite pour révéler la vérité au monde.
Dès sa scène d’introduction, Spielberg, sans s’éterniser en explications, nous plonge dans une course effrénée. Pas de plans d’un quart de seconde ni de montage hystérique, mais une véritable mise en scène, élaborée et maîtrisée, au montage précis. Il nous propulse au cœur de l’action avec grâce et virtuosité dans une première heure exemplaire de tension. Le réalisateur distille les informations sans jamais rien révéler frontalement. Il brouille les pistes, donne divers degrés de lecture, notamment grâce au décor en construction dans lequel évolue Colman Domingo semblant dire que tout n’est qu’illusion. Si le film parle bien d’extraterrestres, il s’oriente rapidement vers le thriller politique et conspirationniste, un terrain que Spielberg avait déjà exploré avec Pentagon Papers. Il ancre son récit dans la réalité pour une plus ample identification : ici, on ne casse pas son téléphone sous une voiture aussi facilement et l’on se maquille avant de passer à l’écran. La science-fiction, il l’aborde davantage à travers le personnage incarné par Emily Blunt, littéralement habitée par son rôle (C’est elle qui aurait inventé sur le plateau le langage extraterrestre utilisé par son personnage). Tonton Spielby confirme une fois de plus sa maîtrise de la direction d’acteurs. Colin Firth, comme on ne l’a jamais vu et Eve Hewson sont tout aussi remarquables. Disclosure Day peut être considéré comme le point d’union entre les deux grandes périodes du réalisateur : celle de l’entertainment pré-Schindler et celle de sa maturité, lorsqu’il commence à embrasser des sujets plus personnels et plus ambitieux.
Spielberg l’Extraterrestre
Le cinéaste ne juge pas : il observe. Il n’occulte pas le climat anxiogène de notre époque, mais pousse à la réflexion. Il interroge la place de l’homme dans l’univers, le besoin de croire et le pouvoir de la foi. Tout cela découle d’une réflexion que son propre scénario lui a inspiré. Il affirme avoir commencé son écriture par la fin, imaginant avec David Koepp (scénariste de Jurassic Park et Mission: Impossible) les motivations de chacun des personnages. Janusz Kamiński, son fidèle directeur de la photographie, délaisse lui aussi son style formel pour mieux appréhender ce trait d’union spielbergien.
Comme pour Rencontres du troisième type, nous sommes ici à l’opposé d’un Independence Day. L’invasion, où ce qui se passe après la révélation a déjà été racontée dans maints et maints films, dont sa propre Guerre des mondes. Et c’est précisément ce qui risque de décevoir certains spectateurs. Le sujet, à l’instar d’Abyss, est ailleurs. Son film est si personnel que ses détracteurs le qualifieront sans doute de naïf. Pourtant, il le représente tellement que sa sincérité mérite le terme d’audacieux.
Le jeune public, élevé à Marvel et aux effets numériques, risque de ne pas porter le film au sommet du box-office. Pour beaucoup d’entre eux, le nom de Steven Spielberg ne veut rien dire, ses films, pourtant, ne sont pas générés avec l’IA mais avec le cœur. Courrez en salle pour leur montrer qu’ils ont tort. Le vrai cinéma est là !







