KIDS

Etats-Unis – 2025
Genre : Horreur
Dessinateur : Dalibor Talajic
Scénariste : Garth Ennis
Nombre de pages : 43
Éditeur : Delcourt
Date de sortie : 9 avril 2026
LE PITCH
En une minute, le monde a basculé dans l’horreur ! Tous les enfants de moins d’un an ont disparu… remplacés par des créatures incompréhensibles pour leurs parents. Qu’est-il arrivé à ces enfants ? Qui sont ces adultes dérangés et hyperviolents qui ont pris leur place ? Un couple horrifié fait de son mieux pour résoudre cette énigme, mais avant de trouver les réponses, ils doivent survivre à une nuit cauchemardesque !
« la dictature de la couche-culotte »
Après Freddie l’arrangeur, Garth Ennis continue d’explorer le format réduit du label Ninth Circle d’Image Comics. Un album presque au format franco-belge donc, avec seulement quarante petites pages, pour explorer une apocalypse dont l’auteur de Crossed a le secret : cela semble bien peu.
Etrange création que ce label Ninth Gate, en particulier pour le marché américain, qui propose pour l’instant que des récits horrifiques, démonstratifs, dans un format album à l’européenne avec couverture solide et pagination réduite. Cela permet cela dit à Garth Ennis de s’amuser un peu avec d’anciens concepts puisque si Freddie L’Arrangeur ressemblait finalement plus ou moins à une variation autour de ses épisodes de Hellblazer, le Kids en présence ressemble plus d’une fois à la série ultra trash Crossed qu’il avait initié chez Avatar Press en 2008 dans sa vision d’une apocalypse absurde déchainant des pulsions iréfrénées. Mais il ne s’agit ici que celles des bébés, petits être tout fragiles, animés justement pour l’instant que de leurs instincts primordiaux (manger, dormir, évacuer et se sentir protéger) qui une nuit, sans qu’aucune explication ne soient donnée, grandissent d’un coup et se retrouvent dans des corps d’adultes. Panique partout, en particulier dans une petite famille américaine moyenne qui sert de protagonistes, surtout que ces géants tout nus braillant et cassant tout sur leur passage s’avèrent particulièrement dangereux. Un point de départ à la Quatrième dimension, mais avec des gens tout nus qui courent partout, explosent les cranes des frangins et arrachent les bras des parents dans un accès de colère, et où forcément les survivants ne savent jamais comment réagir.
« Laisses pas trainer ton fils… »
Ennis s’amuse clairement à rejouer les codes de l’invasion zombie (le chaos dans les rues, la visites de l’hôpital…) mais avec ce petit twist bien sadique qui change tout, et distille au passage quelques réflexion ironiques sur les risques de la parentalité, la société de l’enfant roi et bien entendu cette notion « qu’ils grandissent trop vite ». On se prend rapidement au jeu, mais malheureusement le concept n’a pas le temps d’aller plus loin, de véritablement développer les personnages ou explorer plus avant ce monde d’après puisqu’au bout des quarante petites pages le petit dernier, et tous les autres encore vivants, reviennent à leur taille d’origine. Une expérience scientifique qui a mal tournée, le passage d’une comète, une arme extraterrestre… comme dans le premier La Nuit des morts-vivants on n’en saura pas plus, mais la contenance politique ou même la petite critique sociétale manque de solidité et de consistance pour vraiment convaincre. Visuellement c’est aussi moins évident que les peintures de Mike Perkins pour Freddie L’Arrangeur. Le scénariste retrouve ici le dessinateur d’origine croate Dalibor Talajic avec qui il avait déjà signé quelques pages bien vénères de son Punisher Max. Ce dernier à un style plutôt européen une fois encore, abrasif certainement, presque volontairement grossier, qui fonctionne parfaitement pour ce type de trip et permet d’aller assez loin dans certaines descriptions ou allusions, mais on est pas dans une simple recherche du « beau », mais plutôt d’une réalité plutôt brutale.
Garth Ennis oblige les dialogues sont bien sentis, l’humour noir est omniprésent et le récit va plutôt loin pour un titre mainstream, mais il est évident que Kids aurait clairement gagné à être publié dans un format plus long, plus étoffé.




