LE GOÛT DU MÉTAL

France – 2026
Genre : Drame
Dessinateur et scénariste : Bruno Duhamel
Nombre de pages : 64
Éditeur : Grand Angle
Date de sortie : 1 avril 2026
LE PITCH
Dans la région, les trésors, ça ne court pas les rues. Mais les boulots non plus. Léo n’a ni l’un ni l’autre. Pourtant, ce n’est pas faute de chercher. Le problème, c’est la méthode. La pêche à l’aimant n’a jamais été la meilleure façon de trouver un emploi. En attendant, il vit chez sa sœur, et se contente du minimum, surtout quand il s’agit de faire la vaisselle. Mais quand cette dernière, à bout de nerfs, lui donne trois mois pour trouver du travail, Léo décide de passer aux choses sérieuses et d’investir dans un… détecteur de métal. Sans se douter qu’il s’aventure sur un terrain de chasse.
Trésors perdus
Auteur du Voyage d’Abel, #Nouveaucontact ou Whisky, Bruno Duhamel aime les petites gens et les destins tous simples, proches de nous et donc proches de lui. Avec Le Goût du métal il retrouve donc sa campagne bourguignonne pour une chasse au trésor à contre-courant.
Comme l’atteste les deux couvertures proposées en librairie, Le Goût du métal est avant tout la chronique de deux personnages tournants chacun à sa manière autour des nouvelles recherches de trésors en rase campagne. D’un coté on a Léo, brave garçon en train de passer à coté de sa vie, hébergé par une sœur qui commence à fatiguer alors que lui utilise ses maigres indemnités pour partir à la pèche à l’aimant ou investir dans un détecteur de métaux. Son rêve ? Trouver un trésor raté par tous les autres détectoristes, faire fortunes et être enfin reconnu pour quelques talents. De l’autre coté, Gabriel est un vieil archéologue désabusé, qui a bien du mal à restreindre sa colère face aux multiplies pilleurs de sites historiques protégés, alimentés par des chaines Youtube ou autres, aussi fallacieuses que profiteuses. L’un rêve encore, trop sans doute, alors que le second a abandonné tout espoir depuis le départ de son épouse. Leur rencontre ne sera que très brève, comme un aboutissement tragique qui bousculera définitivement leurs trajectoires.
Sous nos pieds
Duhamel est un scénariste particulièrement habile pour faire naitre avec finesse et économie des personnages extrêmement communs mais toujours vivants, touchants, et explorant leurs petits drames, leurs regrets et leur constante humanité. Il n’est pas ici question que des deux personnages principaux mais aussi de ceux qui gravitent autour (la sœur, le voisin bien intentionné, la collègue qui aimerait tant que Gabriel la remarque…) capturant une réalité sensible et bien plus complexe qu’il n’y parait. L’album en tant que tel ne raconte donc pas de grande aventure, ne comporte pas de scènes d’action ou de mélodrame, mais plutôt un instantané dans la vie de quelques personnes plus ou moins touchés par les dérives des réseaux sociaux et par cette soif de l’or assez irréaliste finalement. Cela n’empêche certainement pas la lecture d’être particulièrement prenante, voir même poétique lors d’un charmant flashback autour de premiers instants d’amour ou par la naïveté d’un Leo très fragile.
Une vraie écriture, un vrai regard, qui est plus appréciable encore lorsque Bruno Duhamel se charge en personne des illustrations. Il y pratique un certain réalisme dans la finesse des décors, les visions bucoliques de cette campagne reconnaissable, mais se montre surtout le grand héritier de l’école de la ligne claire, retrouvant cette évidence des formes et des contours économes mais tellement précis et juste dès qu’il faut jouer sur les expressions ou les atmosphères. Sa colorisation, vive, est toute aussi réussie et les planches rappellent bien souvent les meilleurs travaux du collègue Janry. On se prend alors à imaginer ce que pourrait donner quelqu’un comme Bruno Duhamel sur de nouveaux albums de Spirou et Fantasio…




