TROUBLES

Shattered – Etats-Unis – 1991
Support : Bluray
Genre : Thriller
Réalisateur : Wolfgang Petersen
Acteurs : Tom Berenger, Bob Hoskins, Greta Scacchi, Joanne Whalley, Corbin Bernsen…
Musique : Alan Silvestri
Image : 1.77 16/9
Son : Anglais DTS Master Audio 5.1, Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 98 minutes
Editeur : L’Atelier d’images
Date de sortie : 16 juin 2026
LE PITCH
À la suite d’un grave accident de voiture, Dan Merrick se réveille amnésique. Malgré le soutien de sa femme Judith, il fait face à de grandes difficultés pour recoller sa mémoire fragmentée. Quand petit à petit des flashbacks énigmatiques l’assaillent, Dan semble décontenancé par ces souvenirs troubles. Entre doutes et intuition, il comprend que certaines vérités cachées recèlent de sombres secrets et il va mener l’enquête sur une personnalité de plus en plus mystérieuse. La sienne…
La vérité aux deux visages
Autre témoin de l’élan de fascination du cinéma américain des années 90 pour le thriller néo-noir, Troubles rejoue la carte du trouble identitaire, de la femme infidèle (et donc sexy) et du complot nébuleux. Un casting plutôt solide, une trame alambiquée mais plutôt prenante et surtout une réalisation toujours solide signée Wolfgang Petersen font passer un bon moment.
Souvent présenté comme le premier film hollywoodien de Wolfgang Petersen et donc sa carte de visite pour vers un cinéma de plus en plus imposant (viendront Alerte!, Air Force One, En pleine tempête et Troie), Troubles est effectivement sa première production 100% US. Mais ce réalisateur allemand internationalement révélé par le mastodonte Das Boot, fascinant film de sous-marin à la rigueur jamais égalée, naviguait déjà la décennie précédente dans les eaux des coproductions internationales. Impossible en effet d’oublier le magnifique L’Histoire sans fin, en grande partie tourné dans les studios de Bavière, et il faudrait sans doute réhabiliter le très sympathique Enemy, film de SF avec Dennis Quaid. Mais il vrai que Troubles embrasse totalement cette fois-ci l’exercice purement américain du thriller sulfureux, venant d’ailleurs carrément citer à plus d’une occasion, par le choix du décor de San Francisco, de la visite de la grande forêt de cèdres, d’un mort qui hante le récit ou d’une femme double (la blonde et la brune) le modèle Vertigo. Un film qui se veut hitchcockien donc, et foncièrement manipulateur, montrant comment un homme victime d’un accident de voiture, défiguré (mais reconstruit) et partiellement amnésique, va peu à peu retracer le fil des évènements et redécouvrir la vérité sur lui et sa femme.
Miroir brisé
Si le scénario joue parfois sur des ficelles bien épaisses et repose sur un concept initial très improbable, il réussit à tenir assez bien en haleine grâce à son rythme resserré, ses petites révélations bien assénées et surtout un casting de tête relativement solide. Alors au pic de sa carrière depuis l’avènement de Platoon, Tom Beranger montre une belle conviction dans le rôle du mari baladé dans son passé et suspectant progressivement tout le monde de lui cacher quelque chose tandis que Greta Scacchi (The Player, Présumé innocent) incarne parfaitement l’épouse à l’amour trop intense pour être honnête, mais c’est ici surtout l’excellent Bob Hoskins (Qui veut la peau de Roger Rabbit ?) qui tire son épingle du jeu en privé / propriétaire d’une animalerie, dont les élucubrations et la vision particulière de l’humanité apporte un peu de distance à l’ensemble. Le film n’a pas vocation à chambouler le genre où à s’imposer comme un nouveau classique, mais simplement à livrer une copie solide et divertissante. Et Wolfgang Petersen sait toujours soigner ses métrage, délivrant quelques ambiances plus inquiétantes (la visite dans le cargo attaqué par la rouille aux lisières du gothique), musclant sobrement ses poursuites en voitures et se laissant même aller à quelques effets de styles plus graphiques pour accompagner les flashs traumatiques du héros. La scène d’amour centrale elle, avec les plans érotisants du corps féminin et les vagues en surimpression sur musiques langoureuse d’Alan Silvestri, est vraiment typique de l’époque.
A savoir après si en 2026 le spectateur peut être véritablement encore surpris par l’énorme twist du film ? Peut importe, l’affaire se suit sans déplaisir et malgré un retentissement très modeste à la sortie, permit au réalisateur d’enchainer avec le très bon et carré Dans la ligne de mire avec Clint Eastwood et John Malkovitch.
Image
Troubles arrive enfin en France en HD, mais la copie elle date d’il y a un peu plus de dix ans. Ce qui paraissait alors plutôt solide à l’époque le semble un peu moins aujourd’hui surtout que ce master n’est bien entendu pas repassé par un scan 4k ou 2K à la source. Quelques points blancs et restes de stries persistent discrètement, mais c’est surtout la définition, adoucie, lissée, qui impose ses limites, en particulier durant les scènes nocturnes ou envahies de brume. On note aussi des couleurs chair parfois légèrement rougeaudes. Du Bluray à l’ancienne donc, perfectible, mais qui reste tout de même assez agréable avec ses cadres plutôt propres et son piqué suffisant.
Son
La petite stéréo française est honorable avec son DTS HD Master Audio 2.0 sobre mais efficace. Quelques arrière-plans un peu écrasés mais l’ensemble s’écoute plutôt bien. La version originale en DTS HD Master Audio 5.1 se montre forcément un peu plus dynamique. Sans en faire trop, et en s’appuyant surtout sur les compositions de Silvestri, le mixage vient appuyer les quelques scènes plus musclées et les plus tendues pour doper un peu la nervosité.
Interactivité
L’édition US ne proposait que la featurette courte et ultra promo d’époque. Elle est aussi présente mais accompagnée d’interventions du journaliste Marc Godin qui dans un premier temps s’attache à retracer à la carrière de Wolfgang Petersen, à souligner son efficacité et sa capacité à prendre en main de grosses machines hollywoodienne. Il aborde Troubles comme un film pivot, celui qui lui a justement ouvert le marché américain. Dans un second temps, il revient sur la scène la plus drôle du film, porté par un grand numéro de Bob Hoskins. Un moment sympa mais le propos se contente surtout de décrire les valeurs de plans et l’action présente à l’image.
Liste des bonus
Présentation par Marc Godin de TechnikArt (17’), Analyse de séquence (5’), Making of (4’), Bande-annonce.







