COPPELIA

Italie – 2026
Genre : Science-Fiction, Érotisme
Dessinateur et scénariste : Livio Labuz
Nombre de pages : 48
Éditeur : Tabou BD
Date de sortie : 18 juin 2026
LE PITCH
Dans un futur lointain, aux confins d’une colonie spatiale isolée, une créature artificielle s’éveille. Conçue par le scientifique Coppelius comme un robot expérimental de nouvelle génération, Coppelia n’était destinée qu’à une chose : obéir. Mais au moment de son activation, un phénomène imprévu survient : elle ressent. Elle perçoit. Elle désire. Face aux humains qui la considèrent comme un simple assemblage de circuits et de métal, Coppelia entame une quête instinctive : comprendre ce qu’elle est…
Complainte de la serveuse automate
Auteur plus que rare en France (son précédent album y date de 2011), l’italien Livio Labuz nous livre un nouveau conte pornographique avec cette relecture SF et très cul d’un classique du ballet.
Crée en 1870 par Arthur Saint-Léon sur un livret de Charles Nuitter, et inspiré d’un conte d’Hoffman, Coppélia est un grand classique de la musique classique et de la danse. Il conte la fascination amoureuse d’un jeune homme pour une jolie automate imaginée par l’artisan Coppélius et la manière dont la jeune fiancée Swanilda se substituera à la créature inanimée pour retrouver son amour perdu. Rejoué de nombreuses fois depuis et régulièrement réadapté, il fut transformé au gré de l’imagination des auteurs. Le ballet fut d’ailleurs déjà revisité sur scène en mode science-fiction en 2020 sous le titre Coppel-i.A. Le lien entre automate et robot est bien entendu des plus naturels (façon Metropolis) mais effectivement si une certaine dose de suavité à toujours été présente dans l’œuvre d’origine, aucune n’avait encore explorée la sexualité aussi frontalement que cet album édité par Tabou BD. Pornocrate affirmé, Livio Labuz reste dans la même veine que son premier La Formule, en jouant de quelques codes futuristes pour mieux scruter les pulsions parfaitement charnelles de ses personnages. La Coppelia de l’album est donc une androïde, mais aux formes particulièrement plantureuses, à la peau et aux organes génitaux tout à fait fonctionnels, et qui recherche depuis des lustres sont créateur, ainsi que les descendants des hommes pour se reproduire avec eux.
La fesse cachée du cosmos
Quelques mutants passeront par là et rempliront plutôt généreusement leur office, une alien hermaphrodite (et particulièrement bien membrée) sauvera notre héroïne de l’ennui et lui fera découvrir le vrai amour, mais pas vraiment de quoi satisfaire ses besoins de reproduction. A peine une quarantaine de page ne permet pas de créer une grande odyssée cosmique, mais l’auteur réussit entre les nombreuses scènes de sexe, à nous livrer un antagoniste sacrément pervers, à se livrer à quelques scènes d’action laser à la main et à évoquer la conscience de l’espace et le fantôme (obsédé) dans la machine. Une histoire à prendre essentiellement au second degré, pétrie d’influences rétros et très marqué par l’héritage de l’artiste Magnus (Nécron, Les 110 pilules…). Labuz en retrouve le trait épais et intensément charnel, les figures à la lisière de la caricature, la vision presque naïve du space opera (anciennes fusées, costumes de pulp…) et un travail du noir et blanc extrêmement tranché et épuré. Surtout, l’artiste cherche moins le mouvement et la dynamique que la mise en place de tableaux épurés et esthétisants, célébrant dès que possibles le corps parfait de l’héroïne, et ceux plus étranges de ses partenaires, et des parties de jambes en l’air acrobatiques, démonstratives, sans détour et sans tabou.
Il s’agit comme dans le ballet d’agencement des corps, mais les tutus ont disparu pour tout laisser voir au lecteur qui n’en perd pas une miette. Un bon petit trip sexe et SF, au second degré rafraichissant.



