DREAMS

Etats-Unis, Mexique – 2025
Support : Bluray
Genre : Drame
Réalisateur : Michel Franco
Acteurs : Jessica Chastain, Isaac Hernandez, Rupert Friend, Marshall Bell, Mercedes Hernandez, Eligio Melendez…
Musique : Divers
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 101 minutes
Editeur : Metropolitan Film & Video
Date de sortie : 5 juin 2026
LE PITCH
Fernando, un jeune danseur de ballet originaire du Mexique, rêve de reconnaissance internationale et d’une vie meilleure aux États-Unis. Convaincu que sa maîtresse, Jennifer, une Américaine mondaine et philanthrope influente, l’aidera à réaliser ses ambitions, il quitte clandestinement son pays, échappant de justesse à la mort. Cependant, son arrivée vient bouleverser le monde soigneusement construit de Jennifer. Elle est prête à tout pour protéger leur avenir à tous deux, mais ne veut rien concéder de la vie qu’elle s’est construite.
Un homme et une femme
Après avoir proposé une vision adoucie des soubresauts du monde dans Memory, Michel Franco (Sundown, Nouvel ordre…) renoue avec sa misanthropie et une certaine cruauté fictionnelle pour Dreams, dont le titre, résonne rapidement comme une perfide ironie.
Dreams est une histoire d’amour, digne d’une romcom américaine jouée par des stars du moment en quête de bons sentiments et de jolies valeurs étalées. Fernando est un immigré clandestin mexicain, danseur de talent, qui traverse la frontière pour retrouver son amante, Jennifer, fille de milliardaire et philanthrope du monde des arts. Une véritable passion qui exulte dans les regards et les fusions sensuelles de leurs corps, dans des étreintes passionnées. C’est beau. Mais la mise en scène toujours à distance de Michel Franco, refusant systématiquement les gros plans émotionnels, l’abondance de traveling et de séquences longues distille rapidement une sorte de venin où les positionnements, physiques et verbaux, installent déjà un déséquilibre frappant. Leur histoire, qui résonne comme une anomalie, ne peut survivre au réel, constamment étirée, travaillée, tiraillée par des rapports de forces puissants et destructeurs. Le fait que Jessica Chastain soit une actrice professionnelle internationalement reconnue, presque une star, et que Isaac Hernandez, danseur de son état, apparaisse pour la première fois à l’écran avec un jeu plus instinctif, ajoute au dérèglement insidieux de la situation.
Nous nous sommes tant aimés
Entre Fernando et Jennifer se rejoue inévitablement une lutte des classes ancienne, mais aussi une confrontation entre le monde du nord et le sud, les Etats-Unis qui se perçoivent comme une terre pleine de promesses et les Mexicains prêts à braver tous les dangers dans l’espoir d’y trouver une nouvelle vie, un espoir. Le rêve américain se crash sur les certitudes, le monde de l’argent et sur un jeu de domination mortifère, présenté dans un premier temps comme un jeu érotique (qui va sucer ou lécher qui ? qui a le plus de désir pour l’autre ?), mais l’habitude de toute posséder pour la femme va forcément faire chuter ce fragile équilibre vers une relation plus malade, et manipulatrice. Dans une atmosphère constamment laiteuse, flottante, habitée de silences et de vide, Dreams se projette sur l’actualité et cristallise les tensions politiques et sociales du monde actuel, montrant comment la violence systémique des privilégiés pousse à la violence plus physique perpétrée par les classes défavorisées. Digne descendant du cinéma de Michael Haneke, Michel Franco ne fait pas de quartier et étudie le glissement avec une loupe presque scientifique jusqu’à la rupture finale et totale. Les masques tombent et chacun y montre sa nature profonde. Glaçant.
Un film en forme de démonstration formidable, qui effectivement travaille une mise en scène et une atmosphère plus intellectuelle que sensitive, tord le récit pour arriver à son but et produit une histoire aussi mal aimable que ses personnages. Intéressant mais pas forcément aux goûts de tout le monde…
Image
Capturé en 8K sur camera Red V-Raptor VV et achevé en 4K, Dreams s’installe plus que confortable sur support Bluray. L’image est lumineuse, précise, ferme et creusée, jouant parfaitement sur la froideur apparente de la photographie, les lignes très dessinées et les textures numériques qui gardent cependant une patine cinématographique appréciable. Les couleurs sont parfaitement contrastées, riches et puissantes et bien entendu la compression resserre le tout avec ferveur.
Son
Les pistes sonores sont proposées en DTS HD Master Audio 5.1. Le film se joue plutôt en intérieurs et espaces refermés et se sont le plus souvent les dialogues qui sont mis en avant. On note cependant une spatialisation bien présente et naturelle, jouant comme il faut sur les espaces vides (l’ouverture et les cris dans la nuit) ou sur la légèreté enveloppante des morceaux de danse accompagnés de musiques classiques.
Interactivité
Pas d’interview ou d’images des coulisses (ce qui a l’air d’être le cas pour toutes les éditions en préparation hors France), Metropolitan a tout de même eu à cœur de proposer pour cette édition simple un livret exclusif qui certes propose quelques images du film en habillage, mais aussi et surtout un très joli texte introductif et une longue interview du réalisateur qui y évoque son dispositif filmique, sa collaboration avec Jessica Chastain, sa direction d’acteur, les lieux de tournage et la volonté de se laisser emporter par les imprévus du plateau. Très intéressant.
Liste des bonus
Un livret (16 pages).






