À FAIRE PEUR T.2 : LE TRAIN DE LA MORT

France – 2026
Genre : Fantastique
Dessinateurs : Paul Drouin, Arianna Farricella
Scénariste : Ingrid Chabbert, Lylian
Nombre de pages : 46
Éditeur : Éditions Soleil
Date de sortie : 19 mars 2026
LE PITCH
Quentin l’a promis à Julie, cette année ils feront Le Train de la mort, la plus flippante attraction de la fête foraine ! Embarqués à bord avec des inconnus et conduits par un être malfaisant, ils devront faire face à une série de défis mortels où chacun devra sauver sa peau, quitte à sacrifier celle des autres. Un tour de manège macabre qui finira forcément mal pour un des passagers…
One Ticket To Ride
Deuxième tome déjà pour cette nouvelle collection d’albums jeunesses imaginés par le duo d’auteurs de Les géants, qui cherche cette fois-ci à donner quelques frissons aux amateurs. Après un détour par le camping et son club ado, c’est au tour de la fête foraine d’être le théâtre de phénomènes effrayants…
Un peu à la manière de la célèbre série de roman Chair de poules, les albums de la collection A faire peur sont des récits indépendants les uns et des autres. Mais attention, ils se déroulent tous dans le même ville, Trouillensac, dont la carte recouvre l’intérieur des couvertures. Et si les héros sont à chaque fois différents, certains visages connus pourraient être croisé au coin de la rue. Autre spécificité, un trouillomètre à quatre niveaux sert de jauge pour mettre en garde les âmes sensibles (ici on est dans du niveau 2 selon les auteurs). Mais tout cela reste tout de même très léger, véritablement conçu comme une lecture jeunesse / pré-ado qui se ressent immédiatement dans les choix esthétiques plutôt naïfs. Illustrateur du premier album, Terreur au camping, Paul Drouin (Le Collège Apocalypse) garde la charge de la direction artistique et du storyboard, mais laisse la finition à la dessinatrice Arianna Farricella, ancienne encreuse et coloriste. Personnages plutôt mignons, contours tout en rondeurs, colorisation vive, expressivité de dessins animé même les vilains monstres croisés (mains de zombies, Mr Jovial à tête de citrouille…) semblent tous droit sortis d’un cartoon.
P’tite pétoche
Pas de quoi en faire des cauchemars, le but étant surtout de parler aux plus jeunes. Pourquoi pas, surtout que le premier tome avec son défilé d’ennuis apparus car nos héros voulaient dégotter une nouvelle batterie au supermarché de l’autre coté des bois, jouait plutôt bien sur les petits travers de nos gamins. Dans Le train de la mort, on est un peu plus dubitatif, le récit ne profitant jamais vraiment de son cadre évocateur de la fête foraine, ses multiples attractions inquiétantes, ses galeries des horreurs ou sa salle des miroirs déformants et autres coulisses d’arrières tentes, pour s’engouffrer immédiatement dans un train des horreurs qui embarquent quelques passagers dans un voyage assez improbable. Une série d’épreuves en l’occurrence, où on oublie très rapidement les rails, mettant en difficulté l’amour que se voue un jeune couple, la relation entre un petit garçon et son oncle, entre une grand-mère et son petit fils avec béquille et surtout un frère et une sœur, jeunes héros qui vont devoir faire face à leurs phobies dans un scénario façon La Quatrième dimension avec petite morale lourdement balancée en fin d’album. Chaque étape est ici l’occasion d’un mini-jeu surnaturel façon Kohlanta de l’épouvante mais sans véritable fil rouge ou logique apparente entre la montée d’une colline dans un temps imparti, un crash d’avion sans victime ou un petit vote un peu vachard sur la vieille mélodie du « qui sacrifier pour survivre ? » avant de rentrer au bercail et reprendre de la barbe-à-papa.
Difficile alors de se laisser emporter dans ses montagnes russes chaotiques et à la déco un peu criarde. On espère que le suivant L’Apiculteur et son croquemitaine trop collant (annoncé avec un trouillomètre à 4 !) fera beaucoup mieux.



