ME & ROBOCO T.1

僕とロボコ – Japon – 2020
Genre : Comédie, Science-Fiction
Dessinateur et Scénariste : Shuhei Miyazaki
Nombre de pages : 192
Éditeur : Mangetsu
Date de sortie : 1 avril 2026
LE PITCH
À une époque où la plupart des foyers possèdent des robots domestiques baptisés « ordermaids », Bondo Taira, un écolier ordinaire, rêve de profiter lui aussi de ces assistantes aussi efficaces que ravissantes. Mais lorsqu’une ordermaid pour le moins atypique arrive chez lui, le jeune garçon déchante vite : malgré sa puissance, Roboco se révèle être une spécialiste des bourdes et des malentendus en tout genre !
Pour vous servir !
C’est l’un des titres les plus populaires de l’écurie Jump, atteignant déjà les 24 tomes reliés, adaptés en série animée et même en long métrage. Me & Roboco n’est pourtant pas un manga d’action, mais bien une comédie. Un titre parfaitement déjanté cela-dit, bourré de références et de gags absurdes, qu’il n’a pas dû être simple à adapter en langue française.
Célèbre à travers le monde pour donner le ton et souvent proposer la prépublication des plus gros cartons d’action du moment, Weekly Shonen Jump (Juju Kaisen, Hunter X Hunter, One Piece, Sakamoto Days…) a aussi une très longue tradition de mangas humoristiques. Sous la forme de strip, de pages isolées ou de longues séries maniant bien souvent l’humour de répétition, ce type de publications ne sont que très rarement localisées par chez nous. Beaucoup se souviennent encore surement de la stupeur devant la première découverte du fameux Collège Fou Fou Fou (High Shool ! Kimengumi) maniant allègrement le détournement de la chronique lycéenne à grand renforts de parodies poussives, de personnages excités et gentiment abrutis et de gags emmenés jusqu’à la limite du surréalisme. Une longue tradition dont clairement Me & Roboco semble reprendre le flambeau avec sa gentille soubrette robotique, très loin de l’élégance, de la serviabilité et des charmes des derniers modèles, qui envahie littéralement la vie du jeune Bondo. Au départ atterré devant les gaffes et les catastrophes provoquées par cette créature plutôt massive et totalement à l’ouest, le héros fini par s’y attacher devant la bonne volonté de cette dernière… ainsi que ses habilitées d’arme ultime lui permettant de voler, mais aussi plus ou moins tout détruire avec ses poings, sa tête ou les rayons laser qui lui sortent des yeux.
Ça dé-ménage !
D’un postulat de comédie romantique fantastique, Me & Roboco vrille immédiatement vers le gros boxon et les situations improbables mais dont surtout la folie contamine (ou révèle) peu à peu celle de tous les personnages. Les copains de Bondo multiplient les moments de gènes en surjouant les encouragements passifs-agressifs, la mère se trimbale inlassablement un couteau à légume à la main et multiplie les allusions douteuses, la jolie Matsuo s’avère une passionnée de go qui se transforme en yakuza lorsque le démon du jeu s’empare d’elle, et même leur petit chat s’avère une gentil bébé lion propulsé chef de gangs des matous locaux. Toutes les blagues ne fonctionnent pas et on ne peut pas dire que l’écriture soit toujours un modèle de finesse, mais le lecteur peut rapidement se faire embarquer par l’esprit survolté du titre et la multiplication incessante de références et divers clin d’œil aux grandes séries de la maison Jump, jusque dans les genoux de Roboco qui rappellerons un célèbre sayian, mais aussi aux univers classiques de la science-fiction, aux tokusatsu, aux jeux vidéos et même aux récits horrifique lors d’une visite nocturnes mémorables dans un cimetière du coin… Tellement flippant que les personnages changent de design et abhorre des visages terrorisés échappés d’un Junji Ito ! Dans le même ordre d’idée la couverture de ce premier volume est un hommage évident à celle de Doreamon (comme institution ça se pose là) et entame une tradition de détournement de couvertures célèbres qui ravit à chaque fois les amateurs.
Avant le lancement de Me & Roboco, Shuhei Miyazaki avait publié quelques courtes histoires et surtout un « gag manga » de The Promised Neverland. Me & Roboco est sa première grande série, déjà incontournable au Japon, et travaille en apparence un style graphique plutôt simpliste, voir enfantin, avec pour ces premiers chapitres encore quelques instabilités dans les regards ou les expressions. Mais la rythmique des planches, les ruptures de tons, la démesure de certaines démonstrations et le jeu très marqué sur les variations de style et les empreints à quelques illustres modèles, rappellent que construire ce type de manga de manière efficace, ce n’est clairement pas donné à tout le monde.


