ROARING FIRE

吼えろ鉄拳 – Japon – 1981
Support : Bluray
Genre : Action
Réalisateur : Noribumi Suzuki
Acteurs : Hiroyuki Sanada, Sonny Chiba, Etsuko Shihomi, Mikio Narita, Tatsuo Endô…
Musique : Kentaro Haneda
Durée : 94 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Japonais et Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Editeur : Roboto Films
Date de sortie : 10 décembre 2025
LE PITCH
À la mort de son père, Joji apprend qu’il a une sœur et un frère jumeau. En se rendant au Japon, il apprendra rapidement la mort de son frère ainsi qu’une machination qui le mettra lui et sa sœur en danger.
Bis Attitude
Sorti à l’époque de la VHS sous le titre Le Feu de la vengeance, Roaring Fire sent bon l’ère bénie des vidéoclubs. Celle où l’on déambulait devant des étagères à la recherche du film du soir. Une jaquette nous attire, un nom nous dit quelque chose, on tente le coup, on le prend, on le donne à manger au magnétoscope et, assis confortablement dans le canapé, on se love pour la surprise. Surprise. C’est justement le meilleur mot qui nous vient à l’esprit. La jaquette nous promet de l’action, des flammes et des combats titanesques. Tout un programme. Ce qu’elle ne nous dit pas, c’est que vous allez franchement vous marrer !
Le film est un melting-pot d’influences de tous bords, porté par deux acteurs japonais cultes. À ma droite, Sonny Chiba, véritable athlète martial connu chez nous grâce à la série des Street Fighter et à son rôle d’Hattori Hanzo dans les Kill Bill de Tarantino. Deux rôles clés parmi les plus de deux cents qu’il a interprétés avant d’être emporté par le Covid. À ma gauche, son protégé, le non moins incontournable Hiroyuki Sanada, acteur mythique de San Ku Kaï, série phare des Tokusatsu qui ont fait les belles heures de la télévision bien avant Bioman et compagnie. L’acteur est depuis devenu une star indispensable du cinéma américain dès qu’il faut un visage japonais. Les séries Lost, Shōgun, les films Mortal Kombat, John Wick… Le tout devant la caméra du scénariste des Lady Yakuza et metteur en scène du déviant Couvent de la bête sacrée. Tout ce petit monde se partage l’affiche dans l’une de leurs quatre collaborations communes.
Plaisir (très) coupable
Difficile de s’attendre au décalage offert par le film. Roaring Fire mélange action débridée et humour pris très au sérieux. Un cocktail des plus excitants face à ce n’importenawak filmique. L’intro s’ouvre sur une poursuite dans les ruelles de Hong Kong. Caméra à l’épaule, un homme se fait tuer à coups de dizaines de balles dans la peau, le tout au ralenti avec des impacts dignes d’un film de Sam Peckinpah. La suite est des plus surprenante. Sanada, habillé en cowboy, est vacher au fin fond des États-Unis, chapeau vissé sur le crâne. On se croirait dans le générique de Goldorak. Le personnage apprend la vérité sur ses origines par son père mourant. Une fois ce dernier trépassé, il tire le cercueil du paternel tel Django avant de l’enterrer. De retour au pays, il se retrouve dans une villa avec femme courant seins nus au ralenti avant de se battre dans une piscine en faisant des sauts de dauphin (câblé à la sauce Hong-Kong) contre un gros black prêt à le défoncer. Le film a commencé depuis quinze minutes et le reste a encore un gros lot de surprises à nous offrir.
C’est là que réside le plaisir. Le film assume son énergie, il est tourné avec le plus grand respect et les chorégraphies tiennent la route. Qu’importent le montage, le jeu approximatif des acteurs ou le scénario décousu. Il faut prendre Roaring Fire comme il vient, en enchaînant les situations les plus incongrues les unes après les autres. Les héros traînent dans le bar Casablanca où le barman est habillé comme Humphrey Bogart sur le poster juste derrière lui, tandis que les méchants japonais nazis (!!! Pourquoi ? On ne sait pas.) ont un tableau d’Hitler trônant dans leur bureau. Le film ne s’arrête jamais et il serait dommage de tout dévoiler, à l’instar de cette course à vélo entre pseudo-ninjas et échange de nonnes. Mais on en a déjà trop dit : le mieux est encore de le mater.
On ne peut décemment pas évoquer Roaring Fire comme un chef-d’œuvre, mais dans le genre, il se place sur le haut du panier. On se moque de la logique et des raccourcis scénaristiques. Le film est tellement bis qu’on en redemande. À voir au millième degré.
Image
Le master est tiré d’une copie 2K et le résultat est une bonne surprise. L’image est particulièrement précise dans les plans larges avec une belle définition. Pour les plans serrés, les contrastes sont moins définis sans être pour autant néfastes au film. Les couleurs sont également au rendez-vous, elles sont nettes sans en faire trop en matière d’étalonnage. Une copie inespérée pour ce genre de film.
Son
La bande sonore est à écouter en VO pour profiter de la meilleure dynamique possible. En 2.0, elle se montre assez spatiale pour convaincre malgré une musique en retrait. Si vous voulez pousser le vice à son paroxysme, la VF nous offre un doublage à l’ancienne où l’approximation ne s’embarrasse pas du mouvement des lèvres.
Interactivité
L’un des plus grands spécialistes francophones du cinéma asiatique est de la fête pour présenter le film. Julien Sévéon est indispensable pour nous éclairer sur la composition de l’équipe du film. Si l’on connaît les noms de la distribution et de certains membres du générique, le journaliste nous partage plus en profondeur leurs carrières et leurs influences.
Les aficionados du cinoche asiatique reconnaîtront Jonathan Asia et Paul Gaussem dans l’émission Raging Fire Club. Les gaillards se focalisent sur la JAC fondée par Sonny Chiba ainsi que sur les arts martiaux pratiqués par les acteurs du film. Une conversation entre deux potes heureux de parler de leur passion bien qu’intimidés par la caméra.
Liste des bonus
« Roaring fire » par Julien Sévéon (37’), La JAC par le Raging Fire Club (40’), Bandes-annonces Roboto.





