ULTIMATE EXORCIST KIYOSHI T.1

悪祓士のキヨシくん – Japon – 2024
Genre : Action, Fantastique
Dessinateur et scénariste : Shôichi Usui
Nombre de pages : 192
Éditeur : Kazé
Date de sortie : 8 juillet 2026
LE PITCH
Kiyoshi Harai est le plus puissant exorciste de l’histoire de l’exorcisme. Depuis la mort de ses parents, tués par un démon il n’a eu de cesse de s’entraîner. Plus question pour lui de perdre un être cher ou de laisser une personne connaitre la même tragédie. Aujourd’hui du haut de ses 16 ans, le voilà fin prêt à remplir sa première mission. Seulement il y a un hic ! Kiyoshi est un trouillard incapable de regarder un démon en face, double d’un grand timide avec ses semblables…
Délivrance préliminaire
Nouvel évènement éditorial chez Kazé avec l’arrivé de l’un des derniers grands cartons de Shonen Jump : Ultimate Exorcist Kiyoshi. Avec pour l’occasion la sortie des deux premiers tomes en simultané et même un collector avec fourreau cartonné, jaquette réversible exclusive, carte postale et un stand acrylique holographique qui claque. C’est bien beau tout ça, mais que vaut ce nouveau titre et ce nouveau mangaka ?
Si avant cette série, actuellement à son huitième recueil au Japon, Shôichi Usui n’avait publié que quelques histoires courtes, il a surtout fait sa réputation pour avoir été durant quelques années l’un des assistants principaux du grand Eiichirô Oda sur One Piece. Ce dernier ne s’est d’ailleurs pas privé de soutenir ouvertement son poulain et de parrainer le lancement de la publication. Il n’empêche que Usui est clairement allé à bonne école et cela se ressent immédiatement par l’efficacité évidente de sa narration, extrêmement énergique, presque sans temps mort, et un trait rigoureux, légèrement anguleux, mais toujours bien typé qui met en avant la dynamique et l’expressivité des personnages. L’univers est visuellement parfaitement campé en quelques planches, et impose aisément cette nouvelle approche du petit monde des démons, croisant mythes chrétiens, yokai typiquement japonais et une bonne dose des postures manga où ces monstres doivent inévitablement avoir l’air cool. Même si, comme il le reconnait lui-même, quelques détails doivent encore être fouillés dans la différenciation des visages, l’artiste affiche une étonnante maturité, une vraie maitrise de son trait et un grand sens des compositions stylées.
La conjuration de la gaucherie
De quoi donner une bonne impulsion à cet énième affrontement entre un héros surpuissant et de terribles forces du mal prêtes à se déverser sur le monde des vivants… Sauf que notre brave Kiyoshi, considéré comme l’exorciste le plus puissant de sa génération (et pour cause, il faut le voir balayer une menace d’un simple mouvement de main…) a de nombreux problèmes de timidité. La quatrième de couverture et les communications de l’éditeur le cible comme un trouillard, mais il a surtout cette difficulté de ne pas savoir comme se faire remarquer par les autres, comment cohabiter ou se faire accepter et à donc forcément un peu tendance à s’effondrer face à l’adversité, démoniaque ou sociale, provoquant de nombreux décalages avec le sérieux des situations. Même le cadre simplement manichéen du genre est immédiatement déboulonné dans le chapitre introductif donnant à voir une pauvre petite fille possédée par un vilain démon… qui s’avère un charmant père de famille obligé de faire le mal pour payer les études du fiston. Si certains personnages se prennent inévitablement au sérieux, lé héros ne cesse par ses maladresses et son grand cœur de renverser les quilles tout autour de lui et de déjà apporter un nouvel éclairage sur le dogme de cette organisation d’exorciste impitoyable. Dès ce premier recueil aussi l’entourage de Kiyoshi s’étoffe avec l’arrivé d’un mentor fantasque, d’une apprentie exorciste mignonne mais fragile et surtout d’un camarade de classe dont l’ami imaginaire est… un terrible empereur démon amnésique depuis 10 ans.
Les combats magiques et explosions de sorcelleries sont toujours efficaces, mais clairement c’est l’humour qui fait toujours mouche dans Ultimate Exorcist Kiyoshi, shonen décalé classique certes, mais indéniablement plaisant.




