HERO ORGANIZATION T.1&2

英雄機関 – Japon – 2024
Genre : Science-Fiction
Dessinateur : Akira Takahashi
Scénariste : Kei Seikawa
Nombre de pages : 208 x 2
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 3 juin 2026
LE PITCH
Confrontés à une multitude de problèmes menaçant leur survie sur Terre, les humains ont lancé une vaste campagne de colonisation spatiale lors de la deuxième moitié du XXIe siècle. Une centaine d’années plus tard, un nouveau péril se présente sous la forme de mystérieuses créatures appelées “star beasts”. Pour les combattre, les Terriens construisent de gigantesques armures robotiques : les AIGIS. Leurs pilotes, qui défendent les colonies spatiales au risque de leur vie, sont de véritables héros aux yeux du peuple. Ryu Tyler est ouvrier dans une usine de fabrication d’AIGIS. Il ne roule pas sur l’or mais vit heureux en compagnie de son fils Leo. Ceci est l’histoire d’un homme ordinaire qui devient un héros.
Le sens du sacrifice
Le vivier Shonen Jump+ ne semble pas prêt à se tarir. Toujours en provenance de la plateforme de prépublications de Shueisha voici donc Hero Organization un nouveau space opera peuplé de méchas qui claquent, d’aliens belliqueux et de jeunes héros en guise de sauveurs du monde. Oui, mais y a un twist… et même plusieurs.
Concocté par deux nouvelles signatures du monde du manga, Hero Organization s’amuse dès les premières pages avec les attentes du lecteur. On s’attend à voir le jeune Léo, petite star des combats de mécha en VR, s’installer immédiatement comme le protagoniste de la série. C’’est pourtant son père, mécanicien ouvrier parmi d’autres œuvrant sur des modèles de séries, qui va être le centre des premiers chapitres. Un brave papa qui va accepter sa sélection comme pilote essentiellement pour rendre fier sa progéniture, imaginant, comme le matraque la communication d’état, que les hommes sont largement victorieux dans l’espace et reviennent tel des héros. Le destin sera nettement plus cruel et surtout nous révèlera une partie des diverses manipulations et mensonges mis en place par la fameuse Hero Organization. C’est là que va entrer en scène le plus jeune Léo Tyler, désormais inscrit à l’académie de pilote, auréolé de la gloire de son père sacrifié, et qui entend bien suivre le même destin que lui et devenir un modèle pour tous. Naturellement, ce récit initiatique typique des récits de manga est désormais totalement teinté par la cruauté des chapitres précédents et intègre dans sa construction des éléments bien plus noires de vengeance et de complots dans le petit monde estudiantin. Kei Seikawa livre un scénario immédiatement prenant, qui sait constamment virer de bord et déjouer les pièges d’un univers qui, dans les grandes lignes, est un grand classique de la culture manga / anime japonaise.
Pilotes de père en fils
L’auteur ne peut par exemple cacher son admiration pour les multiples séries Gundam, mais avec là encore une prépondérance pour l’aspect plus politique et dramatique de l’incontournable de Sunrise, disposant des personnages, principaux et secondaires, certes attachant mais dont les motivations et l’alignement bien / mal est d’ores et déjà plutôt glissant, suspect et questionnable. Un ton sérieux qui une fois lancé sur le rythme de croisière (un peu avant la fin du premier tome) ajoute quelques bribes d’humour adolescent, de romances potentielles et de saines concurrences entre camarades de classe, pour trouver un ton plutôt intéressant entre le thriller relativement mature et le divertissement teen. Une bonne surprise concrétisée par la narration terriblement efficace de Akira Takahashi. Sa mise en exergue des émotions, autant que de la personnalité sensible des personnages, les postures stylés et le découpage toujours précis capables d’accélérations de rythme conséquentes, donne aussi à profiter d’un style parfaitement maitrisé, fouillé et précis. Les protagonistes sont tous parfaitement identifiés, les tenues et design de ce futur lointain fonctionnent très bien et surtout les mecha, sans réinventer la taule, n’ont pas à rougir face aux nombreux précurseurs. L’artiste avoue avoir été très inspiré par Evangelion et Eureka Seven et cela se sent, mais ces influences sont totalement intégrées à l’ensemble et les quelques séquences de combats spatiaux sont spectaculaires à souhait.
Un excellent départ par une nouvelle série à la Gundam mais qui sait déjà nous surprendre. C’est solidement écrit et dessiné avec talent : Hero Organization pourrait devenir un futur classique du genre. A suivre de très près.




