LE NUAGE

Espagne, France – 2026
Genre : Fantastique
Dessinateur et scénariste : Efra Pérez
Nombre de pages : 120
Éditeur : Les Humanoïdes Associés
Date de sortie : 20 mai 2026
LE PITCH
Dans le royaume où vivent Estela et sa mère, un terrible nuage dévaste la campagne tous les huit ans, forçant les habitants à tout reconstruire après chaque passage. La mère d’Estela, brillante ingénieure, disparaît tragiquement en tentant de mettre fin à ce fléau… Quelques années plus tard, Estela décide de suivre ses traces et part étudier l’ingénierie dans la capitale, un havre de paix et de savoir, seul endroit épargné par le nuage.
Cirrus
Avec Le Nuage on s’embarque pour un voyage flottant dans un petite monde anthropomorphique entre contours médiévaux et steampunk assumé. Un premier album à destination de la jeunesse où on apprend à toujours chercher au-delà des apparences.
Venu du fanzinat espagnol, Efra Pérez signe donc ici sa première bande-dessinée complète. Une aventure en forme de quête initiatique où Estela, une lapine bienveillante et curieuse, décide de partir sur les traces de sa maman ingénieure disparue alors qu’elle tentait de mettre fin à la menace d’un étrange nuage qui ravage régulièrement la campagne environnante. Pour remonter le fil et comprendre le cheminement de celle-ci, l’héroïne doit donc traditionnellement partir à la ville et ici devenir l’élève d’un célèbre scientifique de la cité. C’est là qu’elle découvrira peu à peu la vérité sur le monde qui l’entoure, en partie grâce à son caractère chaleureux qui la feront sympathiser avec la gentille hérisson Mojo et un garde à tête de chat, Nord, qui laisse exprimer sa véritable nature la nuit. On reconnait les grandes valeurs de l’ouverture à l’autre, de l’acceptation de la différence (même si le propos n’est pas toujours des plus subtiles), mais aussi ce voyage vers le monde adulte qui permet de dépasser son admiration pour ses parents, puis voir le monde pour ce qu’il est (profondément injuste donc) et alors s’efforcer de le transformer.
Cumulus
Un gros accent est d’ailleurs mis sur l’opposition entre ville et campagne, entre classe au pouvoir et gens communs, autorités scientifiques et connaissances partagées, pouvant faire naitre quelques réflexions intéressantes dans l’esprit des jeunes lecteurs. Le récit se veut plutôt naïf, symbolique et assez joyeux dans ses épisodes et ses rebondissements et n’hésite à piocher certaines de ses grandes lignes dans la trilogie originelle de Star Wars, avec une âme de fanboy. Plutôt sympathique dans ses intentions, Le Nuage reste cependant un album assez fragile parfois ne trouvant pas toujours le bon rythme entre l’histoire principale et les petites parenthèses enjouées (la visite chez les voisins inutile, les jours de classe qui semble passer bien vite…), et manquant parfois un peu le coche avec certains de ses meilleurs décors (la bibliothèque jamais vraiment explorée, le final un peu réduit). Les dessins aussi peuvent sur quelques cases se montrer un peu inégaux, mais l’artiste déploie un style cartoon plutôt plaisant et qui sied parfaitement à l’ambiance générale, jusque dans ces couleurs bien vives et tranchées. Impossible d’ailleurs de ne pas penser ici à certains albums de la série des Donjon de Sfar & Strondheim. Une référence d’autant plus assumée par Pérez qu’il nous fait croiser Herbert et Marvin le temps d’une planche dans une taverne bien mystérieuse.
Cela reste une première œuvre, pleine de maladresses, mais aussi d’entrain, de tendresse et de bonnes volontés à l’image de son héroïne.



